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 L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!

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Andy Paname
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MessageSujet: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 28 Avr 2011, 07:43

Coucou, salut à toutes et à tous!...
Arrivé à 65 ans passé, je me demande si la mémoire est restée.
Et pour m'en apercevoir, j'entreprend d'écrire tout ce dont je me souviens depuis ma naissance.
Je fais ça, la nuit, quand je suis de service, car entre 2 rondes de surveillance, je suis tranquille.
Après un brouillon, puis un recopiage pendant lequel je m'aperçoit que je dois ajouter des choses que j'avais oublié, aujourd'hui je commence à taper mes écrits, avant que monsieur Aloïs ne vienne me rendre visite.
Dans ces écrits il y a; mes joies, mes peines, des périodes d'écoles à l'âge adulte, en passant par mes vacances, mes bêtises d'ado, mes petits boulots, des anecdotes tristes ou joyeuses sur ma famille, mes amis ou moi-même.
Enfin, c'est ma vie que je relate. Peut-être que cela ne vous intéressera pas, mais si vous le lisiez, (ce qui me ferait plaisir),et que vous ayez envie de faire un commentaire ou une critique, ( bonne ou mauvaise), je vous demanderez d'ouvrir un topic réservé à cela, afin que je puisse tout écrire à la suite sans que le récit ne soit coupé.
Merci d'avance pour votre attention et votre compréhension.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 28 Avr 2011, 07:48

PREMIÈRE PARTIE : Début de vie et petite enfance.

......Cela débute par une nuit de novembre de 1945, quelques mois après la fin de la guerre.
......Riri est né dans une chambre d'une clinique se trouvant tout en haut de la rue Lafayette à Paris. C'était la clinique du docteur Pescarolo, (l'oncle du célèbre coureur automobile), il est né dans une chambre du 3ème étage de cette clinique.
......Il se souvient très bien de l'endroit, derrière le porche d'entrée, donnant sur la rue, il y avait un grand hall avec, au bout à gauche, la loge de la concierge et à droite l'entrée de la clinique. Pas d'ascenseur, à l'époque, mais un grand escalier menant aux bureaux au 1er étage, puis aux salles de travail et aux chambres.
......Oui, je sais! Vous allez dire, "mais qu'est-ce qu'il raconte, le Riri ? Il y est né, il y est resté quelques heures ou quelques jours, et il se souvient de cet endroit comme si il y avait vécu des années!".
...... C'est vrai, si beaucoup de gens connaissent leurs lieux de naissance, très peu ont en mémoire autant de détails, surtout si c'est une clinique privée.
......Vous pensez que Riri se la joue "super-mémoire", pourtant ce qu'il raconte est vrai, ...mais il a un truc! Continuons la visite;
......Au bout du hall, juste après la loge, une cour sombre, et dans cette cour, l'entrée d'un immeuble d'habitations. Au 1er étage de cet immeuble, demeurait et travaillait, à un petit établi devant sa fenêtre, un maître-bottier. Celui-ci, tous les jours, façonnait à la main des chaussures et surtout des bottes, à partir du cuir brut qu'il achetait..
......Vous allez dire encore "ça y est, il continue, quelle mémoire pour un gosse qui n'est resté que quelques jours à cette adresse après y être né".
......Non, bien sur, Riri n'a pas cette mémoire aussi phénoménale, s'il s'en souvient, c'est simplement que le maître-bottier en question était son grand-père maternel qu'il a continué à aller voir à cette adresse, jusqu'à son décès, pendant une trentaine d'années après sa naissance. C'est la raison pour laquelle il se souvient très bien de cet endroit.
......Riri a beaucoup de trstesse en parlant de son grand-père car c'était un sacré bonhomme. Il se souvient qu'il aimait rester assis près de lui, à le regarder travailler, il adorait les odeurs particulières du cuir brut, de la colle et de la poix chaude.
......Les chaussures qu'il faisait, sur mesure, étaient pour des particuliers aisés, quant aux bottes il en faisait souvent pour les officiers du "Cadre Noir" de Saumur et aussi pour certains particuliers, ainsi il se souvient que son grand-père fabriquait les bottes d'équitation de Paul Meurisse, ente autres.
......Une petite anecdote à son sujet, qui a été racontée à Riri, par sa mère et confirmée par la suite par son grand père.
......Bien avant la naissance de Riri, son grand-père avait dans sa clientèle une actrice française connue, Riri ne se souvint plus du nom, mais c'était peut-être Yvonne Printemps ou Madeleine Robinson, cette actrice, donc, lui faisait faire ses chaussure, mais envers l'artisan, elle était hautaine, capricieuse et surtout mauvaise payeuse. Un jour, elle lui a demandé de lui faire des chaussures de ville, unique, comme personne ne pourrait en avoir, le cordonnier lui a répondu qu'il allait faire ça en lui demandant de revenir dans 1 mois. un mois plus tard elle est revenu et il lui a tendu, en lui affirmant qu'elle serait la seul à en porter, une magnifique paire d'escarpins avec des talons mi-hauts....................devant. Il a perdu la cliente mais a retrouvé la tranquillité.
......Les parents de Riri se sont marié en 1936. Au bout de 4 ou 5 ans, n'ayant toujours pas procréé, la mère de Riri a consulté un médecin qui lui a assuré qu'elle n'aurait jamais d'enfant. Puis la guerre est venue, le père de Riri a été fait prisonnier et ce n'est que 9 ans après leur mariage que sa mère a eut 4 gosses en 5 ans. (Beau rattrapage!.. elle aurait bien aimé revoir ce toubib.) Riri est né en novembre 1945 suivi de sa soeur Lucette en septembre 1947, puis sa soeur Catherine en décembre 1949 et enfin son frère Pierre en février 1951.
......Tout aurais été dans le meilleur des mondes, si les enfants avaient eu une santé florissante, mais, hélas, il a fallu qu'ils soient issus d'un père asthmatique et d'une mère eczémateuse, c'est dire s'il sont tombé dedans dés la naissance, Riri et ses 2 soeurs ayant de l'asthme et pierrot faisant de l’eczéma, si bien que les premières années de leur vie, leur maman les a passées de médecin en hôpitaux, elle ramenait l'un d'eux de l'hôpital pour aussitôt emmener l'autre chez le toubib et vice-versa.
......Le plus éprouvant pour leur mère a été à la fin de 1949. Elle était entrée à l'hôpital pour accoucher de Catherine, (à l'époque, l'hospitalisation n'était pas comme aujourd'hui que de quelques jours, mais pouvait durer 1 ou 2 semaines), pendant ce temps Lucette a fait une forte poussée d'asthme, elle était âgée de 16 mois environ. Leur père, ouvrier boulanger travaillant la nuit, les enfants étaient hébergés chez leurs grands-parents, (justement à l'adresse où Riri est né 4 ans auparavant). Malgré la venue du médecin, appelé par les grands-parents, Lucette est décédée d'une bronchite capillaire dans la nuit de Noël 1949, alors que Catherine venait de naître 4 jours avant. Leur mère se demandait, pourquoi, alors qu'elle venait d'accoucher, son mari et ses parents avaient un air sérieux quand ils venaient la voir à l'hôpital, jusqu'au 7 janvier 1950, jour où elle a appris la mort de sa fille. Les médecins avaient refusé de lui dire, pour ne pas que cela fasse un problème sur le lait, d'après ce que Riri a comprit par la suite.
......Plus tard, et pour les mêmes raisons, la famille a failli perdre Cetherine, celle-ci est restée longtemps sous une tente à oxygène et elle a eut 3 fois l’extrême onction.


Dernière édition par Paname le Lun 16 Mai 2011, 15:40, édité 1 fois
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Ven 29 Avr 2011, 09:50

......A cette époque la famille de Riri habitait dans le 10ème arrondissement de Paris, au 3ème étage d'un vieil immeuble dans une petite rue nommée la "Cité Riverain", coincée entre la rue du Château d'eau et les Grands Boulevards, (entre la Porte St-Denis et la Porte St-Martin). Ils n'étaient ni riches, ni pauvres et malgré les passages à l'hosto ou chez le toubib, les enfant y ont vécu une enfance heureuse.
......Il voyaient très peu leur père, celui-ci partait travailler vers minuit / 1heure du matin pour ne rentrer que vers midi, après déjeuner, il se couchait, se relevait pour dîner et enfin se recouchait jusqu'à minuit pour repartir travailler.
......Chez eux il n'y avait, bien sur, pas de télé, ils n'avaient qu'un gros poste de "TSF", (vous vous souvenez de ce poste énorme avec "l'oeil magique" vert et le cadre, avec une photo ou une image, qui servait d'antenne). A cette période, ce poste restait muet, (deuil oblige), jusqu'au jour où, étant près de la fenêtre, Riri a failli tomber, car, en entendant la musique de l'émission "Les beaux jeudis" venant d'une radio voisine, il a voulu l'écouter et il s'est penché un peu trop à la fenêtre, sa mère est arrivé juste à temps pour le retenir, et c'est de ce jour que ses parents ont décidé de rallumer le poste.
......"Les beaux jeudis"...Vous en souvenez vous, ceux de cette génération? Riri, lui, s'en souvient parfaitement. C'était une émission, diffusée les jeudis après-midi sur "Radio-Luxembourg", présentée par "La chicorée Leroux" et animée par "Jaboune" (Jean Nohain). Il se souvient qu'il y avait des jeux, des chanteurs et aussi les clowns "Bidibi et Banban", mais ce dont il se souvient le plus, c'est d'avoir participé à l'émission, il devait avoir 5 ou 6 ans.
......L'émission était enregistrée sur la scène de " l'ABC", (théâtre à l'époque, cinéma aujourd'hui), sur les Grands Boulevards,. Un jeudi, la maman de Riri, l'y a emmené, il y a vu ses clowns préférés, les "Frères Jacques" et aussi une chanteuse qui a chanté "Gondolier", peut-être Dalida, mais c'est pas sur!... A l'entrée du théâtre, on donnait un numéro à tous les enfants. Au cours du spectacle, quelques numéros étaient tiré au sort et les enfants possédant ces numéros montaient sur scène pour participer aux jeux avec Jean Nohain. Un enfant, se trouvant à coté de Riri et de sa mère, ayant été appelé n'a pas voulu y aller, sa mère a donné le numéro à la mère de Riri et c'est lui qui y est allé. Il se souvient avoir fait un jeu concernant les cris d'animaux où a un moment il a répondu "MIAOU" quand Jaboune lui demandait le cri du chien, (à sa décharge, souvenez vous du débit d'élocution de Jean nohain). Quelques temps après, Riri à reçu chez lui un colis contenant un paquet de chaque produit "Leroux", des crayons de couleur, des albums à colorier, le tout estampillé "Chicorée Leroux". Cela a été un des premiers moments heureux de sa vie de petit garçon, dont il se rappelle.

......La Cité Riverain, où ils habitaient, était une petite rue tranquille, où passait très peu de voiture, car semi-impasse, en effet car elle commencait par un tunnel sous lequel très peu de voitures pouvaient passer, presqu'une rue de province avec son bistrot, son épicier-crémier-confiseur "Mr Paul", son marchand de couleurs, (on dit droguiste, aujourd'hui), une fabrique de prises de courant, un atelier de menuiserie et un de textile.
......L'hiver chacun restait chez soi, mais dés que les beaux jours arrivaient, la rue était pleine d'enfants qui jouaient aux billes, à chat, à la marelle, etc..etc. Il arrivait que, quand il faisait chaud, le soir après le repas et qu'il faisait encore jour, beaucoup de gens des immeubles ainsi que les concierges, se retrouvaient dans la rue avec leurs pliants, tabourets ou chaises pour papoter en surveillant les enfants qui jouaient dans la rue.
......Riri a été heureux dans sa Cité Riverain, il y a connu tous les petits métiers, aujourd'hui disparus, il y a vu le vitrier avec ses carreaux sur le dos et son cri reconnaissable, les chanteurs des rues à qui il envoyait une pièce enveloppée dans un bout de journal, une ou deux fois par an, s'installait, devant la menuiserie, une cardeuse de matelas, dans la rue du Château d'eau, près du marchand de vin il y avait le raccommodeur de porcelaine ou le rempailleur de chaises, près du marché couvert, en fin de semaine il pouvait voir d'autres chanteurs et musiciens qui vendaient des petits livrets contenant la partition et les paroles des chansons que tout le monde reprenait avec eux.
......Mais le dimanche, l'été, il y avait quelque chose qui était attendu par tous les habitants de quartier et surtout par les enfants; En face du marché il y avait la caserne de pompiers, qui avait sa propre fanfare, et tous les dimanches, en fin de matinée, cette fanfare sortait et faisait le tour du quartier, en musique, suivie par tous les enfants et quand elle rentrait à la caserne, chacun rentrait chez soi pour déjeuner.
...... Entre la caserne de pompiers et la mairie, l'école maternelle où Riri a fait ses premières classes vers 4 ou 5 ans.
Il se souvient, qu'un jour, ayant fait une bêtise, à la sortie de l'école, son père, lui a fait traverser la rue et l'a conduit au commissariat de police qui se trouvait derrière la mairie du 10ème, où il connaissait un agent et a demandé qu'on enferme Riri dans la cage, endroit où il est resté, en pleurs 5 ou 10 minutes, Riri ne sais pas si c'était pour lui faire peur, mais en tout cas, ça a marché. (aujourd'hui, Riri trouve que ce genre de punition était d'une profonde débilité).

......Cette époque, pour Riri, est la fin de la petite enfance, en effet, il entre à la grande école. D'abord, rue des Vinaigriers et de cette période, il ne se souvient que de 2 choses; d'une part, de l'institutrice, madame Debarle, gentille mais sévère et d'autre part, étant relativement bavard et constamment debout, il se retrouvait souvent puni, et régulièrement la punition était effectuée à la cantine, debout, face au mur au pain sec et à l'eau. Ce genre de punition n'ayant pas plu aux parents de Riri, ils l'ont retiré de cette école pour l'inscrire rue du Terrage, près de la gare de l'Est, dans une école privée, dont les enseignants étaient laïcs bien que l'école soit dirigée par les bons pères. A partir de cette école , Riri n'a plus, souvent, été puni. Cela va paraître bizarre, mais il a vraiment aimé aller à l'école et jusqu'a la fin, il a toujours été régilier dans son classement, à savoir, à peu de choses près, que le 1er mois il était classé 2ème ou 3ème et il redescendait de mois en mois jusqu'à être, en fin d'année, avant-dernier ou au mieux antépénultième, il n'a jamais été 1er et jamais dernier, et cela, régulièrement, du CP au certificat d'études. Cet état de faits n'était pas dû à l'ignorance, mais à la paresse, en effet, si Riri aimait aller à l'école, il n'a jamais aimé y travailler.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Sam 30 Avr 2011, 07:53

DEUXIÈME PARTIE : Les vacances avec les parents.

......La famille de Riri n'était ni riche ni pauvre, les parents n'avaient, pour élever leurs enfants, que le salaire du père et les allocations familiales. Souvent, dans les périodes pendant lesquelles les enfants étaient malades, la mère de Riri attendait dans la rue le "payeur des allocs" pour aller faire des courses mais les enfants n'ont jamais manqué de quoi que ce soit. Ils allaient en vacances dans la Nièvre, le père, originaire de cette région y possédait une petite maison de famille. L'endroit se nommait, (et se nomme encore), Villefargeau. Ce n'était pas un village, mais un hameau, 2 fermes et quelques maisons. La maison voisine de celle de la famille de Riri, était à une des tantes du père que tout le monde appelait "la Rate", Riri n'en connut la raison que bien des années plus tard; en fait, son nom de famille était Rat, mais personne ne sait quel était son prénom. Chez elle, il n'y avait ni eau, ni électricité, elle se levait avec le jour et se couchait avec la nuit, (comme les poules). L'eau courante n’existait pas non plus dans les autres maisons, il y avait, dans la cour devant chez eux, un puits où tout le monde venait tirer de l'eau, à part les fermes qui avaient chacune leur propre puits.
......Quelques maisons étaient vides à l'année, à part certaines qui étaient louées ou achetées par des parisiens qui venaient pour les vacances ou une fois à la retraite. Riri se souvient de 2 de ces personnes; monsieur Paul, menuisier de son état et Prosper, retraité.
......Une des fermes était à des cousins proches du père de Riri, l'autre étant aussi à des cousins mais plus éloignés, ceux-ci avaient un fils, René, mais qui était surnommé "Néné", (par contre, Riri ne sait pas si on le nommait ainsi parce qu'il s'appelait René ou si c'est parce qu'il nasillait).
......Pendant les vacances, Néné et Riri étaient toujours ensemble et c'est même grâce à Néné que Riri a eut la 1ère grande peur de sa vie, en effet, les parents de René leur avaient demandé d'aller ouvrir le poulailler et comme à cet âge tout est prétexte pour faire la course, les 2 gamins sont parti en courant pour voir qui ouvrirait le poulailler en premier, Riri a gagné la course, mais dans son enthousiasme il s'est trompé de porte et à la place de poules , ce sont 2 énormes truies qui sont sorties en vitesse de leur enclos, voyant cela, Riri aurait pu gagner une autre course, car il a couru vers la ferme beaucoup plus vite qu'au départ.
......Quand Riri ne laissait pas sortir des monstres de leurs antres, il jouait avec Néné dans les "hanses" près du "crau". (là, une traduction s'impose; "Hanses" est le nom régional désignant un pré, de même que le "Crau" est celui donné à un étang naturel) . S'ils ne faisaient pas de courses, de cache-cache, de construction de cabanes dans les hanses, Riri et Néné allaient au crau pour une pêche aux têtards .
......L'étang, chez Riri, était appelé "le petit crau" et, un peu, hors du hameau se trouvait le "grand crau", qui était un très grand étang sur un terrain arboré, où l'été, le dimanche, les gens du hameau ou des hameaux voisins allaient souvent pique-niquer, jouer aux cartes ou aux dominos ou encore attraper les grenouilles qui y pullulaient. Riri allait aussi, très souvent avec son ami, cueillir des mûres qu'ils rapportaient par seaux à la mère de Riri qui en faisait d'excellentes confitures.
......Pour en revenir à un de ces dimanches au grand crau, Riri et ses parents y sont allé avec monsieur Paul, le menuisier en vacances. Quelques temps et pendant quelques jours, Mr. Paul restait enfermé dans son atelier, d'où se faisaient entendre des bruits de scie et de marteau. Le jour en question, Mr. Paul à sorti de son atelier une petite barque et a emmené toute la famille au grand crau pour la mettre à l'eau. Riri et Néné sot parti sur la barque avec Mr. Paul et ses rames....Heureusement qu'ils n'ont pas été trop loin du bord, ils ont pu revenir à terre à temps, car la baque prenait l'eau. Cela a été la première et dernière expérience de marin pour Riri.
......Villefargeau était donc un petit hameau sans église, sans mairie, sans école, le village le plus proche, Saint-Martin, était à environ 2 ou 3 km qui étaient fait à pieds car il n'y avait pas de car ou de bus à l'époque. Lorsque, par malheur, il y avait un décès à Villefargeau, le cimetière se trouvant à Saint-Martin, le cercueil quittait le hameau dans un corbillard tiré par un cheval, suivi par le cortège, à pieds, pour les 2 ou 3 km, et dans le hameau, au passage du corbillard, tout le monde rentrait chez lui et le regardait passer à travers les rideaux, apparemment, à l'époque, il y avait comme une superstition.
......La famille de Riri allait à Villefargeau, non seulement, pour les vacances d'été mais aussi pour celles d'hiver. Riri se souvient que c'est là-bas, qu'une nuit, le Père Noël lui a apporté son premier (et dernier) mécano. C'est là aussi, mais en été, qu'il a eu son premier vélo, ( avec les 2 petites roues derrière).
......Riri se souvient avoir été à Villefargeau, avec ses parents, 2 ou 3 années de suite et qu'ils ont cessé d'y aller quand Riri a eut 5 ou 6 ans.


