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 L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!

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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mer 21 Sep 2011, 13:02

DIX-SEPTIÈME PARTIE : Vallangoujard.

......Que faire, les jours de repos, dans ce petit village où il n'y avait rien ?
......Bien sur, de temps en temps, le dimanche Henri prenait le car, après déjeuner, et allait au cinéma à Pontoise, quelques fois il emmenait sa soeur et son frère mais le plus souvent il était seul. En sortant du cinéma, Henri reprenait le car pour rentrer chez lui, où il se retrouvait sans copain et à cette époque, il souffrait en silence de cette solitude. C'est vrai qu'à 16 ou 17 ans, même si il travaillait la semaine, il avait besoin d'avoir quelques amis avec qui, discuter, se promener ou rire ensemble pour passer le temps. Ce temps qui n'en finissait pas dans ce village si calme.
......Bien sur, il y avait Ernest, dit Nénesse, avec qui il parlait, mais celui-ci étant un peu attardé n'avait pas de discussion très intéressante. Henri passait, hélas, une bonne partie de ses journées avec Nénesse à essayer de l'aider à nettoyer l'étable ou la cour, un jour même il a tenter de traire une vache, et bien que son oncle Pierre lui avait apprit à traire quand il avait 7 ans, 10 ans après ce fut un désastre. La cour étant complètement pavée, il n'y avait même pas de jardin, sinon un petit bout de terre où Pierre avait mit quelques salades et des pensées, où Henri aurait pu passer le temps à bêcher et à jardiner. Non, c'était le calme plat.
......Par l'intermédiaire de Pierre et de Nénesse, Henri a fait la connaissance de deux ou trois garçons de ferme âgés de 2 ou 3 ans de plus que lui. Ceux-ci étaient gentils et le dimanche Henri était souvent avec eux. Ils allaient au "Beauséjour", le bar-hôtel-restaurant, autour d'une table où ils buvaient un verre en jouant à la belote ou au 4.2.1 tout l'après-midi, ou en discutant de choses et d'autres. C'est vrai que si eux n'avaient pas grand-chose à raconter, en revanche, le petit parisien les intéressait en leur racontant la capitale où ils n'étaient jamais allé alors qu'elle n'était qu'à une cinquantaine de kilomètres de Vallangoujard.
......L'établissement "le Beauséjour" était tenu par un couple, lui n'était là que le matin jusqu'après de déjeuner et le soir pour le dîner et jusqu'à la fermeture, car il était aussi propriétaire d'une petite entreprise de laverie-blanchisserie pour les bars, restaurants et garages de Pontoise et de la région. Le reste du temps c'était sa femme qui tenait le restaurant seule. ce commerce, comme il a déjà été dit, comprenait un hôtel-bar-restaurant, avec le panonceau "Les routiers", une épicerie faisant aussi dépôt de pains, journaux et bouteilles de gaz et une pompe à essence. Derrière il y avait une grande cour avec un bâtiment en L comprenant le logement d'habitation des patrons, un hangar, une grande salle pleine d'objets hétéroclites dont des machines dont tout le monde ignorait l'usage et un garage de mécanique désaffecté empli de vieux outils. Derrière se trouvait un grand jardin en friches. Devant l'hôtel, de l'autre coté de la route un grand parking réservé aux clients. La patronne avait bien du mal à s'occuper de tout cela toute seule, il lui fallait laisser le bar quand elle servait de l'essence ou qu'elle était à l'épicerie. Henri a parlé de cela avec sa mère et comme celle-ci s'ennuyait aussi à la maison, elle est allé, un soir, demander au patron si il n'aurait pas besoin de quelqu'un pour aider au service ou à la cuisine. Le patron a tout de suite été intéressé et a embauché la maman de Henri. Elle y faisait le ménage dans l'hôtel et la salle et la cuisine, puis de temps en temps elle servait au bar après avoir été initiée par la patronne, quand celle-ci était occupée ailleurs.
......Au fil du temps, la maman de Henri a servi de plus en plus au bar ou à l'épicerie, cela s'est fait presque machinalement. En effet, les patrons étaient très gentils et payaient bien, mais lui, n'étant jamais là l'après-midi, elle a été obligée de suppléer la patronne, sans en informer son mari, car celle-ci était alcoolique, et, souvent, le soir elle ne tenait pratiquement plus debout. Henri le savait, car du fait d'y aller tous les dimanches avec ses copains, il l'avait déjà vu, à genoux derrière le comptoir, à boire de l'alcool ou du vin à même le goulot et il regrettait de n'avoir rien dit à sa mère.
......Un jour, le patron est rentré plus tôt. Il a été surpris de trouver la maman de Henri, seule à faire le travail, et a trouvé sa femme affalée, sur une chaise dans la cuisine, complètement ivre. Après une forte scène de ménage il a décidé de divorcer. La maman de Henri commençait à se dire que son travail et le revenu qui allait avec étaient terminé pour elle et qu'il allait falloir qu'elle retrouve un autre boulot. Le lendemain, arrivée à l'hôtel elle n'y a vu que le patron, celui-ci avait, apparemment décidé de laisser momentanément sa blanchisserie sous les ordres de son contre-maître et de s'occuper du "Beauséjour" avec son employée. Dans l'après-midi, profitant d'un petit moment de calme, il a dit à la mère de Henri qu'il désirait lui parler, celle-ci persuadé qu'il allait la licencier, s'est assise à une table avec lui. En fait, non seulement il ne voulait pas la renvoyer, mais il lui a dit que, bien qu'il divorçait, il n'avait pas du tout l'intention de se séparer de l'hôtel et a demandé si elle serait d'accord pour en prendre la gérance. Après discutions sur les conditions, l'affaire fut faite et la maman de Henri deviendrait gérante deux ou trois mois plus tard. Pendant ce temps, elle était seule avec le patron qui lui expliquait tout ce qu'il y avait à savoir sur le travail, à l'épicerie et surtout à la pompe à essence.
......Une petite anecdote concernant le divorce des patrons; Ceux-ci, étant mariés sous le régime de la communauté, la femme a, bien évidemment revendiqué son droit à la moitié de ce qui se trouvait dans l'appartement. A cette époque, elle avait été faire un séjour à l'hôpital pour "delirium". Quand elle est rentré, dans la cour, derrière l'hôtel, il y avait deux tas de bois, chaque tas étant composé de demi-chaises, d'une demi-table, d'un demi-lit et d'autres moitiés de différends meubles. Son mari avait eut la patience, une nuit, de scier tous les meubles communs en deux parts égales. A l'époque, cette aventure avait fait du bruit et surtout bien rire la village et ses environs.
......Puis, enfin, la maman de Henri est devenue patronne du "Beauséjour", sachant que toute seule elle aurait du mal, le propriétaire a embauché la maman d'un copain d'école du frère de Henri, en assurant de la payer quelques temps lui-même jusqu'à ce que la gérante puisse le faire.
......Rien n'était évident, car, à part Henri et ses copains, quelques vachers ou valets de ferme du coin et de temps en temps un camionneur ou un client de passage, il n'y avait pas beaucoup de client, heureusement qu'il y avait l'épicerie et la pompe à essence. C'est état de fait étant probablement du à l'attitude de l'ancienne patronne.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Ven 04 Nov 2011, 13:26