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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Sam 30 Avr 2011, 12:57

TROISIÈME PARTIE : Les vacances en famille, sans les parents.

......Probablement que les parents de Riri étaient plus gênés financièrement, il ne sait pas, toujours est-il qu'il n'est plus allé en vacances avec eux. Mais, il partait quand même, ses parents l'envoyaient en vacances chez son oncle Pierre et sa tante Roberte, qui était la soeur de son père, c'était toujours dans la Nièvre, dans un hameau qui s'appelait Mocques, à une trentaine de kilomètres de Villefargeau.
......A 6 ans, Riri prenait le train tout seul, sa mère l'emmenait le matin à la gare de Lyon, avec une petite valise contenant ses affaires et un sac dans lequel il y avait en général; un sandwuch au jambon, deux oeufs durs, un fruit et une gourde de limonade. Elle trouvait un compartiment dans lequel il y avait des gens qui allaient à Cosne- sur-Loire, et elle l'installait en demandant aux gens de bien vouloir faire attention à Riri et surtout de lui dire quand ils arrivaient et de le faire descendre. A la gare de Cosne, il était attendu par Mr. Millet, un ami de son père qui était cafetier-taxi, et il l'emmenait chez son oncle, au "château".
......( Ça y est, vous allez dire; " comment ça, au château ? Il n'est pas pauvre, il n'est pas riche, mais il va en vacances chez son once dans un château....Là il en fait un peu trop!!.." )
......C'est vrai, Riri va au château, mais son oncle n'est pas châtelain, bien sur, d'ailleurs, il ne sait pas si il aurait aimé. Non, la vérité est tout autre, en fait, son oncle était un paysan, (Riri prononce ce mot de "paysan" avec fierté), il était fermier et même le plus gros fermier de la région, cela n'est pas de la vantardise, mais à l'époque quand les autres fermiers avaient 8 ou 10 vaches à l'étable, ( ce qui était déjà beau), chez son oncle il y en avait une trentaine plus le taureau à qui les autres fermiers amenaient leurs vaches à faire saillir. L'oncle de Riri possédait la seul batteuse de la région, (les moissonneuses- batteuses n'existaient pas encore par chez eux), elle fonctionnait grâce à une grosse courroie qui était entraînée par un tracteur qui ne servait qu'à ça. De plus il avait des vignes, faisait un peu de vin pour la ferme, mais surtout, il était "vinaigrier". Puis pour couronner le tout, (mais ce n'est pas ce qui plaisait le plus à Riri), il était chasseur et président de chasse.

......Pour en revenir au fait d'habiter un "château", c'est en partie vrai. En fait, la ferme, par elle-même, était une dépendance du château qui la jouxtait, et si celui-ci faisait de l'effet quand on passait devant, à l’intérieur c'était une vraie ruine avec les plafonds et les planchers écroulés et il était interdit d'y entrer car c'était dangereux. Mais on appelait quand même l'endroit; "le Château".

......Riri a passé là, les plus belles vacances de son enfance, ce sont des périodes de sa vie qu'il n'oubliera jamais. Pendant ces vacances, à la ferme outre l'oncle et la tante de Riri, il y avait ses 2 cousins, Bernard et Daniel qui avaient environ 18 et 19 ans, il y avait Hugo dit "Gogo", qui était le grand-oncle de Riri car il était le frère de la "Rate" de Villefargeau, il y avait 2 jeunes filles qui aidaient à la ferme et qui venaient de l'orphelinat de Cosne, (Riri croit se souvenir, qu'en général, elles restaient jusqu'à leurs majorités.), il y avait, aussi, Bébert, le vacher, (Riri n'a jamais su si il se nommait; Gilbert, Robert ou Albert) et , enfin, il y avait "Riri".
......Le dimanche, à table, il y avait souvent le "curé rouge", (ce surnom lui venant aussi bien de ses opinions politiques pures et dures, que de la couleur "cardinalesque" de son visage, due, sinon à un abus de vin de messe, au moins aux petits verres de cassis, vin ou gnôle qu'il ne manquait pas d'accepter chez chacune de ses ouailles).
Le curé venait à leur table après la messe, en revanche, Riri est incapable de dire si cette famille était catholique ou même croyante, car il n'a pas le souvenir d'avoir été une seule fois à la messe avec eux, ni d'avoir vu quelqu'un y aller.

......A l'encontre de l'idée que l'on pouvait se faire du fermier de l'époque, à savoir; un paysan madré, dur à la tâche, rusé ou sévère, l'oncle de Riri, lui, s'il était dur à la tâche, était bon, doux, généreux et toujours jovial, il adorait Riri et lui a apprit beaucoup de choses. Avec lui le petit parigot a apprit à s'occuper de la basse-cour, à traire les vaches, à faucher les grandes tiges de topinambours pour les mangeoires des vaches, son oncle ne manquait de le réveiller, à n'importe quelle heure de la nuit, lorsqu'une vache vêlait, alors, Riri allait aider à tirer le veau et son oncle s'arrangeait pour lui faire croire que c'était grâce à lui que le veau était né. Riri lui donnait un nom et devenait ainsi son parrain, (par contre il ne se souvient pas combien il a de filleuls.). Avec son oncle, Riri a aussi été recueillir le miel et la cire des abeilles dans les ruches, il tournait la manivelle de la centrifugeuse et regardais le miel blond qui en coulait avants d'être aussitôt mis en pots. Il a apprit à mener les chevaux, (en effet, il a bien été dit que le tracteur ne servait qu'à faire tourner la batteuse.). Pour les travaux des champs comme pour la moisson, pour tirer les charrettes ou la charrue, il y avait 2 chevaux, (énormes pour Riri.) Marquis et Berry. A son âge, Riri savait les mener ainsi que conduire la moissonneuse mécanique au moment des moissons, mais il préférait mener Marquis car Berry était plus rétif et au retour des champs, il revenait, monté sur Marquis, petit comme il était il avait trouvé le truc pour pouvoir monter tout seul, sans aide, sur le dos du cheval; il le faisait descendre dans les fossés des bords de route, qui étaient assez profonds pour que le dos de l'animal soit à sa hauteur et, ainsi, il pouvait l'enfourcher. C'est ainsi, qu'à l'époque, Riri devait être le seul petit parisien qui, lorsqu'on lui demandait ce qu'il voulait faire plus tard, répondait "charretier"..

......En dehors de cela, son oncle faisait faire à Riri, ses devoirs de vacances et il lui faisait faire beaucoup de dictées. Il lui a ,aussi, appris à 7 ans à jouer à la belote, avec un jeu de cartes qu'il avait collectionnées, une par une, pendant une année, dans des paquets de biscottes et Riri se souvient que l'as de pique était un as de coeur transformé et noirci à l'encre, car c'est la seule carte qui n'a jamais été trouvé.

......Quand ils ne courraient pas les filles, Bernard et Daniel, les cousins de Riri, lui ont appris à pêcher. Tout d'abord, si les lignes, bouchons, plombs et hameçons étaient des vrais, la canne était une branche de noisetier, jusqu'au jour où un vieux monsieur, voisin et ami,lui a offert une vraie canne à pêche. Ce monsieur était appelé "Monsieur Pététin", cela n'était pas, bien sur, son vrai nom, c'était un parisien qui avait pris, à Mocques, sa retraite d'employé des P.T.T., (d'où son surnom.). Riri allait pêcher dans une rivière qui passait près de la ferme, cette rivière s'appelait "le Nohain",
(c'est cette rivière, qui se jette dans la Nièvre, puis dans la Loire, qui à donné son nom à Jean Nohain, (originaire de la région.), celui-ci se nommant en réalité, Jean Dauphin.), mais il ne pêchais que des vairons, et quand il rentrait, il donnait l'eau aux poules et les poissons aux chats. En revanche, un peu plus en amont, ses cousins posaient des nasses et il n'était pas rare que nous mangions du brochet ou une matelote d'anguille.

......En plus des animaux de la ferme, il y avait 3 chiens, d'abord le chien vacher qui, quand il n'était pas aux champs , restait en liberté dans la ferme jusqu'au soir quand on fermait l'étable où il y dormait, ensuite, dans l'écurie, il y avait les 2 chiens de chasse de mon oncle qui y restaient toute la journée, à la chaîne, jusqu'à la nuit, lorsque tous les animaux étaient rentrés, à ce moment là, ils étaient détachés et étaient libres, ils servaient en même temps de chiens de garde.


Dernière édition par Paname le Lun 16 Mai 2011, 15:38, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mar 03 Mai 2011, 08:08

......Outre ses activités ludiques à la ferme, Riri avait des petits copains avec qui il passait une bonne partie de ses journées à jouer, c'étaient les enfants des fermes ou maisons des alentours ou des enfants de gens de Paris ou autre qui avaient une maison de vacances. Mais pendant ces vacances il y a eut 2 périodes que Riri a énormément apprécié, celles-ci étaient; la période du "battage" et l'ouverture de la chasse.
......Concernant le battage, l'oncle de Riri possédant la seule batteuse de la région, c'est donc chez lui, à la ferme, qu'après la moisson, tous les autres fermiers apportaient leurs gerbes de blé pour le battre. Tandis que les hommes travaillaient à la batteuse, qui envoyant les gerbes, qui coupant les liens, d'autres, encore, récupérant les grains de blé dans les sacs et les montant sur le dos, par l'échelle, au grenier, les femmes avec la tante de Riri s'affairaient à préparer les repas. Croyez-vous que Riri regardait tout cela d'un oeil curieux ? Que nenni! Il avit un rôle à jouer, il allait d'homme en homme, au sol ou sur la batteuse, pour distribuer, à qui le souhaitait, de l'eau, du cidre ou encore du café. A midi, le tracteur s'arrêtait et klaksonnait l'heure du repas. Il devait y avoir de 30 à 40 personnes à table et les repas ordinaires se transformaient, pendant quelques jours, en festins. Riri adorait ces moments là, ainsi que la fête quand arrivaient les dernières charrettes de gerbes de blé pour le battage, ces charrettes étant ornées de bouquets bleu, blanc, rouge de bleuets, marguerites et coquelicots.

......Puis Riri avait aimé, aussi le repas, avec presque autant de convives, qui avait lieu le jour de l'ouverture de la chasse, bien que sa joie ait été gâchée par l'étalage, dans la cour, du gibier tué le matin. A ce sujet, une petite anecdote culinaire; la région était particulièrement giboyeuse et surtout des faisans. La façon dont ils étaient préparé a toujours étonné Riri, son oncle accrochait les faisans morts, par les pattes, dans l'écurie où ils restaient pendus jusqu'à ce que le "faisandage" les fasses tomber tout seul, les pattes restant accrochées et ce n'est qu'à ce moment là que la tante de Riri les prenait pour les préparer. Riri aime toujours le gibier "faisandé".
......Tout ayant une fin, la chasse annonçait, hélas, la fin des vacances et la rentrée des classes. Donc: le taxi Millet, le train et retour à Paris.
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Passlou
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 05 Mai 2011, 15:19

Surtout cher Andy, ne t'arrête pas, c'est très intéressant et comme Bernadette, cela fait remonter plein de souvenirs

Je suis impatiente de lire la suite
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Dim 15 Mai 2011, 14:27

Bonjour Passlou.
J'avais commencé à vous faire partager mes humbles écrits, fin avril, à la demande de Fredy.
J'est donc posté les 3 premières parties de mes souvenirs, mais voyant, au bout d'un moment, qu'il n'y avait aucune réaction j'ai plus ou moins laissé tomber, et de ce fait je n'ai pas vu ton post du 5 mai, pardonne moi,.
Donc, à TA demande générale, je continue, voici la 4ème partie.
______________________________________________________________________________________



QUATRIÈME PARTIE : A Paris entre 2 périodes de vacances.

......Pendant que Riri était à la campagne, ses parents avaient déménagé. Il n'en connait pas la véritable raison, mais il est fort probable que la vie, avec un seul salaire, était devenu plus difficile pour eux.
......La maman de Riri a prit une loge de concierge, en face du Bois de Vincennes; entre la Porte Dorée et la Porte de Charenton, au 37 boulevard Poniatowski dans le 12ème arrondissement. Riri ne sait plus combien d'appartement il y avait, mais il se souvient que cet immeuble, faisant partie de la SAGI, société immobilière qui a construit tout autour de la "petite ceinture", (boulevard extérieur allant de porte en porte) des immeubles de briques rouges, possédait 3 grandes cours ayant le nom de squares auxquels était donné le nom d'une région de France, ainsi, chez Riri, il y avait; le square de la Vendée, le square du Massif central et le square du Sancerrois. Dans les 1ère et 2ème cours il y avait 2 entrées d'immeuble et une entrée dans la 3ème. A l'entrée, à gauche, la loge de concierge composée d'une petite pièce avec une kitchenette, cette pièce servait aussi bien de loge que de salle à manger, et derrière celle-ci une petite chambre où dormaient les parents de Riri. Les enfants dormaient dans une toute petite chambre, face à la loge, donnant sur la 1ère cour où Riri se souvient avoir eu du mal à dormir, car de l'autre coté de cette cour, passait une voie ferrée où le jour, et surtout la nuit, passaient des trains de marchandises, de 25 ou 30 wagons, dans un bruit d'enfer.

......Tous les jours, ou plutôt toutes les nuits, la mère de Riri se levait, vers 4 ou 5 heures du matin, pour sortir les poubelles de l'immeuble, (entre 10 et 15), c'était ces anciennes grosses poubelles en métal qu'il y avait à l'époque dans les rues de Paris et dont les couvercles réveillaient tout le quartier, lorsque les éboueurs (on disait "boueux" à l'époque), les jetaient à terre pour vider les poubelles..
......Petite anecdote; Un matin, la mère de Riri se lève comme d'habitude pour sortir les poubelles, dehors il pleuvait à seaux, et elle voit un clochard fouillant les boites, cherchant probablement quelques choses à manger, il était trempé et grelottait de froid, la mère de Riri, voyant qu'il était jeun, après lui avoi donné un imperméable de son mari, lui a offert un café, des tartines et lui a proposé une billet si il l'aidait à sortir les poubelles, ce qu'il a fait. Au moment où il allait repartir, elle lui a redonné un autre billet en lui demandant si il voulait revenir le lendemain pour l'aider, il a promis et est parti, laissant la concierge persuadée de ne jamais le revoir. Le lendemain matin, ce fut une durprise pour la mère de Riri, lorsqu'elle a constaté, en arrivant dans la cour, qu'il n'y avait plus une seule boite à ordures à sortir, le type avait tenu sa promesse, était revenu et avait sorti, seul, les poubelles et il est venu à sa propre iniliative le faire tous les jours. Il se nommait Robert Dobrovolny et devait avoir environ 25 ans.
......Dans la cour, derrière la loge, il y avait un local servant de débarras. Comme c'était l'hiver, les parents de Riri, ont installé un sommier et un matelas de récupération pour que Robert puisse dormir au chaud. Les dimensions du local n'était pas celles du sommier, celui-ci était bien coincé mais la tête du lit était entre 50 et 60 centimètres plus haut que le pied. Dans le local, il y avait la lumière et une petite imposte donnant du jour et de l'air, et comme il se trouvait au dessus du fournil de la boulangerie voisine, il ne faisait pas froid à l'intérieur.
......Robert sortait les poubelles le matin et les parents de Riri le nourrissait et lui donnait un peu d'argent, et la journée il partait à la recherche d'un travail. Il est donc resté quelques temps, jusqu'à ce qu'il trouve un emploi rémunéré chez les "Compagnons d'Emmaüs, où il faisait le gardiennage et où, (mais ça, Riri n'a jamais très bien compris pourquoi!), il cassait à la masse les cuisinières et les poêles en fonte récupérés par les compagnons. puis grâce aux compagnons, il a trouvé de quoi se loger et il est parti, mais il venait souvent revoir la famille qui l'avait aidé.

......Riri allait à l'école rue de Charenton, (scolarité normale, en début d'année toujours dans les 5 premiers, mais jamais premier et en fin d'année toujours dans les 5 derniers, mais jamais dernier.). Les jeudis et dimanches Riri les passait à la "Camilliènne", salle de patronage où il était en tant que "Coeur Vaillant", ils faisaient des sorties au bois de Vincennes, ils jouaient ou regardaient des films entre les heures de prière. Le jeudi matin, il allait au catéchisme. c'était une vie normale pour un gosse normal sans plus de souvenir de cette époque.

......C'est à cette période que les parents de Riri ont appris par une lettre, de la Nièvre, que l'oncle Pierre venait d'acheter une voiture, (c'était la première voiture à mettre ses roues dans toute la famille de Riri.). C'était une C4 Citroën d'occasion et l'oncle disait qu'aux prochaines vacances, Riri n'aurait pas affaire au "Taxi Millet", car ce serait lui qui serait à la gare de Cosne avec sa voiture. De ce jour, Riri n'a jamais attendu les vacances avec autant d'impatience.

......En dehors de l'école, du patronnage et du catéchisme, certains dimanches, la maman de Riri emmenait les enfants se promener au bois ou au zoo de Vincennes. Riri a particulièrement en mémoire, l'hiver 1954 qui a été si rigoureux. Le lac du bois de Vincennes était tellement gelé que beaucoup de parisiens faisaient du patin à glace ou s'amusaient à glisser sans patin, sans aucun risque que la glace ne se casse. Riri, ses frère et soeur et leur mère allaient sur le lac avec une vieille chaise dont ils se servaient comme d'une luge, (et, ils n'étaient pas les seuls à faire de même,), cela suffisait pour que les enfants s'amusent et rentrent fatigués. ainsi les jours s’égrenaient lentement; (trop lentement, au goût de Riri.).

......Décembre arrive avec Noël. Chez Riri, Noël est une fête qu'ils font entre eux, au contraire du jour de l'an qui réunissait toute la famille pour le repas, ainsi avec Riri, ses frère et soeur et ses parents, autour de la table il y avait, les grands-parents, les oncles, les tantes, les cousins et quelques fois 1 ou 2 invités, ami ou voisin seul.

......Arrêtons le récit un court instant pour faire un "flash-back" sur le repas du jour de l'an de 1951, Riri venait d'avoir 5 ans; A la fin du repas, comme tout le monde commençait à partir, Riri est tombé sans connaissance, impossible pour sa mère de le réveiller ou de le ranimer, son père est vite parti à la police et est revenu avec un agent et un médecin qui, après avoir ausculter Riri et lui avoir fait une piqûre, a répondu à sa mère qui lui demandait ce que son fils avait et si c’était grave, "ne vous inquiétez pas, il va dormir et demain ça ira mieux, il est simplement "ivre-mort""
En fait, pendant que tout le monde s'en allait, Riri avait fait le tour de la table et vidé tous les fonds de verres des adultes, que ce soit du vin ou du rhum. Le 1er janvier 1951fut le jour de la 1ère cuite de Riri. (serait-il possible que si aujourd'hui encore, Riri n'aime pas le rhum, cela vienne de cette aventure ??).

......Fin de l'aparté.Reprenons le cours normal du récit.!
......Donc, la vie continue jusqu'à la fin des classes et, enfin, les grandes vacances et le départ de Riri pour le "château".
......A la gare de Lyon, même rituel; Les gens du compartiment pour surveiller, la petite valise,et le sac de toile avec le sandwich, les oeufs durs, le fruit et la limonade. La seule différence était en gare de Cosne eur Loire, ce n'était pas Mr Millet et son taxi qui attendaient Riri, mais bien son oncle Pierre avec sa C4, imaginez la joie et la fierté de Riri de monter dans cette voiture.
......L'oncle ne conduisait guère la voiture que pour Riri, car pour lui, le travail continuait à la ferme, aussi pour faire plaisir à son neveu, de temps à autres, il l'emmenait avec lui qua,d il allait voir sa mère, la grand-tante de Riri, qui demeurait à 100 ou 200 mètres et où Riri allait tous les jours, à pieds, en 5 ou 10 minutes pour lui porter son pain et ses journaux. La voiture à donc surtout servi à aller chercher Riri au début des vacances et à le ramener à la gare de Cosne à la fin. Ce jour de départ, Riri était loin de penser que ce serait la dernière fois qu'il montait dedans, (mais nous y reviendrons!)

......Comme cela a déjà été dit, Riri portait le pain et les journaux à sa grand-tante. En effet, à Mocques, il n'y avait pas de commerçant, les bouchers, charcutiers, fromagers ou boulangers passaient 1 ou 2 fois par semaine, en camionnettes, dans les villages ou les hameaux. Bien sur, Riri ne se souvient pas quels étaient les jours de passage de ces commerçants, mais il se rappelle que le boulanger venait au moins tous les jeudis. C'était le boulanger qui livrait; le pain, bien sur, quelques viennoiseries ou autres gâteau qui lui avait été commandés et en plus il apportait quelques objets ou outils que les gens du village avaient commandé à Cosne, et il venait, aussi, avec les magazines hebdomadaires, (les quotidiens étant livrés par le facteur.). Tous les jeudis, Riri courrait sur la route, dés qu'il entendait le klaxon du boulanger, car il apportait des magazines féminins pour sa tante, "Rustica" pour son oncle, pour sa grand-tante le "Pèlerin" et, surtout, pour lui; le "Journal de Mickey". A chaque passage du boulanger à la ferme, la tante achetait plusieurs gros pain de 4 livres.
A l'époque, le pain n'était pas vendu comme dans les boulangeries aujourd'hui, en effet, il était vendu au poids, si bien, qu'en plus des pains de 4 livres il y avait la "pesée", (morceau de pain qui arrondissait le poids), de plus le pain était payé "à la baguette", c'est à dire que le boulanger et le client avaient en leurs possession chacun la même baguette de bois et, à chaque achat, le commerçant disposait les2 baguettes l'une à coté de l'autre, et faisait des crans dessus, à l'aide d'un couteau, ainsi, au moment de payer, (généralement en fin de mois), le nombre de crans sur les baguettes était comparé et le client payait ce qu'il devait. Le bout de pain de la "pesée", servait à Riri quand il allait chez sa grand-tante lui porter son pain et son Pèlerin, car elle avait un chien dont Riri avait très peur, en effet, dés qu'il arrivait vers la maison, le chien venait vers lui, courant et aboyant, tout crocs dehors, et Riri avait peur d'être mordu alors qu'en fait le chien n'en avait qu'après lepain, donc quand il le voyait arriver, Riri lui donnait ce qu'il restait de la pesée et était tranquille.

......Dans les campagnes, à l'époque, il n'y avait pas de WC dans les habitations, ceux-ci se trouvaient dans une cabane en bois au fond de la cour ou du jardin, il n'y avait pas non plus de papier hygiénique, le papier journal faisait l'affaire. (Bon ! direz vous, d'accord ! mais est-ce un détail si important, pour qu'il en parle ici ?) Non, bien sur ! Cela n'est pas important mais c'est pour faire comprendre ce qui suit.

......A 7 ou 8 ans, Riri croyait encore que les fleurs poussaient uniquement dans les champs, même celles vendues dans les boutiques de fleuriste à Paris.
......Un jour, alors que Riri allait à la "cabane", il avait prit un magazine, c'était un catalogue de fleurs, et c'est après l'avoir feuilleté qu'il a comprit qu'il y avait des gens dont la profession était de faire pousser des fleurs. Et c'est ce jour là qu'il a décidé de faire ce métier. (Et, il l'a fait, mais on y reviendra plus tard.)

......Outre cet aparté, les vacances se sont déroulé comme les autre, douces et heureuses, et, hélas, comme d'habitude, elle se sont terminées et il y a eut le retour en voiture, jusqu'à Cosne, le train puis Paris.


Dernière édition par Paname le Lun 16 Mai 2011, 10:22, édité 1 fois
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Christbriz
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Dim 15 Mai 2011, 19:08

quelle patience , quelle memoire, paname, !!
super et tu ecris uniquement par rapport a ta memoire, ou bien tu tenais un journal pour se rappeler ?? et les dates
je ne peux pas lire
tout mais c est interessant ... j attends des coups de théatre !!
le coeur vaillant cela me rappelle quelquechose , j avais oublié, mon frère etait aux coeurs vaillants aussi, finalement cela nous rappelle aussi a nous ... MERci ;
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bernadette
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Dim 15 Mai 2011, 19:14

c'est formidable..on lit comme cela...tout simplement la vie a Riri, pas si différente de la vie en lorraine ...comme quoi...nous étions heureux...
il y a un post ouvert avec nos impressions afin de ne pas ici déranger le fil de l'histoire...
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Lun 16 Mai 2011, 10:20

CINQUIÈME PARTIE : Nouvelle adresse à Paris.

......Retour à Paris. Le père de Riri l'attend à la gare de Lyon avec un cousin éloigné, celui- ci avait un triporteur à moteur et c'est dans la caisse de ce véhicule que Riri a traversé Paris pour rentrer chez lui.
......Ses parents avaient encore déménagé, sa mère avait pris une loge de concierge dans le 8ème arrondissement. Nouvelle année, nouveau logement, nouvelle école, nouveaux copains.

......Riri garde un excellent souvenir de cette période dans le 8ème arrondissement de Paris. Sa mère tenait une loge de concierge rue de la Néva, petite rue se trouvant perpendiculairement entre la rue du Faubourg Saint Honoré et le boulevard de Courcelles et parallèle à la rue Daru où se trouve l'église russe. Il allait à l'école rue Paul Baudry à 2 pas des Champs-Elysées, il y allait à pieds et mettait 15 ou 20 minutes pour y aller ou en revenir, ne prenant le bus que quand il pleuvait ou qu'il était en retard. Quelques fois, le soir, il mettait un peu plus de temps pour rentrer, car sur la route il lui arrivait de s'arrêter pour admirer et rêver un moment devant la vitrine de "L'ourson bleu", un grand magasin de jouets près de la place Saint Philippe du Roule, et cela surtout à l'époque de Noël.
......L'été, si Riri avait sur lui une pièce de 50 anciens-anciens francs, (cette grosse pièce jaune avec le coq.), la samedi, il passait devant la fenêtre de la loge, il y jetait son cartable et filait tout droit à l'Arc de Triomphe où, pour ce prix, il montait à pieds au 1er étage, à mi-hauteur, pour voir l'exposition permanente des reproductions des armées Napoléoniennes, (au moment où il écrit, Riri est toujours un fan de l'Empire), puis si il avait encore un peu de temps, il montait tout en haut de l'Arc pour admirer les 12 avenues qui partent en étoile à partir du monument, d'où l'ancien nom de "Place de l'étoile", devenue"Place du Général de Gaulle". Si, par bonheur, il avait un peu plus de "50 frs" et avec l'autorisation de sa mère, il prenais le métro et allait passer quelques temps au "jardin d'acclimatation", grand parc attractif dans le bois de Boulogne où il y avait, outre une partie zoologique, un théâtre de guignol, un terrain avec, toboggans, balançoires, tapes-culs et autre agrès de sport, puis il y avait des baraques foraines avec des jeux d'adresse à "10frs" la partie, des manèges, un circuit circulaire de voitures à moteur à essence à 10frs les 2 ou 3 tours, il y avait la "rivière enchantée", c'était une rivière artificielle en circuit fermé et dont le courant était activé par une roue à aubes, et sur laquelle il y avait des barques qui faisait, doucement, le circuit entre les arbres et les fleurs, enfin, il y avait un circuit de voitures à pédales, avec panneaux de signalisation, feux tricolores et passages piétons, où les enfantsqu'ils étaient apprenaient le code de la route, sous la houlette d'un véritable agent de police, envoyé par la Préfecture de police de Paris, qui donnait aux enfants, ayant réussi le parcours, un brevet de bon conducteur ayant la forme d'un permis de conduire et sur lequel ils pouvaient coller leur photo. Puis, à l'heure prévue, Riri rentrait avec quelques gadgets gagnés dans les baraques, cerf-volants en papier crépon, yoyo, sifflets en plastique ou des confiseries.

......Le dimanche, Riri allait à la messe, puis après le repas , sa mère lui donnait de l'argent et il emmenait sa soeur et son frère au cinéma quand il y avait un film comique, sinon il y allait seul. Il se souvient particulièrement qu'un jour, inquiète de ne pas le voir rentrer vers 19 heures, sa mère est allé le chercher au cinéma où il était entré pour la 1ère séance de 12h30, et quand elle est arrivé avec l'ouvreuse, il commençait à regarder pour la 4ème fois le film "Quo Vadis", ce film lui plaisait tellement qu'il n'arrivait pas à partir. Riri était rarement puni, mais là, inutile de préciser qu'il n'a pas eu droit à la séance de cinéma hebdomadaire le dimanche suivant, mais bon! Riri pense qu'il l'avait bien mérité..

......Tous les lundis, Riri et ses petits camarades du quartier attendaient le camion rouge de livraison "Coca-cola". Oh non! Ce n'était pas pour boire cette boisson, mais parceque le chauffeur leur donnait des entrées gratuites pour le "Théâtre de l'Etoile" avanue de Wagram, où tous les jeudis , de 13h à 16h, il y avait du spectacle sur scène, musiciens, chanteurs, magiciens, clowns, etc... Le spectacle était présenté par Alain Saint-Ogan (le créateur de la bande déssinée "Zig et Puce et Alfred"). Ils passaient des jeudis après-midi formidables, ils applaudissaient les pitreries
des clowns ou les chanteurs, ils essayaient de répondre aux jeux de questions, (à l'époque, cela ne s'appelait pas encore "QUIZZ"), Riri se souvient d'y avoir vu Francis Lemarque, Mick Michele, Yvette Giraud, mais son meilleur souvenir de ces jeudis est le jour où il est monté sur scène avec le grand Sydney Bechett. Celui-ci était accompagné, en plus de son orchestre, de quelques enfants noirs avec les choeurs, voyant qu'il y avaient, dans la salle, quelques enfants noirs, Sydney Bechett leur a demandé de venir sur scène avec lui, l'un de ces enfants était le copain de Riri et il a refusé d'y aller si Riri n'allait pas avec lui, et c'est ainsi, qu'un jour, Riri a été le seul enfant blanc parmi les choeurs du grand clarinettiste de jazz. Après le spectacle, à 16h, Riri et ses copains restaient dans le foyer du théâtre où ils attendaient, car à 16h30 et jusqu'à 18h30, il y avait un autre spectacle, mais payant. C'était avec les mêmes artistes, sauf les clowns et plus élaboré, car, pour une clientèle majoritairement adulte. Donc ils attendaient et si il restait des places ils avaient le droit de voir le spectacle. En sortant du théâtre, il fallait à Riri environ 1/4 d'heure pour rentrer, ce qui lui laissait le temps de réviser ses leçons, dîner et aller se coucher, Riri adorait les jeudis après-midi.

......La loge de concierge était très petite, seulement une salle avec une alcôve pour le lit des parents de Riri, et une toute petite cuisine où il était compliqué à tenir à 2 de front. Pour les enfants, il y avait une chambre au 6ème. La concierge avait à sa disposition 3 chambres de bonnes au 6 ème étage de l'immeuble, et si l'une d'elles était réservée aux enfants, les parents de Riri sous-louaient les 2 autres, cela mettait bu "beurre dans les épinards".

......Après la rentrée, aux environs de Noël, il y avait à la "Salle Pleyel", une grande distribution de jouets gratuits pour les enfants de Paris, organisée par la "Ville de paris". Salle Pleyel il y avait plusieurs étages et chacun d'eux était réservé aux jouets pour âges différents. Le jour de cette distribution, il y avait, dés l'entrée du bâtiment, une file, de parents et d'enfants, qui faisait plusieurs centaines de mètres. Riri se souvient que, partant de l'entrée, la file d'attente prenait une partie du faubourg Saint Honoré puis tournait dans la rue Daru, retournait encore sur quelques mètres boulevard de Courcelles pour retourner une dernière fois dans la rue de la Néva, en suivant cette file il fallait des heures pour arriver à son tour à l'étage correspondant à son âge et bénéficier d'un jouet ou d'un jeu qu'il fallait choisir parmi des centaines posés sur des tréteaux. Mais c'était sans connaître les enfants du quartier, en effet, Riri et ses amis connaissaient si bien la salle Pleyel, qu'il leur était facile de pénétrer plusieurs fois à des étages différents, prendre quelques choses qu'ils allaient déposer dans la loge en courant avant de retourner, aussi vite, rechercher d'autres trésors. Le plus compliqué n'étant pas d'entrer en resquillant, mais de ne pas se faire reconnaître par les distributeurs.

......Toujours à l'époque de Noël, un goûter était organisé par l'association "Américan Légion", dont le siège se trouvait avenue des Champs Elysées. (c'est ce comité américain qui a offert à paris la réplique de la statue de la Liberté, qui se trouve Pont de Grenelle dans le 15ème arrondissement de Paris.) C'était un goûter animé avec film et clowns puis distribution de jouets et de confiseries. Ce goûter était organisé, par les américains, pour quelques bons élèves de chaque école du quartier et cette année là, ainsi que l'année suivante, Riri y a été invité. Imaginez sa fierté et celle de ses parents.
......Puis Noël est arrivé, la famille de Riri l'a fêté en petit comité, dans la mini-loge avec un mini-sapin et des mini-jouets, suivi du jour de l'an qui, cette fois, s'est déroulé chez les grands-parents car c'était plus grand avec, comme d'habitude, toute la famille.

......Enfin l'été arrive, et c'est l'année de la 1ère communion de Riri.
......Riri a fais sa communion à l'église "Saint Philippe du Roule", cet immense édifice était plein de communiantes en merveilleuses robes blanches pleines de dentelles et de communiants en costumes et brassards. Il devait y avoir près d'une centaine de communiants et parmi eux, tant pour les filles que pour les garçons, il n'y en avait qu'une dizaine qui portait l'aube, il est fort probable que cette année là fut la dernière où les communiants portaient le costume. Grâce à cette communion, Riri venait de mettre, pour la 1ère fois, un pantalon long.

......Bien sur, même ce jour là, il a fallu que Riri se fasse remarquer; Où qu'il aille Riri n'a jamais été en retard, (c'est un principe qu'il a toujours aujourd'hui.), il est donc arrivé dans les premiers dans l'église, il y avait très très peu de monde, quelques communiants avec leurs parents et les officiants. Pour la cérémonie, Riri était placé au premier rang de chaises devant l'autel, et à la première chaise près de l'allée. Les communiants devaient s'asseoir pour attendre le début de la cérémonie, Riri, faisant un faux mouvement a fait basculer sa chaise en arrière, celle-ci, en tombant sur la chaise suivante l'a fait tomber sur l'autre et ainsi de suite en générant un effet de "dominos" sur la trentaine de chaises qui se trouvait derrière, vous pouvez imaginez lz bruit que cela a pu faire dans le silence de cette grande église!...

......La cérémonie terminée, toute la famille s'est retrouvé à la loge pour le repas de communion. La table était faite avec des tréteaux et des planches et pour s'asseoir, des planches avaient été posé sur quelques chaises pour former des bancs, donc, il est inutile de dire qu'une fois installé à table, il n'y avait plus beaucoup de place et qu'il valait mieux éviter de bouger. Ceci n'a pas empêché le repas d'être gai.
......Riri ne se rappelle plus ce qu'il a reçu, par sa famille, comme cadeaux de communion, mais ce dont il se souvient, c'est que quelques locataires de l'immeuble, (qui avaient du se mettre d'accord,) lui ont offert des livres de la "Bibliothèque Verte", il a, aussi, eu un très vieux missel en latin, recouvert de cuir tout craquelé, qui devait daté du XVIII ème ou du XIX ème siècle et devait avoir, ou aurait aujourd'hui, une très grande valeur. Il lui avait été offert par Maître Bozin, un très vieux monsieur qui avait été "Grand Bâtonnier de Paris". Il a eu, enfin, une magnifique montre chronomètre que lui ont offert Madame et Monsieur Poirier, ce monsieur, retraité lui aussi a été un des ingénieurs des 4 plus grands ponts de France avant celui de Tancarville. Madame et monsieur Poirier avaient 3 neveux et nièces qui faisaient leur communion en même temps que lui et tous les 4 ont eu la même montre.

......Que ce soit dans le 10ème, 12ème ou 8ème arrondissement, la vie scolaire de Riri a été la même partout, elle s'est passé à étudier ni mieux, ni plus mal en attendant les prochaines vacances.
......A part, peut-être cette petite anecdote qui a laissé un grand regret à Riri ainsi qu'une rancune pour son père. Un jour en sortant de l'école de la rue Paul Baudry, (en criant et courant, comme tous les enfantsà la sortie des classes,) Riri à failli se faire renverser par une "traction Citroën", la voiture s'est garé, et en est sorti;...Fernandel, désolé, qui a emmené Riri boire une limonade dans un café voisin, comme, à l'époque, il cherchait des enfants pour un film, il a ramené Riri chez lui, à la loge et a demandé à sa mère si elle serait d'accord, la maman de Riri a répondu qu'elle n'était pas contre mais qu'il fallait qu'elle en parle à son mari, Fernandel a donc laissé ses coordonnées en disant qu'il attendait une réponse. Le soir, le père de Riri s'est mit en colère, disant que c'était hors de question, qu'il n'y aurait jamais de saltimbanque dans la famille.

......Un jour, un peu avant les vacances, les parents de Riri ont reçu une lettre de la Nièvre, à leurs têtes, Riri a bien vu que quelque chose n'allait pas, en effet, Oncle Pierre avait eut un accident, mais pas de voiture, non, pour aller cueillir du tilleul, il était monté sur une charrette de foin et, perdant l'équilibre il est tombé et s'est cassé les 2 talons et les jambes, et la colonne vertébrale étant atteinte il était paralysé.
Mais la tante de Riri disait aussi que ce malheur ne contrariait en rien ses prochaines vacances au "château". La fin des classes étant arrivée, Riri a reprit le train pour la Nièvre, mais cette fois, arrivé à Cosnes, c’était de nouveau, Mr Millet et son taxi qui l'attendaient à la gare.

......A la ferme, son oncle l'attendait en voiture, hélas, ce n'était plus la C4, c'était un fauteuil roulant qui avançait à l'aide d'un volant que l'on balançait d'avant en arrière. Malgré sa paralysie, oncle Pierre était toujours de bonne humeur et souriant. Derrière le fauteuil, il y avait un porte-bagages sur lequel Riri s'asseyait pour aller chez sa grand-tante.
......A part, l'oncle Pierre dans son fauteuil, les vacances se sont aussi bien passé que d'habitude, pour Riri.
Un jour il eut l'idée d'aller fouiller dans le grenier, et parmi les vieux objets hétéroclites qu'il pouvait y avoir, il a trouvé un tas de journaux qu'il a redescendu pour voir ce que c'était. Il devait y en avoir près d'une centaine, c'était des journaux pour enfants qui s'appelaient; "Fripounet et Marisette", après les avoir mit par ordre de numéros il s'est aperçu, que ceux-ci commençaient au numéro 1 et qu'il ne manquaient que 4 ou 5 numéros pour avoir la collection entière, pendant des jours, Riri a lu tout ces journaux et a passé de bons moments. Les vacances de Riri se sont passées aussi bien et aussi haureuses que les autres années. Mais il ne pouvait pas penser qu'elles étaient les dernières qu'il passait au château.
......En effet, au cours de l'année scolaire qui a suivi, un courrier de la tante de Riri leur a apprit que l'oncle Pierre était décédé des suites de son accident, il avait 50 ans. Riri venait de perdre l'homme qu'il a la plus aimé.
......Jamais plus, Riri n'est retourné au château, jamais plus il n'a passé d'années scolaires en attendant les vacances, avec impatience, comme il l'avait fait durant ces années heureuses.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Lun 16 Mai 2011, 15:37

SIXIÈME PARTIE : Autres vacances.

......Bien sur, Riri est reparti en vacances, bien sur, il s'y est fait des copains, bien sur, il s'y est amusé, mais cela n'étaient plus les mêmes vacances, le coeur y était moins.

......Les parents de Riri l'ont envoyé dans un petit village se nommant Villebéon, dans les environs de Fontainebleau, chez madame et monsieur Capton. C'est son père qui l'a accompagné, riri se souvient qu'il fallait prendre un car de la compagnie des "Cars verts", à la Bastille et en attendant le départ du car, ils sont allé au cinéma voir un western; "La prisonnière du désert". Puis ils sont parti.
....C'était une petite ferme avec 4 ou 5 vaches, des poules et des lapins vivant en liberté et un cheval, (rien à voir avec ce que Riri avait connu chez son oncle.) Madame et monsieur Capton étaient très gentils, ils avaient eux-même des enfants, et pour les vacances, ils accueillaient 6 ou 7 petits parisiens, en tout il devait y avoir une dizaine d'enfants, d'ailleurs au cours des vacances, le frère et la soeur de Riri l'ont rejoint. Madame et monsieur Capton avaient engagé une jeune fille, "Mireille", qui s'occupait des enfants et les surveillait. riri se souvient avoir , quand même, passé des bonnes vacances. Une fois par semaine, il y avait cinéma au village et les enfants y allaient, quand le film était bien pour eux. Les dimanches, entre la traite des vaches du matin et celle du soir et quand le temps le permettait, Mme et mr Capton, Mireille et tous les enfants montaient dans une charrette où il y avait des bancs de chaque coté et qui était bâchée à la manière des chariots des pionniers de western, et ils partaient en forêt pour pique-niquer, ramasser des girolles et s'amuser, c'est tout ce dont Riri se souvient de ces vacances, sinon qu'elles étaient bonnes.

......L'année d'après, ses parents l'ont envoyé en colonie de vacances, à Courbouzon, au bord de la Loire, dans un château, (décidément, il n'en sort pas.), mais de cet endroit Riri n'en garde pas un bon souvenir. Il se souvient qu'au petit déjeuner, ils avaient un bol de café au lait et une tranche de pain sec, sauf le dimanche où on leur donnait un bol de chocolat et une tartine beurrée. Après le petit déjeuner, les enfants débarrassaient leurs tables pour se mettre aux "pluches" et ils épluchaient les légumes pour les repas de la journée, ensuite ils allaient faire leurs toilettes, leurs lits et s'habillaient avec leurs propres vêtements, sauf le dimanche où ils devaient enfiler une tenue uniforme, schort bleu et pull marron avec l'écusson de la colonie à gauche sur la poitrine.
......Les après-midi étaient faite de longues promenades, à pieds, rythmées à coups de "1 kilomètre à pieds, ça use" ou de "dans la troupe, y'a pas d'jambe de bois", ce qui permettait aux enfants d'être fatigués le soir et donc de bien dormir.
......Le dimanche, par contre, la promenade commençait le mati après le petit déjeuner, les pluches, la toilette, le lit et l'habillage, cette promenade les emmenait sur une petite plage de sable au bord de la Loire, (où ils n'avaient pas le droit de se baigner,) où ils pique-niquaient et jouaient au ballon, à la chandelle ou à colin-maillard jusqu'au retour. Enfin, rien d'étourdissant pour un gosse de 11 ou 12 ans.
......Seul point positif pendant ce séjour, tous les samedis soir, ils faisaient une fête dans le parc du château, avec des branches et des couvertures, ils construisaient des tipis et se déguisaient en indiens, à savoir: torse nu, maillot de bain avec une serviette devant et une derrière pour figurer un genre de pagne et des peintures de guerre à base de rouge à lèvres et de bouchon brûlé, puis une fois la nuit tombée, le directeur de la colo, appelé "Grand Sachem", arrivait avec sa grande coiffe de plumes, leur faisait un discours sur sa grande joie d'avoir des guerriers aussi vaillants, puis il prenait son élan et sautait par dessus un feu de camp, allumé pour l'occasion, enfin il saluait les enfants, le feu était éteint par les moniteurs et ils allaient se laver et se coucher, En plus de cela, il y a eu dans le mois, une sorte de petite kermesse, avec des jeux et des boutiques de bibelots souvenirs, où les enfants avaient l'occasion de dépenser le peu d'argent de poche qu'ils avaient. Riri a le souvenir de vacances monotones et il ne paens epas se tromper beaucoup en disant que son impatience de rentrer à Paris était égale à celle qu'il avait pour aller en vacances dans sa famille de la Nièvre.


Dernière édition par Andy Paname le Ven 02 Mai 2014, 15:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mar 17 Mai 2011, 12:33

SEPTIÈME PARTIE : Vacances auvergnates .

......Passons sur l'année scolaire qui, à part le fait que Riri était, comme d'habitude, monté de classe, s'est déroulée comme les autres.
......Puis l'été est venu, et il s'est posé le problème des vacances. Les parents ont très bien compris qu'il était hors de question que Riri retourne un mois dans ce château au bord de la Loire, il préférait resté à Paris. Il avait, à l'école, un très bon copain qui lui dit qu'il allait retourner dans une colonie, en Auvergne, où il avait été l'année précédente et qui lui avait plu. Riri en a parlé à ses parents et sa maman est allé voir la mère de son copain pour lui demander si elle pouvait la renseigner sur cette colonie de vacances. Evidemment, dans ce quartier riche de Paris, la maman de Riri, sortant de sa petite loge, était un peu intimidée dans ce grand appartement bourgeois, mais la dame était très gentille, elle a expliqué à la mère de Riri que c'était peut-être un peu tard, mais qu'elle allait voir si elle pouvait faire quelque chose. effectivement, quelques jours après, c'est elle qui est venu à la loge pour leur annoncer que Riri avait une place de réservée dans cette colonie.

......C'était au mois de juillet, le voyage se faisait en car. Le rendez-vous était au pied de la Tour Eiffel. Il y avait une bonne dizaine de cars, et si on compte une trentaine d'enfants dans chaque, cela fait environ 300 enfants qui partaient en vacances en Auvergne, Riri se disait que le bâtiment de vacances devait être immense. En fait, il n'en était rien, au contraire. La colo s'appelait " La colonie des enfants en Auvergne". Les cars partaient donc de la Tour Eiffel et se dirigeaient vers le Massif Central, plus précisément dans le Puy de Dôme. Arrivé à Clermont-Ferrand, Riri à vu que tous les cars se séparaient et partaient dans des directions différentes.
......Bien que Riri et son copain étaient dans le même car pour faire le voyage, celui-ci avait oublié de lui dire qu'ils ne seraient, peut-être, pas ensemble à l'arrivée, en effet, quand ils sont parvenu dans un petit village, l'accompagnateur a appelé Riri et l'a fait descendre avec sa valise ainsi que 2 ou 3 enfants, des gens les attendaient à l'arrêt du car.
......En réalité, les quelques 300 vacanciers parisiens étaient accueilli par 1, 2 ou 3 chez l'habitant, dans les villages auvergnats. Souvent, il s'agissait de fermes, mais Riri est tombé dans un hôtel -restaurant dans ce petit village qui s'appelait "Isserteaux". L'hôtel était tenu par madame Marcelle Vigier, qui avait 2 filles très éloignées en âge l'une de l'autre puisque l'aînée avait 18 ans alors que la petite n'en avait que 4, son mari possédant une ferme dans un autre village, était rarement présent.
......Madame Vigier, que Riri appelait "Tata Marcelle", était très gentille, elle accueillait chez elle 2 ou 3 enfants. Le premier jour, il y avait une fille avec Riri et ils avaient chacun leur chambre, quelques jours plus tard, une autre fille est venu les rejoindre, c'était la cousine de la co-vacancière de Riri qui avait été retirée de la famille où elle vait été placée, car elle ne s'y plaisait pas. Le plus triste pour Riri étant de ne pas avoir été placé dans le même village que son copain d'école.

......Isserteaux est un petit village auvergnat, dans le Puy de Dôme, situé dans une cuvette formée par 4 volcans, (éteints, bien sur!), ce qui faisait dire, en plaisantant, quand on leur demandait le nom du village; "ici vous êtes à Isserteaux les bains......quand il pleut".

......Riri était tout le temps dehors à jouer avec les autres vacanciers et les enfants du village. On ne leur interdisait rien, ils allaient jouer, aussi bien dans le village que dans la campagne, tout ce qu'on leur demandait, c'était de rentrer à l'heure.
......Dans le village il y avait un forgeron, à l'entrée de la forge, sur le mur, il y avait une grande ardoise sur laquelle était inscrit, tous les jours, le film qu'il y avait le soir à la télévision, en effet, il n'y avait pas de cinéma, mais dans une salle de classe, étaient installé, sur une table, un téléviseur et, devant, quelques rangées de bancs en bois. Riri se souvient que l'entrée coûtait 50frs (toujours la grosse pièce avec le coq), sauf pour les vacanciers de la colo, qui ne payaient pas. Suivant les films diffusés, tata Marcelle le laissait y aller, et il se souvient très bien de 3 films qu'il y a vu; "Les 3 messes basses" avec Fernandel, "Le carrosse d'or" avec Anna Magnani et un film italien, (mais il ne se souvient plus avec qui) "Marcellino pan i vino".
......Derrière l'hôtel, dans une petite rue, il y avait une petite épicerie tenue par une vieille dame, dans sa vitrine il y avait des bocaux de bonbons de toutes sortes, et particulièrement des caramels "gagnants" à 1 fr, à savoir, que si il y avait marqué "gagné" à l’intérieur du papier qui enveloppait le caramel, on avait le droit d'en prendre un gratuit, puis un autre si le gratuit était gagnant et ainsi de suite. Mais, la marchande, âgée, ne s'est jamais rendu compte qu'avec le soleil sur son bocal, Riri et ses copains pouvaient voir par transparence si il y avit une inscription sur le papier, et aujourd'hui, Riri à un peu honte de dire que pendant ses vacances, il s'est goinfré de caramels à peu de frais.

......Tous les 15 jours, le jeudi, sur la place devant l'hôtel, s'installait "la foire", c'est à dire, quelques bancs de marchands de vêtements, de petit outillage agricole, de vaisselles ou d'animaux de basse-cour, et un camelots qui vendait des petits jouets, des gadgets, (ça ne s'appelait pas ainsi à l'époque) ou autres bimbeloteries, et c'était chez ce dernier que passait l'argent de poche de Riri et des autres petits vacanciers.

......Derrière la cuisine de l'hôtel, dans le jardin, se trouvait une petite étable où dormait une vache répondant au doux nom de "Pervenche" que tata Marcelle emmenait, tous les matins de très bonne heure, (Riri le pense car il ne l'a jamais vu partir), dans un grand champ sur la pente d'un des volcans, où elle passait (et paissait) toute la journée, et le soir, c'est Riri qui allait la chercher et qui la ramenait, quelques fois avec du mal.
......Un jour, sortant du pré avec pervenche et devant tourner à droite pour aller à la maison, elle a tourner à gauche, Riri se demandait ce qui arrivait et ni ses cris, ni ses coups de bâton n'ont pu lui faire faire demi-tour. Riri savait que par cette route il pouvait quand même arriver, mais il y avait plus du double du chemin à faire. Il a eut vite fait de comprendre pourquoi, ce jour là, la vache avait décidé de passer par le plus long chemin, à la moitié du trajet se trouvait une mare, et Pervenche avait soif, elle lui a refait le coup plusieurs fois, mais il ne s'est plus inquiété.

......Un jour, sont venu des gens de Paris qui voulaient voir Riri, celui-ci, étonné et surtout apeuré les a rencontré. Il y avait 2 messieurs et 1 dame, quand ils se sont présenté, Riri a été vite rassuré, car ils étaient des personnes travaillant pour la colonie, qui venaient voir si tout se passait bien dans les familles d'accueil et si les petits parisiens s'y plaisaient et passaient des bonnes vacances et ils faisaient une sorte d'enquête auprès de habitants du village pour savoir si il n'avaient pas à se plaindre des petits vacanciers. Les 3 personnes sont reparti après leur avoir distribué des bonbons et autres friandise qu'ils avaient apporté. Riri étai très heureux d'avoir vu ces personnes et de leur satisfaction quant à leur inspection.
......Il serait honnête d'avouer que durant ce mois de vacances, Riri n'a pas toujours été très gentil, il a fait une grosse bêtise, son argent de poche ne lui servait pas seulement à acheter des petits jeux ou des caramels à 1fr, non, que ce soit lui ou ses petits camarades, ils allaient acheter des cigarettes, il existait à l'époque des cigarettes en paquet de 10, (les "Rallye" ou les "higth life") et aussi les "Parisiennes" ou P4, vendues en paquet de 4, ils s’installaient dans les champs, à l'abri de tout regards, et fumaient leurs cigarettes en bavardant et en rigolant. Jusqu'au jour où le facteur du village est passé en voiture, pris par leurs occupations ils ne l'ont pas vu, et celui-ci est allé dire à tata Marcelle qu'il nous avait vu fumer, Riri ne sait pas pour les autres, mais pour lui, le soir, cela a été dur, il se souvient même avoir reçu une gifle et sa soirée télé annulée, plus un courrier à faire à ses parents pour leur avouer. Le surlendemain on n'en parlait plus et c'est pour cela que Riri aimait bien tata Marcelle.
Tata Marcelle avait 2 filles dont la plus petite, Chantal, avait 4 ans. Un jour que Riri et ses copains jouaient dehors, devant l’hôtel, la petite était avec eux et Riri devait y faire attention, tout à coup il a entendu Chantal hurler. La place était séparée d'un jardin par un grillage se terminant en haut par des pointes non recourbées, et la petite, en voulant grimper, a glissé et s'est transpercé la main sur une de ces pointes, la peau du dessus de la main était soulevé par le fil de fer qui n'était pas ressorti, mais Riri ne s'est pas fait disputer, bien sur, il n'avait pas fait attention à Chantal, mais tata a compris que cela n'était pas son rôle de surveiller sa fille. Mais Riri s'en est quand même voulu.
......Un jour dans le village, il y a eut une sorte de célébration de quelque chose, Riri ne se souvient plus de quoi. Avec ses petits copains, ils avaient prévu d'aller jouer dans les champs, comme d'habitude, mais cela ne s'est pas fait, car, en regardant par la fenêtre, il a vu que tous les enfants des villages d'alentour étaient venu et il a vu passé son copain d'école, il a vite couru le rejoindre et comme il ne s'étaient pas vu depuis près de 3 semaines, inutile de dire la journée qu'ils ont passé ensemble.
......Puis le reste des vacances s'est passé comme d'habitude jusqu'à la fin de celles-ci et c'est, Riri l'avoue, avec tristesse qu'il est monté dans le car qui le ramenait à Paris, non sans avoir acheté, auparavant, pour sa maman, une petite cloche avec inscrit dessus; "Auvergne, ou Isserteaux ou Clermont-Ferrand", il ne se souvient pas, enfin, c'était le genre de souvenir que rapporte un enfant, dont (longtemps après) il a entendu sa mère appeler ça des 'jolies petites horreurs". De plus il avait un sac de toile, chargé à la moitié de noisettes qu'il avait été cueillir quelques jours avant.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mer 18 Mai 2011, 12:22

HUITIÈME PARTIE : Le préventorium.

......Et l'année scolaire a repris comme tous les ans, sauf que, pour lui, cette année là n'a pas été comme d'habitude. En effet, vers le mois de mars ou d'avril, Riri a fait une forte crise d'asthme et le médecin a conseillé à sa mère de les envoyer sa soeur, son frère et lui en préventorium, c'est ainsi que fin avril, début mai ils ont pris le train en direction d'Aix-lesBains en Savoie. Ils ont roulé presque toute la nuit et sont arrivé au petit matin à Aix où un petit bus les attendait pour les emmener dans un village, en montagne, qui s'appelait "Le Montcel", et où su trouvaient deux préventoriums, un pour les filles "la Ribambelle" et un pour les garçons "le Nid", c'est ainsi qu'à l'arrivée, Riri et son frère ont été séparé de leur soeur. Ils ne se voyaient que quelques minutes, à la sortie de la messe le dimanche.
......Le Montcel se situe sur le mont Revard, le "Nid" était très grand et accueillaitbeaucoup de jeunes ayant des problèmes pulmonaires. Le matin, ils faisaient leurs lits, leurs toilettes et allaient au réfectoire pour le petit déjeuner, ensuite, visite médicale et école, quand arrivait midi, retour au réfectoire pour déjeuner puis ils jouaient jusqu'au dîner, après celui-ci encore près d'une heure de détente, toilette et coucher.
......La classe était très succincte, petits problèmes, dictées, quelques cours de Français, histoire-géo, science, mais très minimisé, juste ce qu'il fallait pour ne pas trop perdre de ce qu'ils savaient, et c'est aussi en classe, qu'une fois par semaine, ils étaient obligé d'écrire une lettre à leurs parents, ce qui était une bonne chose car Riri pense que beaucoup, et lui le premier, auraient oublié de le faire ......l'après-midi, ils s'amusaient librement, à ce qu'ils avaient décidé entre eux, ou bien, ils participaient à des jeux organisés par les moniteurs, tels que; colin-maillard, balle au prisonnier ou , encore, à ce que Riri préférait, la volley-ball. Une ou deux fois par semaine, les moniteurs les emmenaient dans les forêts en montagne où ils faisaient aussi des jeux comme le jeu de piste , que les monos avaient préparé avant, ou bien un jeu où ils étaient séparé en 2 équipes, les bleus et les rouges, avec, chacun sur le front, fixé par un élastique, une plaque de contreplaqué avec un nombre inscrit dessus, le jeu consistant, pour chacun des membres de l'équipe, à ne pas se faire prendre son numéro par l'autre équipe. Le problème n'était pas que l'autre équipe voit les membres des adversaires, mais il fallait surtout qu'elle ne puisse pas voir le numéro inscrit sur leurs fronts, et si l'un des membres d'une équipe voyait le numéro d'un membre adverse, il le nommait à haute voix et si ce numéro était bon, celui qui le portait remettait la plaque à celui qui l'avait découvert, ainsi n'ayant plus de plaque, il était considéré comme mort et cessait de jouer, quant au joueur qui lui avait prit sa plaque, si il était pris à son tour, il n'était considéré que comme blessé car il pouvait mettre la plaque qu'il avait prit et continuer le jeu.
......Un jour, il a été décidé d'aller pique-niquer au sommet du Mont Revard, (il faut dire que c'est une petite montagne et qu'ils étaient déjà dessus à mi-parcours), et il a été dit qu'ils monteraient par la forêt en laissant la route de coté. Ils sont parti vers 9h du matin après le petit déjeuner, et ils ont commencé à grimper, si cette aventure aurait pu être amusante pour un adulte, pour un enfant, c'était plus compliqué, pas de chemin, pas de sentier, ils grimpaient vers le sommet par les rochers, les pierres en se raccrochant aux arbres, s'arrêtant de temps à autre près d'une cascade ou d'un ruisseau pour se rafraîchir, ils ont mit près de 3 heures pour arriver en haut et commencer à déjeuner. heureusement que les moniteurs leur avaient dit de prendre des pulls, car le temps en haut n'était pas le même, Riri se souvient que pendent qu'ils mangeaient, ils voyaient passer des petits nuages devant eux. Après déjeuner, ils ont joué un peu, puis ils ont commencé à redescendre vers Le Montcel, mais cette fois par la route,ils ont du mettre presque autant de temps car la route était plus longue, Riri se souvient que, pendant la descente, ils ont trouvé un champs plein de muguet, et pourtant c'était fin mai début juin, ils en ont, tous, cueilli pour donner aux infirmières, lingères ou cuisinières du préventorium. Le soir, au diner, au dessert on leur a mit sur la table, un pot de 5kg de crème de marron, Riri et ses copains ont, bêtement, fait un concours, à qui en mangerait le plus, et ce n'est pas sans une certaine fierté que Riri a gagné, il a même gagné 3 fois, il a gagné 1 fois, le concours 1 fois une bonne crise de foie et 1 fois une bonne purge, mais par la suite, et encore aujourd'hui, quand il y a de la crème de marron au dessert il n'en prend pas.
......Une fois, pendant une semaine, les moniteurs ont réuni quelques uns des pensionnaires et leur ont fait répéter quelques sketchs et scénettes, qu'ils ont joué un dimanche soir devant tout le préventorium et Riri pense qu'ils ont eu un beau succès.
......Au "Nid", Riri, bien sur, à eut des copains, mais s'il se rappelle de certains noms, il a oublié les prénoms, un qui s'appelait Menvielle avec qui il était toujours, deux autres, dont on ne peut que se souvenir de leurs noms puisque l'un s'appelait Jambon et l'autre Poisson. Il se souvient aussi de deux frères, Maxime et Yves Doucet qui étaient les fils de monsieur Yves-Max Doucet, plus connu à l'époque sous le pseudonyme de "Zappy Max".
......Tout le temps pendant lequel Riri est resté au préventorium, son instituteur de Paris et ses camarades de classe, lui ont envoyé 3 ou 4 fois des colis avec des cahiers, crayons, des gâteaux, des friandises et autres petits mots de sympathie. Riri et son frère sont resté 3 mois en préventorium, mai, juin et juillet, alors que leur soeur n'y est resté que 2 mois. Cette période en Savoie laisse à Riri un excellent souvenir.
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Passlou
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 19 Mai 2011, 06:27

Andy... a travers tes écrits, il y a tant de souvenirs qui remontent à la surface !

Je te remercie pour ce que tu écris

Merci, et continues lorsque tu as le temps
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 19 Mai 2011, 08:44

NEUVIÈME PARTIE: Départ de la Capitale.

Revenu à Paris, Riri a apprit que le médecin avait convaincu sa mère que l'air de la Capitale était néfaste pour ses enfants et qu'il fallait qu'ils habitent à la campagne. Après en avoir longuement discuté entre eux, les parents de Riri ont réussi à trouver une maison à Liancourt, dans le département de l'Oise. Riri a toujours trouvé étrange et n'a toujours pas comprit que ce soit la propriétaire de la maison qui a prit la loge de concierge à la place de sa mère.
......C'est à Liancourt que Riri a effectué ses 2 dernières années d'école, (il n'a été qu'en primaire) à 12 et 13 ans. Ces 2 années scolaires n'ont été ni plus, ni moins bonnes que les autres, mais dans une ambiance moins stressante qu'à Paris. Il se souvient que l'hiver, il rentrait vite à la maison, mais dés que les beaux jours arrivaient, Riri et quelques copains s'installaient sur des troncs d'arbres couchés près de l'école, ils sortaient leurs livres et leurs cahiers et, tous ensemble, faisaient leurs devoirs et apprenaient leurs leçons, ce qui les faisaient rentrer environ 3/4 d'heure plus tard, avec bien sur le consentement de leurs parents, et c'était sympa. Quand il rentrait, Riri montrait ses devoirs faits à sa maman et lui récitait ses leçons, et si elle était satisfaite, il pouvait sortir avec ses amis pour jouer jusqu'au dîner.
......Au courant de cette année d'école, Riri a été très fier d'avoir été l'instigateur de la quête faite à sa demande, dans les classes, et dont la récolte a été envoyée pour les sinistrés du barrage de Malpassé.
......Autre souvenir de Riri, un jour qu'il était en classe, un monsieur est arrivé avec le directeur de l'école, ce monsieur venait de perdre son file de 1 ou 2 ans, et il venait demander 6 enfants de la classe volontaires pour porter le cercueil sur un brancard de l'église jusqu'au cimetière et il promettait 50 centimes à chaque porteur. Riri a été volontaire avec 5 de ses camarades et c'est ainsi qu'il a porté un bébé en terre. La fin de l'histoire est qu'aucun des porteurs n'a reçu sa pièce de 50ct.
......Cette année là, la mère de Riri l'a inscrit au club de gymnastique de la ville, qui s'appelait "L'Espérance de Liancourt", où, tous les mercredis soirs, il allait à l'entrainement; barres fixe, barres parallèles, anneaux, cheval d'arçon, exercices au sol, mouvements gymniques en musique, etc..etc... Riri pense que si, à l'époque, il avait existé des jeux olympiques pour les gymnastes les plus nuls, il n'aurait même pas gagné le médaille de bronze il ne se souvient pas avoir vu plus mauvais que lui. Il n'y est resté qu'une saison.
......A cette époque, Riri n'avait pas encore comprit pourquoi plusieurs filles des environs venaient avec ses copains pour jouer chez lui, ou dans les bois avoisinants, le grand malheur de Riri est qu'il était atteint d'une énorme timidité, et même si quelques unes d'entre elles lui plaisaient, il n'osait pas le leur avouer, de peur de se faire rabrouer et de ne plus les voir, C'est une copine d'une de ces filles qui est venue dire à Riri qu'il plaisait à celle-ci pour qu'il ose la prendre par la main et lui faire un eu deux bisous dans le cou et sur le coin des lèvres et il s'est rendu compte que cette fille était bien plus avancée que lui à ce sujet, car le baiser qu'elle lui a rendu n'avait rien à voir avec ceux qu'il lui avait donné, je crois, qu'a l'inverse de l'école, ce jour là, Riri a très vite appris la leçon.
......Le samedi soir, de temps en temps il allait au cinéma seul, ou avec ses frère et soeur, où il retrouvait quelques-uns de ses copains, (et copines) et où il passait une très bonne soirée devant une comédie ou un west-ern. Quelques fois, sa maman l'emmenait, lui tout seul, quand le film n'était pas spécialement pour les enfants. Il se souvient particulièrement de 2; "J'irais craché sur vos tombes" et "Cellule 2445, couloir de la mort".
......N'ayant plus que le salaire du père, la famille vivait correctement, mais sans faire d'écart. Au moment des vacances, il n'était plus question de partir en colonie de vacances ou ailleurs, mais cela ne gênait pas Riri car il était avec ses camarades à la campagne. L'été, avec leur mère, les enfants allaient au ramassages des pommes de terre pour les fermiers de la région. A l'époque, c'était payé 50 centimes du sac, d'autres fois Riri, sa soeur et son frère allaient à la cueillette des haricots verts et là c'était payé 15 centimes du kilo, c'était peu de chose, mais cela mettait du "beurre dans les épinards".
......Hélas, Riri ne se souvient pas que des bonnes choses, il y a eut dans sa vie quelques moments de drame ou de tristesse.Riri se doit d'avouer que son père, courageux et travailleur dans son métier, était un alcoolique et en plus il trompait sa femme. Il était souvent entre 2 vins et dans ces moments là il était mauvais et relativement méchant, particulièrement avec la maman de Riri, heureusement que celle-ci ne se laissait pas faire. Un jour, Riri est rentré de l'école et est tombé sur une violente dispute entre ses parents. Quelques temps auparavant, le père de Riri était parti 1 semaine pour soi-disant se reposer en montagne, il est vrai qu'il avait un travail très fatiguant, sa femme a été d'accord, en pensant certainement, qu'à elle aussi cela ferait des vacances. Quand il est revenu, il était tout gentil, ce qui n'a pas fait de mal à toute la famille. quelques temps après, la maman de Riri, préparant le linge pour faire une lessive, trouve dans une poche de son mari, un ticket d'une ligne de bus touristique de Savoie pour 2 personnes, demandant des explications à son mari, celui-ci a rétorqué qu'il avait payé la place d'une certaine "vieille madame Martin" qui n'avait pas de monnaie pour la payer, la maman de Riri, connaissant la réputation de radin de son mari, cette réponse a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, elle a pris son mari par le col, l'a poussé contre le mur avec un couteau de cuisine pointé sur son ventre, c'est à ce moment là que Riri est rentré de l'école pour déjeuner. Riri a eut très peur ce jour là, il a refusé d'aller à l'école l'après-midi et a caché tous les couteaux ou autres objets tranchants de la maison. Comme d'habitude, son père est allé se coucher en disant à sa femme qu'il n'avait vraiment pas eut peur, (pour l'anecdote, il faut préciser que; malgré son manque de peur, il avait fait dans sa culotte.) et sa mère est elle aussi allé de se coucher en pleine crise de nerf. Ça l'a reposé, mais cela n'a pas reposé Riri, car quand son père se levait vers minuit et demi / 1 heure du matin pour aller travailler, sa mère se levait aussi pour lui préparer ses affaires et lui faire son café, pendant qu'il faisait sa toilette et se rasait, mais comme sa femme était souffrante et refusait de se lever, le père réveillait Riri et c'était lui qui, à 11/12 ans préparait, à 1 heure du matin, le café et les affaires de son père, avant de se recoucher pour se relever à 7 heures afin d'aller à l'école.
......Comme le père de Riri, donnait de moins en moins d'argent à sa femme, celle-ci à décidé de se trouver un petit boulot pour faire "bouillir la marmite". Dans un premier temps, elle est allé voir le marchand de journaux, qui cherchait quelqu'un pour livrer des journaux, quotidiens ou autres, aux clients qui ne pouvaient pas ce déplacer, elle allait chercher les journaux à la boutique tôt le matin et elle avait un itinéraire qu'elle faisait tous les jours à vélo. Elle livrait même les journaux ou autres magazines commandés au directeur, au personnel et au pensionnaire de la prison de Liancourt. Comme cette activité n'était pas très rentable, elle a abandonné.
......A Liancourt, il y avait, bien sur, tous les commerces que l'on peut trouver dans une petite ville, mais il y avait, aussi, une marchande de poissons ambulante, qui avec une petite charrette remplie de glace et tirée par un bicyclette, allait vendre le poisson, venant de Normandie ou Paris qu'elle avait été chercher très tôt le matin à l'arrivée du train, aux habitants des villages des environs de Liancourt qui n'avaient pas de poissonniers, (une petite anecdote au sujet de cette marchande de poissons, celle-ci était assez âgée et de forte corpulence, et elle était connue, surtout, pour sa manière de prévenir de son arrivée, en effet, outre la cloche qu'elle agitait sur son passage, elle criait à qui voulait l'entendre; "Je suis la poissonnière, ma moule est fraîche, ma moule est fraîche, voyez ma raie"). Ayant entendu dire que la poissonnière ambulante souhaitait arrêter, la mère de Riri est allé la voir et après discussions, c'est elle qui est devenue marchande de poissons pour les villages voisins. Les poissons étaient commandé par téléphone et tous les mardis et vendredis matin elle se levait très tôt pour aller à la gare chercher ses caisses de commandes, puis elle allait chez le poissonnier de Liancourt acheter des sacs de glace, elle préparait sa charrette et partait faire son commerce (sans crier quoi que ce soit, mais seulement au son de la cloche!...).
......Une fois, le père de Riri étant dans un jour faste, a décidé de fabriquer, pour sa femme, une charrette plus grand et plus pratique pour transporter les poissons, il a donc acquit le matériel nécessaire et à commencé son travail, cela avançait bien, la charrette était très belle avec 2 roues de vélo, il était content de lui mais vers 15 ou 16 heures, il s'est aperçu qu'il lui manquait une ou deux pièces (vis, boulons ou écrou) et est parti vers la quincaillerie pour en acheter, comme il n'était toujours pas rentré vers 18 heures, Riri décide d'aller en ville le chercher, car sachant que son père était parti avec son vélomoteur, il a eut peur qu'il ait eu un accident. Mais il n'en était rien, Riri à retrouvé son père, ivre-mort, dans le bistrot près de la quincaillerie, il l'a ramené tant bien que mal à la maison puis est allé recherché le vélomoteur qu'il a rapporté en le poussant. Vous voyez que Riri a eut des moments pas toujours joyeux.

......Puis, enfin, arriva la dernière année d'école de Riri, la Grande Année, celle du Certificat d'Etudes Primaires. Le grand jour il y avait beaucoup de monde, car l'éxamen se passait dans l'école de Liancourt et c'est tous les élèves des petites villes ou villages de la région qui y venaient.
......Propre, bien habillé, son cartable sous le bras, Riri est parti le matin vers l'école, avec ses camarades de classe qui, comme lui, passaient le "certif.", ils étaient heureux d'y aller, mais en entrant dans la classe, leurs sourires sont resté coincés dans leurs gorges. C'était la même classe, mais 1 par table, un examinateur qu'ils ne connaissaient pas et la panique a commencé à s'installer, du moins pour Riri. L'éxamen a commencé et a duré jusqu'à midi, heure à laquelle ils ont été laché pour aller déjeuner en leur donnant rendez-vous l'après-midi pour l'éxamen oral. Riri est rentré chez lui, seul, en pleurant car dans son esprit il avait tout raté et il ne voulait pas y retourné l'après-midi, car il savais que pendant toutes ses années de scolarité, il n'a jamais pu répondre à un interrogatoire oral sans bafouiller, même si il connaissait les réponses, sa timidité faisant qu'il n'était jamais sur de lui.
......L'oral s'est passé, comme il le pensait, difficilement, puis arriva le soir et l’annonce des résultats dans la cour de l'école. Les noms de ceux qui étaient reçu ont commencé à défiler et le père de Riri, qui était venu aux résultats, a dû le voir se décomposer petit à petit. Riri avait les larmes aux yeux en attendant, sans espoir, que l'inspecteur d'académie prononce son nom.
......Comme il a déjà été dit, toutes les écoles de la région étaient présentes à l’examen et il y avait environ 100 à 150 élèves à passer le certificat d'études ce jour là, ce que Riri n'avait pas comprit, c'est que d'une part c'était les élèves de son école qui étaient annoncés en dernier et, d'autre part, que les reçus de chaque école étaient annoncé par ordre alphabétique, donc comme son nom commence par un T, sur les quelques 90 ou 110 élèves reçus il a été nommé en avant-dernier, le dernier à être appelé étant un de ses copains dénommé Viaud. C'est en larmes que Riri s'est jeté dans les bras de son père, celui-ci l'a ramené sur son cyclomoteur, mais arrivé devant la maison il ne s'est pas arrêté et a continué tout droit, Riri ce demandait bien pourquoi. Son père l'a emmené dans le petit atelier d'un réparateur de vélo et à qui il en avait commandé un, et il lui a offert, c'est tout fier que Riri est retourné sur son vélo neuf, à la maison où sa mère l'attendait sur le pas de la porte. L'école était fini, il avait un beau vélo, quoi de mieux pour être heureux. Le dimanche suivant, une fête a été donné par la municipalité en l'honneur des lauréats du certif, et un par un, il montait sur l'estrade où le maire les félicitait en leur remettant un livret de caisse d'épargne avec 500 Fr dessus.
...... Ça y est! Pour Riri, l'enfance est terminé, c'était le début de l'adolescence. Il était toujours décidé à devenir horticulteur, comme c'était la période des vacances et afin de savoir si le métier qu'il avait choisi allait lui plaire, sa mère a demandé à un horticulteur de la ville si il voulait bien le prendre avec lui pendant un mois, pour lui montrer ce qu'était la profession, il était entendu qu'il ne paierait pas Riri et qu'il lui ferait voir en quoi cela consistait. Riri y allait tous les jours de la semaine et ce métier continuait à lui plaire, il se souvient que bien que n'étant pas rémunéré, les patrons lui donnaient chaque samedi, un billet de 10NF et un énorme bouquet de fleurs pour sa maman. Celle-ci, pendant ce temps, se démenait pour trouver une école d'horticulture et l'y inscrire pour la rentrée. C'est ainsi que le 15 septembre de cette année, Riri rentrait comme interne au Centre d'apprentissage Horticole de Saint-Gabriel dans le calvados, pour une durée de 3 ans.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Ven 20 Mai 2011, 13:35

DIXIÈME PARTIE: L'apprentissage.

......Un matin de très bonne heure, Riri et sa mère ont pris le train pour Paris, où ils devaient prendre le train pour Caen.
......Devant la gare Saint-Lazare, ils sont allé prendre un petit déjeuner dans une grande pâtisserie-salon de thé. Pendant que sa mère choisissait des gâteaux, Riri a remarqué que la caissière ne la quittait pas des yeux, il le dit à sa maman qui se retourne pour voir la personne, puis elle se lève et Riri voit qu'elle se serrent la main et qu'elles discutent en rigolant, puis quand sa mère revient à la table, Riri lui demande pourquoi la dame la regardait avec autant d'insistance et sa mère lui explique que c'est dans cette pâtisserie qu'elle avait commencé à travailler, toute jeune, quand elle est arrivée avec ses parents à Paris, et il se trouve que la caissière était entrée comme apprentie vendeuse, dans cette boutique, à la même époque et elles venaient de se retrouver 31 ans après.
......Riri n'était pas très gai de quitter Liancourt où il laissait sa famille et ses copains. Il partait pour 3 années avec sa valise contenant ses affaires personnelles, plus le trousseau demandé par l'école d'apprentissage, à savoir; des pantalons et vestes bleus de travail, un béret, des bottes, une boite en bois d'une certaine dimension, destinée à contenir les livres, cahiers, classeurs et autres matériel scolaire et enfin 3 outils, un sécateur, une serpette et un greffoir.
......Vers 8h du matin, le train a emmené Riri et sa mère vers la Normandie (à l'époque, il fallait environ 4 heures pour faire Paris/Caen). Arrivé à destination, Riri et sa mère sont allé dans un petit restaurant, sur une place de marché où il y avait une petite tour appelée la "Tour des poissonniers" croit se souvenir Riri. Après déjeuner, ils sont retourné place de la gare d'où ils devaient prendre un car qui les conduirait à Saint-Gabriel où se trouve le C.A.H. (Centre d'Apprentissage Horticole).
......Cela doit être vers 15 ou 16 heures qu'ils sont arrivé dans l'école, qui est un ancien prieuré. Après avoir rempli les papiers d'admission, fait la connaissances de la directrice, madame Marze, et des professeurs, Riri, les autres élèves arrivants et leurs parents ont visité l'école, guidés par monsieur Michel Marze, fils de la directrice et lui-même, sous-directeur et professeur de l'école. Ils ont visité les salles de classe, le réfectoir, les dortoirs, ainsi que les serres et les jardins se trouvant à proximité, car il y en avait d'autres hors du domaine.
......Puis le car repartant vers Caen étant arrivé, ce fut le moment de la séparation et après les effusions, la mère de Riri est reparti, le laissant en larmes.
......Tout ceci ayant duré assez longtemps, Riri et ses camarades se sont retrouvé au réfectoire, immense salle voûtée ressemblant à une église,où mangeaient, outre la direction et les enseignants, tous les élèves, 3ème, 2ème et les nouveaux 1ère année. puis ils sont allé se coucher après avoir vider leurs valises et rangé leurs affaires. Comme d'habitude, quand il quittait sa famille, Riri a passé une partie de la nuit à pleurer. Le lever du lendemain matin, annonçait, pour Riri, le début de 3 longues années d'apprentissage.
......Le premier jour, on leur a montré pour commencer, tous les terrains et les cultures qui s'y faisaient. Le matin, après le réveil, la douche, le lit fait et le dortoir rangé ils allaient au petit déjeuner, qui se composait de café au lait et de tranches de pain sec, les anciens leur ayant conseillé de demander à leurs parents, sinon du beurre, au moins de la margarine et des confitures pour agrémenter le petit déjeuner, c'est ce que tout le monde s'est empressé de faire. Ensuite, travaux dans les jardins, comme chez les nouveaux comme Riri, la plupart n'y connaissait rien, les premières choses qu'on leur a fait faire étaient le désherbage, le binage et le sarclage. Ensuite, 1h30 avant le déjeuner, les élèves avaient 1/2 heure pour prendre une douche et se détendre un peu avant d'aller 1 heure en classe normale, c'est à dire, comme à l'école, français, calcul, histoire, géo, etc... puis repas et 1/2 heure de détente avant de remonter en classe pour, cette fois-ci, des cours relatifs à la profession; botanique, agronomie, etc... Riri continuait à aimer ce qu'il apprenait, et ces journées, loin d'être reposantes, n'étaient pas pour lui déplaire.
......Le dimanche n'était pas, spécialement, le jour préféré de Riri, en effet, ce jour là, les 1ère et 2ème années ne travaillaient pas, seuls quelques élèves de 3ème année d'astreinte et des professeurs s'occupaient des travaux obligatoires tous les jours dans les jardins et les serres.
......Les élèves qui demeuraient dans la région, partaient chez eux, par le car, le samedi après-midi et devaient rentrer le dimanche soir pour le dîner ou au plus tard le lundi matin pour le début des travaux. Riri, étant de l"Oise, restait dans l'école et passait le week-end avec ses camarades qui comme lui ne pouvaient pas rentrer chez eux.
Quand il faisait beau, le professeur d’histoire les emmenait en promenade dans les campagnes normandes où il leur faisait visiter des endroits où il avait toujours une anecdote ou un épisode de la dernière guerre à leur raconter et Riri se souvient que tous, ou presque, l'écoutaient avec intérêt. Ils retrouvaient souvent, avec ce prof, des vestiges du passage des armées, et trouvaient par-ci, par-là, des balles, des roquettes ou des grenades, plus ou moins rouillées, qui réapparaissaient au gré du temps, (nous reviendrons là dessus un peu plus tard). En revanche quand il pleuvait ou qu'il faisait froid, ils étaient obligé de rester enfermé à l'abri, le matin ils faisaient divers activités, courriers, lecture, jeux de cartes, dames ou dominos et l'après-midi, le sous-directeur, monsieur Michel, louait un film noir et blanc, Qu'il leur projettait sur écran à l'aide d'un projecteur 8mm.
......Les élèves avaient les vacances scolaires, grandes vacances, Noël/jour de l'an et Pâques. Inutiles de dire qu'à ces périodes Riri était heureux de rentrer chez lui et bien que ses études lui plaisaient, il avait du mal à être aussi longtemps loin de sa famille.
......Riri avait des bons copains dans cette école, mais surtout un avec qui il était toujours, Daniel Chevalier, ils ne se quittaient jamais, sauf le dimanche car Daniel demeurait à Caen, d'où la longueur du week-end pour Riri. Aux vacances de Pâques, Riri a parlé de cela avec ses parents, ayant bien compris et sans le dire à Riri, sa mère est entré en contact avec les parents de Daniel, pour leur demander si ils acceptaient, moyennant un dédommagement financier, de recevoir Riri chez eux un dimanche par mois, ceux-ci ayant accepté tout en refisant le dédommagement, on peut imaginer la joie de Riri, quand sa maman lui a annoncer la bonne nouvelle. C'est ainsi que le 2ème week-end de chaque mois, Riri partait avec Daniel le samedi après-midi pour ne rentrer que le dimanche soir.
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Passlou
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Ven 20 Mai 2011, 15:52

Tu as une très bonne mémoire et c'est pas mal écrit .

Je sais que c'est aussi beaucoup de travail d'entreprendre de raconter tes souvenirs. En te lisant, me reviens à la mémoire certains souvenirs à moi aussi. Je suis de 1946...

J'apprécie beaucoup
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 26 Mai 2011, 14:46

ONZIÈME PARTIE : L'école et les week-ends.

......La vie de Riri, en apprentissage, se passait pour le mieux du monde sachant qu'une fois par mois, il quittait le centre pour un week-end, ce qui fait que le temps passait plus vite, de plus, il savait qu'il devait faire attention à ne pas faire de bêtise, car, outre la punition normale de l'école, il risquait d'être collé le jour de sortie.
......En dehors des heures de colle, il y avait, au centre, une punition redoutée par les élèves qui s'étaient mal comporté, c'était "la vidange", cela consistait en ceci; à l'aide d'une pompe à main, il fallait vider la fosse où se déversait les WC de l'école, remplir une petite citerne sur roues et aller déverser le tout dans un champ pour en faire un engrais naturel. Riri, ayant été astreint 2 ou 3 fois à cette corvée, se souvient des envies de rendre et de l'odeur nauséabonde qui imprégnait les vêtements, obligeant les punis, une fois terminé à aller prendre une douche et à se changer rapidement.
......L'hiver, il y avait aussi une autre punition que Riri n'aimait pas, les professeurs leur faisaient laver les poireaux, qui servaient pour les repas ou pour être vendu, dans une grande cuve d'eau sur laquelle flottaient des morceaux de glace, à l'extérieur Après 10 ou 15 poireaux, les élèves ne sentaient plus leurs mains et il y avait 150 ou 200 poireaux à laver. En dehors de cela, la vie au centre était plutôt agréable.
......Quand arrivait le jour où Riri pouvait partir chez son copain Daniel, c'était une grande joie pour lui. Le vendredi après-midi vers 16 ou 17h, les partants prenaient le car pour Caen. Une fois arrivé, tous se séparaient et partaient chacun de leur coté. Daniel et Riri avaient toute la ville à traverser, et même si il fallait environ 20 ou 30 minutes pour arriver, il mettait bien 1 heure pour faire le trajet, à regarder les magasins et à rigoler.
......La famille de Daniel demeuraient une petite villa d'un étage, au début d'une impasse, au rez-de-chaussée, la salle à manger, la cuisine et la chambre des parents, à l'étage les chambres des enfants. Il avaient un petit jardin avec une petite maisonnette comprenant un petit studio pour un des frères de Daniel et une pièce servant d’appentis et de réserve pour une moitié et dans l'autre une salle de bains.
......Chez les parents de Riri, la salle de bain n'existait pas, et celle des parents de Daniel avait quelque chose de particulier que Riri n'avait jamais vu et n'a jamais revu depuis, en effet, il y avait une petite baignoire sabot avec au mur une pomme de douche, un lavabo avec un robinet d'eau froide mais pas d'eau chaude dans la pièce. Alors, direz-vous, se doucher à l'eau froide, à la rigueur l'été d'accord, mais l'hiver....
......Et bien voila, le papa de Daniel avait récupérer un jerrycan en métal de l'armée, en haut, à coté de la poignée il avait percé un trou et y avait soudé un valve de roue de vélo, puis percé un autre trou en bas où il avait fixé, toujours par soudure, la prise du tuyau de douche. Donc quand quelqu'un allait se laver il remplissait le jerrycan avec de l'eau à bonne température, le refermait bien hermétiquement, branchait une pompe à vélo sur la valve et pompait jusqu'à ne plus pouvoir, alors il ne lui restait plus qu'à allumer la douche et l'eau chaude, compressée dans le bidon sortait normalement et il pouvait se savonner, et quand cela s'arrêtait, il suffisait de pomper pour finir pour se rincer et sa douche.
......Riri ne se souvient plus ce que faisait les parents de Daniel. En revanche il se rappelle qu'ils n'avaient que des garçons, (4 ou 5) dont Daniel était le plus jeune et dont 2 étaient parti de la maison mais ils venaient le dimanche avec femmes et enfants pour le repas dominical qui était plein de joie et très animé. Le père avait été militaire cantonné au Maroc, Riri se souvient, qu'un jour il lui a montré une photo ou on le voyait en uniforme, tenant à la main un petit enfant arabe en djellaba et chéchia, et lui a demandé si il savait qui était ce petit garçon, suite à la réponse négative de Riri, il lui a dit que pendant son service, il s'occupait de ce petit garçon nuit et jour, lui préparant ses repas, l'emmenant à l'école ou le distrayant, pour finir par dire qu'en fait il s'agissait "d'Hassan II" enfant, ce qui n'a pas trop touché Riri car même Hassan II adulte, il ne savait pas qui c'était.
Riri à aussi en mémoire un frère de Daniel, celui qui dormait dans le studio dans le jardin, qui, lui, était artisan carreleur, et il était revenu depuis quelques mois d'Abidjan où il avait, avec collègues et employés, carrelé les pièces du palais du président Félix Houphouët-Boigny.
Riri se souvient surtout qu'il lui a fait voir des boites en plastiques dans lesquelles se trouvaient des mygales qu'il avait ramené d'Afrique. C'est ce frère aussi qui, un jour, est rentré à la maison avec un tourne-disques à manivelle et un lot de disques 45 et 78 tours, qu'il avait acquit dans un marché style "marché aux puces", il y avait beaucoup de disques, mais Riri se souvient parfaitement avoir, outre "le train pour Caen", et "les sens interdits" de Raymond Devos, écouter en boucle, 'la marmite" de Dario Moréno. Le père avait institué des tours de rôles pour que cela ne soit pas toujours le même qui tourne la manivelle quand le disque ralentissait et s'arrêtait.
......Pendant ces week-ends, les 2 copains dormaient dans le même lit dans la chambre de Daniel, le matin ils se levaient tard car une bonne partie de la nuit se passait à discuter et à rigoler. Après le déjeuner, ils partaient se promener dans la ville et Daniel faisait visiter Caen à Riri, mais ils passaient surtout une bonne partie de l'après-midi à essayer de se perdre dans les ruines du vieux château de Caen, (lieu qui a été aménagé pour les visiteurs et où il n'y a plus ces endroits si amusants). Le samedi soir ils allaient au cinéma, Riri se rappelle avoir vu à cette époque, "Les 10 commandements", et un film documentaire sur la Russie dont il ne se souvient plus du titre, mais qui leur avait plu car c'était le premier film en "Kinopanorama"
3 grands écrans disposés en arc de cercle et des haut-parleurs devant, sur les cotés et derrière, ce qui fait que si un train passait, par exemple, les spectateurs l'entendaient devant quand il partait, puis l'entendaient passer à coté d'eux et enfin l'entendaient s'éloigner derrière eux. Mais, hélas, les 2 compères ne faisaient pas que cela quand il sortaient, non, la première chose qu'ils avaient en tête en étant dehors était d'aller au plus vite dans le premier bureau de tabacs pour acheter des cigarettes. Ils n'achetaient jamais les mêmes, mais un paquet différent chaque jour, ce qui fait que durant tout ces week-ends, ils ont du fumer toutes les marques de cigarettes, (ou presque) qui existaient à cette époque. Enfin, le dimanche, les 2 amis préparaient leurs bagages et, après le repas, partaient vers la gare routière pour prendre le car qui les emmenait à Saint-Gabriel, où ils rentraient à l'école pour l'heure du dîner.
......Quelques temps avant les grandes vacances, et à leurs demandes, les parents de Daniel et de Riri se sont mit d'accord sur le fait que Daniel prendrait le train pour Paris où Riri irait le chercher, et qu'il passerait une semaine avec son copain à Liancourt.
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Passlou
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mar 31 Mai 2011, 06:31

ah les ados ! tous les mêmes dans toutes les générations !
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mar 31 Mai 2011, 15:54

DOUZIÈME PARTIE:Tristesse, colère et joie.

......Le lundi, le travail et les études reprenaient normalement. Heureux d'avoir passé 2 belles journées chez Daniel et de savoir que celui-ci passerait une semaine de vacances chez lui à Liancourt, Riri faisait le travail et suivait les études avec entrain, attendant avec impatience les grandes vacances.
......A l'école, à tour de rôle, quelques élèves devaient préparer les tables pour le petit déjeuner, pour cela ils étaient réveillé tôt, le matin, avant les autres. Ils n'aimaient pas beaucoup cela, mais c'était pour, soit-disant, leur apprendre à se lever tôt dans la vie active pour le métier qu'ils avaient choisi, car les plantes, les arbres et les légumes n'attendent pas. Donc, après la toilette, ils descendaient au réfectoire et pendant que l'un d'eux allumait la grande cuisinière à bois et charbon, les autres installaient les bols sur les tables.
......Un jour, c'était Riri qui s'occupait de la cuisinière, pendant que celle-ci chauffait très fort après que Riri l'eut allumé, il y eut un gros bruit, quelque chose c'était cassé, le cuisinier est alors arrivé et a constaté les dégâts, ce genre d'appareil, souvenez vous, avait sur le coté un réservoir qui devait être, toujours, plein d'eau et Riri ne l'avait pas rempli, si bien qu'une fois vide il a chauffé et éclaté. Inutile de préciser qu'il y a eut punition et, donc, "vidange", mais ce qui a le plus étonné Riri, c'est que quelques semaines avant, ce problème était arrivé à un de ses camarades qui, sur la champ, a été renvoyé de l'école, alors que lui n'a été qu'un temps "vidangeur". Ce n'est que par la suite qu'il eut le fin mot de l'histoire. En effet, dans l'école il y avait quelques élèves venant d'un orphelinat et d'une maison de correction de l'Yonne, et, pour eux, ces études étaient gratuites et Riri se souvient que même si certains travaillaient bien, ils n'étaient pas mieux vu que les autres, or, l'élève à qui était arrivé cette mésaventure était de ceux-là, tandis que Riri payait ses études qui étaient, en 1962, de 150 francs par mois, il n'a donc pas été renvoyé.
......Dans cette école, chaque terrain avait un nom particulier, Riri se souvient de certains de ces noms. Derrière les bâtiments de l'ancien prieuré, il y avait le "champ aux moines", où poussaient les choux, les choux-fleurs, les artichauts et où se trouvait un grand hangar où il y avait en réserve les pommes de terre et les fruits récoltés. De l'autre coté se trouvaient trois grandes serres qui abritaient des plantes exotiques, que Riri n'avait jamais vu, pour une d'entre elles, dans la seconde, des boutures et dans la troisième des semis de légumes. Près des serres un petit bassin avec 3 ou 4 poissons rouges. A l'extérieur du Prieuré, devant, il y avait un terrain nommé "les lapins", sur lequel, bien sur, il y avait des clapiers avec une dizaine de portées de lapins. Sur ce terrain, pas de culture, il servait de terrain de sport et de cour de récréation, sauf, une fois par an, période pendant laquelle les élèves y travaillaient à faire des "couches chaudes", mélange de fumier, paille et feuilles mortes qui, une fois bien mélangé, mouillé et tassé, fermentait et chauffait au point de ne pas pouvoir tenir en main un caillou qui serait resté dedans. Ce mélange, placé dans les châssis sous la terre, servait d'engrais tout en gardant la terre chaude l'hiver, même par temps de gel. De l'autre coté "Les tulipes", ainsi nommé car c'était pratiquement la seule fleur cultivée dans ce terrain. Enfin, à 2 ou 3 kilomètres, qui étaient fait à pieds, il y avait "La plaine", énorme terrain où étaient cultivé, pommes de terre, poireaux, salades, carottes, betteraves, épinards etc... en grosses quantités.
......A la fin du mois de juin, il y avait l'examen de fin d'année avec des épreuves écrites, oral et pratiques-techniques qui consistaient pour les premières années de savoir si ils savaient correctement bêcher, biner ou replanter et repiquer des fleurs et des légumes, et si l'examen était réussi, ils passaient en seconde année. Puis la veille du départ en grandes vacances, tous les élèves étaient réuni dans la grande salle de cours, où, la directrice, tous les professeurs ainsi que le personnel de service donnaient leurs notes et des appréciations à chacun d'eux. Riri était content, il avait bien travaillé malgré les quelques bêtises qu'il avait commis.
......Le lendemain, c'était le grand départ pour 2 mois de vacances, et Riri n'a pas mit longtemps à préparer sa valise. Le matin du départ, tous les élèves ou presque achetaient, à très bas prix, des plantes ou des fleurs destinés à leurs mères.
......Sa valise dans une main et sa plante dans l'autre, Riri n'était pas le dernier à monter dans le car qui les emmenait, lui et ses camarades à la gare de Caen. Après un grand "Au revoir, à bientôt" devant la gare, Daniel a prit la route pour rentrer chez lui et Riri est monté dans le train qui l'emmenait vers Paris.
......Après quelques heures de voyage, Riri retrouvait sa mère qui l'attendait à la gare Saint-Lazare. Tous les deux ils ont prit le métro pour la gare de l'Est, (en effet, bien que Liancourt se trouve au nord de Paris, suivant les horaires, ils pouvaient prendre le train soit "gare de l'Est" soit "gare du Nord".
......Arrivé à la gare de l'Est, Riri et sa maman sont allé déjeuner à "La Strasbourgeoise" où Riri se souvient avoir dégusté une choucroute suivie d'une délicieuse tarte aux poires maison qui était la spécialité du restaurant.
......Enfin, ils prirent le train pour la gare de "Liancourt-Rantigny. Après 3/4 d'heure-1heure ils arrivèrent à destination, Riri jubilait, "2 mois de vacances, quelle joie". Hélas, sa joie de rentrer allait vite se transformer en tristesse.
......Arrivés sur le quai de la gare de Liancourt, ils ont vu arriver le chef de gare vers eux, celui-ci dit à la mère de Riri que ses frère et soeur, Pierrot et Catherine, attendait depuis longtemps dans la salle d'attente, quand ceux-ci ont vu leur mère et leur frère, ils ont couru vers eux en pleurant. Après avoir été calmé par leur maman, ils ont enfin dit ce qui se passait.
......Profitant de l'absence de sa femme partie à Paris chercher Riri, le père avait prit une valise et était parti, abandonnant la maison familiale en laissant seuls dans la maison ses 2 enfants de 10 et 9 ans, sans même les avoir fait déjeuner à midi.
......Seuls les deux petits et Riri pleuraient, leur maman restait calme. Cela faisait un moment que le couple n'allait plus et la maman de Riri s'attendait à ce que cela arrive, mais pas de cette façon.
......Riri, aussi, était en colère contre son père, déjà qu'il l’aimait beaucoup moins à cause de son alcoolisme, il a commencé à le détester. Lui qui pensait passer des bonnes vacances calmes et heureuses, ça commençait mal.
......Tout cela faisait un grand changement dans la vie de la famille, la maman faisait tout ce qui était en son pouvoir pour que la vie continue à se passer normalement, les enfants retrouvaient leurs petits copains et s'amusaient en essayant d'oublier, mais c'était très compliqué.
......N'ayant plus le salaire de son mari, la maman avait du mal à "faire bouillir la marmite", alors comme elle ne travaillait plus elle à trouvé un petit boulot chez le marchand de journaux, elle allait le matin avec son vélo, chercher les journaux qu'elle livrait aux personnes qui ne pouvaient pas se déplacer, mais il y avait une livraison que souvent Riri faisait à la place de sa mère car la route montait assez fort, et donc il prenait son vélo et allait livrer les journaux eu "pénitencier" de Liancourt, les journaux étant principalement destinés au directeur, au personnel et quelques-uns à des prisonniers autorisés. De plus, malgré que ce soit les vacance, Riri ne rechignait pas à aider sa maman en passant quelques heures au ramassage des pommes de terre chez les agriculteurs ou quelques temps de binage et de désherbage chez l'horticulteur pour avoir un petit billet.
......Un jour au bout de 2 ou 3 semaines de vacances, son père est passer à la maison pour prendre quelques affaires, à un moment, il a appelé son fils aîné en lui disant: "Riri, veux-tu aller me chercher....quelque chose", Riri s'est retourné vers lui et le regardant bien dans les yeux, lui a répondu avec haine: "va le chercher toi-même et en plus, je ne m'appelle pas Riri mais Henri". Ça s'est arrêté là!...
"ADIEU RIRI, SALUT HENRI !"
Et Riri (pardon ! Henri) s'est débrouillé pour ne pas être là quand il faudrait lui dire "au revoir".
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Ven 24 Juin 2011, 14:17

TREIZIÈME PARTIE : Daniel à Liancourt.

......Puis la vie a repris son cours. Henri attendait impatiemment la dernière semaine de vacances qui verrait l'arrivée de Daniel.
......A cause du départ de leur père les vacances ont été un peu plus tristes que d'habitude pour Henri et ses frère et soeur, mais se sont bien passée malgré tout.
......Enfin, le venue de Daniel est arrivée. La maman de Henri, l'ayant réveillé de bonne heure le matin, il a vite fait de prendre son petit déjeuner et de faire sa toilette pour ne pas rater le train qui l’emmènerait à Paris.
......Gare de Liancourt, Paris gare du Nord, puis métro jusqu'à la gare Saint-Lazare et attente impatiente du train arrivant de Caen.
Enfin, le train de Normandie est arrivé, les retrouvailles de Daniel et Henri furent joyeuses sur le quai de la gare. Après les embrassades, ils prirent le métro jusquà la gare de l'Est où, le soir, ils avaient le train pour Liancourt, ils déposèrent les bagages de Daniel à la consigne et partirent pour une petite journée, visiter la capitale dans laquelle Daniel n'était jamais venu.
......Après avoir pris un rafraîchissement dans un des buffets de la gare, Henri et son copain ont repris le métro en direction de Montmartre, ils sont descendu à la station "Abbesses" puis monté la rue des Abbesses jusqu'à la place Saint-Pierre où ils ont pris le funiculaire qui les a emmené sur la butte, petite balade sur la place du Tertre, puis ils sont redescendu par les escaliers jusqu'à la rue Caulaincourt, puis jusqu'à la place Clichy pour prendre le boulevard jusqu'à Barbès en passant par Pigalle et le Moulin-Rouge. Ils sont allé déjeuner dans un petit restaurant, rue de la Goutte d'Or, tenu par un maghrébin, comme tous les commerces de cette rue. Henri se souvient même de ce qu'ils ont mangé, c'était le menu classique dans les petits restos parisiens à l'époque, à savoir; oeuf mayonnaise, seatck frites et une banane, le tout arrosé d'une carafe d'eau, (le patron a eu la gentillesse de nous mettre un peu de grenadine dans nos verres), ils en ont eu, à l'époque, pour 12 francs.
......Aparté: 12 francs, soit environ 1,80 €, pensez vous qu'au moment où ces lignes sont écrites, pour le même prix, ils auraient pu avoir, ne serait-ce que une banane ???
......A l'âge qu'ils avaient, Henri ne savait pas que le "Quartier de la Goutte d'Or" était déjà un quartier assez dangereux, sa maman le leur a dit le soir, mais bon! ils ne leur ai rien arrivé.
......A la sortie du restaurant en direction du Trocadéro, car Daniel voulait, bien sur, voir la Tour Eiffel. ils sont monté au premier étage, puis se sont, ensuite, promené un peu sur le parvis du Trocadéro avant de reprendre le métro en direction de la gare de l'Est. La journée à Paris était terminée. La mère de Henri les a accueillis à Liancourt vers 20 heures.
......La semaine de vacances des deux copains s'est déroulé normalement, mais ensemble, ce qui lui a donné beaucoup plus d'agréments.
......Henri a présenté Daniel à ses copains, puis lui a fait visiter Liancourt et ses environs, Creil, la grande ville toute proche, les bois et aussi les endroits interdits dont surtout les champignonnières dans lesquelles ils pouvaient très facilement se perdre. Quand il était encore scolarisé, avant l'apprentissage, Henri et ses copains allaient dans cet endroit pour prendre (prendre!!! pas voler!!!), des pierres de carbure qui servaient aux ouvriers champignonniste à s'éclairer. Munis de ces pierres et de bouteilles à bouchons mécaniques ils allaient près de la rivière, mettaient, dans les bouteilles, un peu d'eau et quelques morceau de carbure, refermaient vite la bouteille et la lançaient dans l'eau. Bans la bouteille, le carbure au contact de l'eau produisait un gaz, qui, ne pouvant sortir de la bouteille, la faisait exploser, et les copains, sortant de leur cachette de protection, n'avaient plus, à l'aide d'épuisette, qu'à récupérer les poissons, soit morts par les bouts de verre, soit seulement estourbis et ce avant qu'ils ne se réveillent.
......Faisant partie des endroits interdits, il y avait aussi le cimetière où, souvent, les soirs d'orage, on y voyait des "feux-follets", mais, là, Henri se souvient que Daniel n'avait pas aimé y aller.
......Enfin, de sorties en jeux et de jeux en rires, les vacances se sont terminées et les deux amis sont reparti en direction de la Normandie.

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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 08 Sep 2011, 06:03

QUATORZIÈME PARTIE : Dernière année d'école.

......Les deux amis reprirent les trains; Liancourt/Paris et Paris/Caen où ils sont arrivé vers 13 heures. Un frère de Daniel les attendait avec sa voiture pour les emmener chez les parents où ils se sont rafraîchi et changé après avoir déjeuné, puis vers 16/17 heures, ils ont prit le car qui les ramenait à Saint-Gabriel. Ils sont arrivé une heure avant le dîner, ce qui leur laissait le temps de ranger leurs affaires dans le dortoir avant de descendre au réfectoir. Cette fois, ça y était, les vacances étaient belles et bien terminées.
......Le lendemain matin, la vie scolaire du Centre d'Apprentissage Horticole de Saint-Gabriel reprenait son cours normal, à la différence que, Henri et Daniel faisaient des deuxièmes années, non sans une certaine fierté vis à vis des nouveaux qui arrivaient.
......Le travail était tout autre pour eux, à savoir que c'était le même que la première année, avec en plus des cours; d'agronomie, d'arboriculture, de botanique plus poussé et en pratique, ils n'en étaient plus à l'apprentissage du travail de la terre (bêchage, binage, sarclage, etc...), ni à la culture des légumes, mais ils apprenaient le travail dans les serres ainsi que; les boutures, le marcottage ou les greffes. Apprentissage toujours aussi passionnant pour Henri, qui continuait à bien apprendre. Tout se passait pour le mieux pour lui qui continuait, cette fois, à passer, une ou deux fois par mois, le week-end chez Daniel.
......Début décembre, il s'est passé quelque chose qui, apparemment, était une coutume dans l'école mais dont Henri n'avait pas connaissance. Les troisièmes années, ceux qui étaient près à passer le CAP, organisaient une sorte de "bizutage" à l'encontre de ceux qui venaient de passer en deuxième année. Un jour, un dimanche jour où il n'y a plus de profs, ils sont venu chercher Henri, qui n'était pas parti en week-end, et ils l'ont forcé à courir, en slip, autour des serres, plusieurs fois, en traversant, pieds nus, le bassin sur lequel ils avaient cassé la glace. Tout ça, gratuitement, pour rien, uniquement pour s’amuser.
......Les vacances de Noël arrivent, et Henri, comme d'habitude, avec sa plante et en plus un gros rhume, reprend les transports pour Liancourt.
......La maman de Henri, seule pour payer l'école et élever ses deux autres enfants (le père parti ne donnant rien),ne vendait plus de poissons et ne livrait plus de journaux. Entre temps elle s'était fait embaucher à l'usine "Floquet" à Liancourt, où elle travaillait à la chaîne à la fabrication de pistons pour les avions et les voitures.
Quelques temps avant Noël il y a eût, dans l'usine, une grève, probablement pour une question de salaire, grève à laquelle la mère de Henri n'a pas voulu participer, non pas par antipathie envers les grévistes, mais parce qu'elle avait trop besoin d'un salaire pour faire bouillir, tant bien que mal, la marmite. Le midi, à la cantine, elle s'est faite insulter, traiter de jaune ou autre briseuse de grève par ses collègues de travail. Elle est, alors, monté sur une table et a expliqué, non sans larme, dans quelle situation elle se trouvait, les lazzi se sont calmé et le silence est revenu dans la cantine. La veille de Noël, elle a été appelée dans le bureau du directeur, elle s'est dit qu'il lui faudrait sans doute rechercher un autre emploi. Dans le bureau elle était attendu par le directeur, bien sûr, mais aussi par deux délégués syndicaux de l'usine. Ceux-ci ont remis à la maman de Henri une enveloppe contenant le montant de la quête qui avait été faite par tous les grévistes et non grévistes de l'usine à l'initiative des délégués, et le directeur de l'usine lui a remis un colis contenant ce qu'il fallait pour faire un petit repas de Noël amélioré en famille (pâté, poulet, boite de marron en sauce, fromage, gâteau et une bouteille de mousseux). N'étant pas fortunée, la maman a fait un semblant d'arbre de Noël avec des branches de sapins ramassées sur le marché et décorées avec du papier, argent et doré, de chocolat et quelques boules qui lui restaient. Henri, sa soeur et son frère n'ont pas eût, comme d'habitude, un cadeau chacun mais leur mère avait acheté un jeu de "1000 bornes", et ils ont passé un bon Noël, quand même, à part le fait que Henri n'a pas tellement apprécié que leur père n'ait rien envoyé, ni fait un geste pour cette fête, ne serait-ce que pour son frère et sa soeur qui n'avaient que 11 et 13 ans.
......Les vacances terminées, Henri a reprit la route pour la Normandie, reposé mais toujours enrhumé, suite sans doute à son bizutage.
......Les journées ont repris leur cours normalement sauf que malgré les médicaments, le rhume de Henri s'est transformé en bronchite et quelques temps après en forte crise d'asthme qui a obligé Henri, sur ordre du médecin à resté au lit environ 1 mois. Malgré les cahiers et les résumés des cours qui lui étaient apporté par ses camarades, Henri avait du mal à suivre. Une fois guéri, Henri a repris les cours tant bien que mal et, malgré ses efforts, il avait du mal à rattraper le temps perdu. Puis arrivèrent les vacances de Pâques que Henri passa, bien entendu, chez lui à Liancourt.
......Un jour, dans la soirée, un voisin ami a frappé à la porte, il tenait une lettre qu'il a remise à la maman en lui disant "Je suis avec les messieurs". Après avoir regardé la lettre, et pendant que 2 personnes entraient dans la maison, elle demanda à ses 3 enfants de monter dans leur chambre, ce qu'ils ont fait autant intrigué et apeuré l'un que l'autre.
......De la chambre, à l'étage, ils entendaient bien parler, mais ne comprenaient pas ce qui se disait. Au bout d'un moment, n'y tenant plus, Henri demande à ses frère et soeur de rester dans la chambre et descend pour comprendre ce qu'il se passe en bas. Il arrive dans la pièce alors que sa mère était en train de dire à l'un de ses interlocuteurs que, justement, son fils aîné faisait des études d'horticulture. Comme Henri était dans la salle toujours aussi intrigué, sa maman lui explique que lasse d'être seule à son âge (elle n'avait que 42 ou 43 ans), pour élever ses 2 enfants et payer l'école, elle avait passé (ou répondu, Henri ne se souvient pas) à une petite annonce et qu'un de ces messieurs (venu avec un ami), était là pour la rencontrer. D'après ce que cet homme disait il était agriculteur, c'était un italien originaire de la Vallée d'Aoste, veuf avec 2 grands enfants et apparemment il avait l'air gentil. Il demeurait à Vallangoujard, petite commune près de Pontoise en Seine et Oise (à l'époque, aujourd'hui c'est le Val d'Oise).
......Henri n'avait rien contre le fait que sa maman retrouve un compagnon, si elle était heureuse et il se rendait compte que sa maman et ce monsieur avaient l'air de bien s'entendre.
......Fin des vacances et retour au centre. Rien à dire sur la période de Pâques aux grandes vacances qui s'est passé normalement, cours pratiques et cours théoriques entrecoupés de week-end à l'école ou chez Daniel. Au cours de cette période, Henri a reçu une lettre de sa mère lui annonçant que pendant les vacances d'été, la famille quitterait Liancourt pour s'installer chez Pierre, son ami agriculteur italien.
......Puis est arrivé l'examen de fin d'année que Henri à lamentablement raté, il ne passera pas en troisième année, il est redoublant. Ce "ratage" est probablement d^à la période pendant laquelle il a été souffrant, et où il a manqué un bon mois de cours, tant pratiques que théoriques. Il lui faudra un an d'école en plus pour espérer obtenir le CAP.
......C'est donc déçu et triste que Henri a prit le chemin de Liancourt, dans le train, il a eût le temps de réfléchir et arrivé chez lui, c'est en pleurs qu'il a dit à sa mère qu'il avait décidé de ne pas retourner à l'école et qu'il souhaitait travailler. Après une courte réflexion, sa maman lui a répondu qu'elle était d'accord puisque c'était son choix et qu'en plus cela l'arrangeait financièrement.
......Au courant de l'été, ils ont déménagé et ont quitté Liancourt pour Vallangoujard. Mais à l'arrivé; première petite déception; Henri s'était fait un peu de cinéma en pensant qu'avec ses deux années d'horticulture il pourrait aider et travailler dans l'agriculture avec son "beau-père". Mais, hélas, si Pierre était très gentil et si la mère de Henri l'aimait bien, il n'était pas du tout agriculteur. Le gros agriculteur du village était le maire et Pierre n'était que son vacher. Deuxième déception pour Henri, Pierre avait, donc, deux fils; le plus jeune, Ernest, devait avoir 15 ou 16 ans aidait son père, c'était une force de la nature, mais il était légèrement défiscient mental. Son frère, Gilbert, 19 ou 20 ans, toujours très élégant ne travaillait pas et vivait de magouilles et de rapines.
......L'entrée dans la vie active commençait très mal pour Henri.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 08 Sep 2011, 13:41

QUINZIÈME PARTIE : Nouvelle vie.

......Difficile, pour Henri, de s'intégrer à Vallangoujard, en effet, il est né et a vécu 12 ans à Paris, ensuite à Liancourt qui était une belle petite ville où il y avait tout pour les jeunes, commerces, sport, cinéma, etc.. alors que Vallangoujard n'est qu'un petit village; l'église, l'école-Mairie, un petit bar-tabac, un petit hôtel-restaurant tenu par une vieille dame et toujours vide, une usine de charcuterie connue; "Les salaisons du Vexin" et au croisement des 2 seules grandes routes du village; "Le Beauséjour", un hôtel-restaurant-routier faisant aussi pompes à essence, épicerie, dépôt de pain, gaz et journaux. Et puis enfin, des fermes, des fermes et des fermes. Les habitants de ce village travaillaient, soit aux salaisons, soit comme commis de ferme.
......Arrivant de la ville et n'ayant plus de copain ou même de simple connaissance, Henri était complètement perdu et augurait mal de son avenir. Au moins à Liancourt, il y avait le ciné, une fois par semaine, il y avait la gymnastique et surtout il y avait ses copains et copines.
......Les premiers jours de son arrivé dans ce village, il fallait s'installer et tenter de prendre ses marques dans cet univers inconnu, cela a déjà pris quelques temps pour ne pas qu'il pense à ses déboires. Ensuite Henri allait se promener dans le village pour essayer de connaître, mais cela ne durait jamais longtemps, il n'y avait vraiment rien d’intéressant à voir ou à découvrir, il se souvient que, pour lui, c'était une époque tès triste.
......Henri en voulait, un peu, à l'ami de sa mère de n'être que vacher et non agriculteur comme il l'avait laissé entendre, mais cela était compensé par sa gentillesse, Pierre faisait tout son possible pour être accepté par Henri, sa soeur et son frère, car, en ce qui concernait leur mère il n'y avait aucun problème. En parlant avec sa maman de Pierre et surtout de son mensonge concernant sa profession, elle a répondu à son fils que Pierre était très gentil, et qu'il avait eu à moitié tort de se présenter ainsi, car sil il avait dit "vacher" tout de suite, elle n'aurait donné aucune suite à cette relation et de ce fait, serait peut-être passé à coté du bonheur qu'elle espérait. Henri n'a plus jamais parlé de ça avec sa mère.
......Henri commençait à se demander ce que lui-même, allait devenir, il était bien jeune pour entrer en usine et il ne souhaitait, surtout, pas travailler dans une ferme.
......Puis le temps a passé, jusqu'au jour où la mère de Henri a prit le car pour Pontoise, un matin, sans dire ce qu'elle allait y faire. Inquiet, Henri a attendu jusqu'aux environs de midi, heure à laquelle elle est revenue, elle avait un large sourire quand ses enfants l'ont accueilli. Elle s'est mise à faire la cuisine pour le repas et quand Henri lui a demandé où elle avait été, elle a répondu, toujours souriante, "on en parlera après déjeuner". C'est donc avec impatience que Henri a attendu la fin de ce repas.
......Après avoir débarrassé la table, la maman pria Henri de s'asseoir avec elle et elle lui expliqua que, deux ou trois jours avant, elle avait lu, dans le journal, une petite annonce d'un horticulteur de Pontoise qui recherchait un jeune ouvrier horticole, de préférence sortant d'une école d'apprentissage. Elle a aussitôt appelé et pris rendez-vous avec l'horticulteur. Le sourire qu'elle avait au retour était dû au fait que quelques jours plus tard, le premier septembre, Henri commençait comme ouvrier chez" Brunet horticulture" 7 rue Eric de Martimprey à Pontoise. Ce fut la fête à la maison et le soir la famille a ouvert une bouteille de mousseux achetée pour l'occasion.
...... Ça y était, finies les longues journées à s'ennuyer. Henri avait un travail dans ce qu'il souhaitait faire, il allait continuer à apprendre son métier malgré son manque de CAP, mais surtout, il allait avoir un salaire et pourrait aider sa mère financièrement.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Ven 16 Sep 2011, 06:36

SEIZIÈME PARTIE : Henri travaille.

......Premier septembre, ça y est, c'est le grand jour. Henri et sa mère prennent le car, tôt le matin, en direction de Pontoise. Dans son sac sa maman a mis; un pantalon et une veste bleu de travail neufs, une nouvelle paire de bottes, ainsi qu'une gamelle pour le déjeuner, à la demande du patron car les employés n'étaient pas nourri.
......Ils sont arrivé, à l'heure, chez l'horticulteur qui les a accueilli en compagnie de son épouse. Dans un premier temps le patron, Henri et sa maman ont discuté des conditions de travail, du contrat et du salaire. Quand tout le monde a été d'accord, Monsieur Brunet leur a fait visiter l'exploitation; grand terrain avec des châssis, deux serres, des plantes qui commençaient à pousser, d'autres, fleuries ou non, prêtes à être vendues, un hangar avec le matériel et un local avec en sous-sol deux chaudières à bois et à charbon pour le chauffage des serres et de l'habitation des propriétaires. Ensuite, le patron leur a présenté le personnel, il y avait là, Robert le contremaître, Bernard, environ 18 ans, qui avait apprit son métier chez Monsieur brunet, sans passer par l'école et qui était atteint d'une forme légère de myopathie, puis deux ouvriers, entre 50 et 60 ans qui faisaient office de manœuvres plus que d'ouvriers spécialisés et, enfin, Charline, jeune fille qui était l'employé de maison des Brunet.
......Une fois tout cela terminé, la maman de Henri est reparti à Vallangoujard, le laissant à son sort.
......Dans son travail, Henri a pu apprendre, grâce à tout ce monde, à faire en pratique ce qu'il n'avait apprit, à l'école, qu'en théorie. Le patron ainsi que ses nouveaux collègues étaient très gentils avec lui, et l'un comme l'autre, lui expliquait patiemment ce qu'il devait faire et aussi les erreurs qu'il faisait.
......Le matin, vers 10 heures, tout le monde faisait la pose et cassait la croûte, en effet, si le patron ne nourrissait pas ses employés à midi, en revanche, à dix heures, sa femme et Charline préparaient des sandwichs pour tous avec eau, vin ou cidre et un café. L'hiver, elles préparaient un grand faitout de vin chaud aromatisé à l'orange et à la cannelle, et celui-ci était vraiment le bienvenu quand les ouvriers étaient dehors depuis 7 ou 8 heures du matin.
...... Henri se souvient qu'il avait un salaire mensuel de 365 francs, et que le premier mois, tout content il a acheté un petit cadeau à sa mère et à son "beau-père" avant de rentrer, heureuse sa maman lui a fait promettre de ne pas faire ça tous les mois, ce qu'il a promis volontier.
......A l'époque à laquelle Henri a commencé, il a appris à s'occuper des chrysanthèmes, c'est une plante qui demande beaucoup de travail et de soins, jour après jour, Henri pensait que cela justifiait le prix élevé de ces plantes début novembre. Ensuite, est arrivé la période de Noël. Un peu avant, le patron avait emmené les employés, en camionnette, sur un grand terrain qu'il possédait à quelques kilomètres et pour la première fois Henri voyait une pépinière de sapins. Monsieur Brunet et les deux manœuvres se sont mis à couper les sapins tandis que Bernard et Henri les rangeaient dans le véhicule. Une fois de retour, les arbres étaient sortis de la camionnette et entreposés dans le hangar, et là, commençait le travail de préparation des sapins pour les fêtes. Il fallait enlever les branches du bas pour faire le pied, nettoyer celles qui étaient cassées ou mortes pour, enfin, les resserrer contre le tronc et les attacher, mais il y avait aussi une autre préparation qui ne plaisait pas trop à Henri, il fallait prendre les petits sapins et blanchir les branches, style neige, avec des bombes aérosols générant des particules volatiles et des odeur qu'il avait du mal à supporter.
......Henri travaillait de 8 heures à 17 heures moins le temps du déjeuner. La journée terminée il lui fallait environ 1/4 d'heure/20 minutes, à pieds, pour aller au centre de Pontoise, où il attendait encore près 1/4 d'heure pour prendre le car qui l'emmenait chez lui. Sur son chemin, un soir, il s'est aperçu qu'il pouvait couper par une petite rue, ce qui lui faisait gagner 5 bonnes minutes, ce qui lui permettait de bavarder plus longtemps avec Geneviève, vendeuse-fleuriste sur la place de la gare, avec qui il avait lié amitié (Henri regrettait qu'elle ait 19 ans alors que lui en avait à peine 16), et aussi avec la marchande qui tenait une baraque de crêpes, gaufres et frites-saucisses à coté de la fleuriste.
......Dans la petite rue, il y avait une petite boulangerie tenue par une dame alsacienne, un soir, en passant devant la vitrine, Henri y a vu une magnifique tarte aux pommes vendue à la part, il est entré et en a acheté, il l'a trouvé tellement bonne que, dés ce jour, tous les soirs il se payait sa tarte aux pommes, si bien qu'au bout d'un moment, le samedi, la boulangère lui donnait deux parts l'une sur l'autre pour le prix d'une.
......Au début du printemps, Henri est tombé malade, il a fait une forte crise d'asthme qui l'a obligé à s'arrêter et à être hospitalisé près de trois semaines. Une fois guéri c'est avec joie qu'il a reprit son travail.
......Le dimanche, l'entreprise était fermé, mais il y avait toujours un permanence. Le contrat de travail de Henri, stipulait qu'il irait un dimanche sur quatre faire la permanence moyennant une petite prime supplémentaire. Il y avait donc à tour de rôle, un dimanche sur quatre; le patron, puis Robert le contremaître, Bernard et Henri.
......Le travail, le dimanche, n'était pas compliqué. Henri y allait vers 10 heures du matin, pour arroser et ouvrir les châssis et les serres, si besoin était, ce qui le menait vers midi, puis après avoir mangé, sur place, le sandwich qu'il avait apporté ou s'être régalé d'une saucisse-frites place de la gare, il allait au cinéma. La séance terminée il retournait pour, encore arroser, refermer les châssis et les serres, puis descendre au sous-sol pour recharger la chaudière. Enfin, vers 17 heures, après avoir tout refermer, il rentrait à Vallangoujard.
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