DIX-HUITIEME PARTIE : Le "Beauséjour".
......Il fallait, par tous les moyens, faire tourner le commerce afin que la famille vive dessus correctement, mais surtout pour que le propriétaire ne change pas d'avis. La maman de Henri voulait à tout prix montrer qu'elle en était capable et cherchait tous les moyens pour y arriver...mais cela n'était pas une mince affaire.
......Pourtant cela s'est mit à tourner, petit à petit, mais pas sans travail ni sacrifice du temps. Il a d'abord fallu nettoyer tout le commerce qui était vieux et pas très bien entretenu, l'épicerie, même, n'avait pas vu de serpillière depuis un bon moment, et si il y avait quelques clients du village, c'était plus par nécessité que par plaisir. Elle a été nettoyée et des rideaux mis aux fenêtres, ainsi que dans le restaurant. Les chambres de l'hôtel ont aussi été rafraîchies et arrangées. En quelques jours, les lieux avaient repris un air de jeunesse.
......Pour tout cela, la maman de Henri était aidée par ses enfants, dans la mesure de leurs moyens, par l'employée qui était payée par le propriétaire et par une ou deux dames de bonne volonté avec lesquelles elle avait liée connaissance et avec qui elle était devenue amie. Henri, pendant ce temps, quand il ne travaillait pas, ou quand il rentrait du travail de son mieux pour tenter de désherber et rendre au jardin sa destination première, car de jardin, il n'avait que le nom, cela n'était que ronces, chiendents et autres mauvaises herbes. Ce jardin était grand avec au centre un grand tilleul.
......Dans un premier temps, la mère de Henri a prit des rendez-vous avec nombre de représentants pour réapprovisionner le restaurant, l'épicerie, le bar, la cave, puis pour faire un dépôt de presse un peu plus important que le simple journal du jour, elle a fait aussi quelques démarches auprès des boulangers de Pontoise pour en trouver un susceptible de lui livrer tous les jours, du pain et quelques viennoiseries. Ensuite auprès des fournisseurs de bouteilles de gaz et enfin près des carburants "Avia" pour l'essence.
......L'hôtel-restaurant "Le Beauséjour" bénéficiait, comme il a déjà été dit, du panonceau rouge et bleu des "Routiers". L'hôtel comprenait 7 ou 8 chambres, la salle de restaurant était assez grande, environ une quarantaine de places avec un petit bar qui était, grâce aux fermiers du coin, plus souvent plein que le resto, l'épicerie et derrière une grande cuisine ouverte sur le restaurant et derrière sur une cour.
......L'établissement avait 2 ou 3 siècle d'existence, c'est pourquoi, dans cette cour il y avait, outre la maison d'habitation, un grand porche avec derrière une écurie puis une autre cour où on rangeait les diligences ou autres voitures hippomobiles, car ce qui était le "Routier", était autrefois une sorte de "relais de postes".
......Sur le coté du commerce, le poste d'essences, à l'époque il y avait 3 pompes, une pour le carburant ordinaire des voitures, une pour le gasoil des tracteurs et autres engins agricoles et une pompe à main pour le mélange des cyclomoteurs. Derrière les pompes, à l'entrée de la première cour, un atelier de mécanique abandonné avec encore, à l'intérieur, des outils de mécanicien qui n'avaient plus servi depuis longtemps.
......Enfin, derrière ce garage, une grande salle, d'environ 20 mètres sur 10, pleine d'objets hétéroclites qui l'encombraient. Il y avait des tables ou des chaises cassées, des ferrailles, des vieux pneus et surtout des machines-outils dont personne ne connaissait la fonction, ainsi que des rouleaux d'une sorte d'ouate synthétique tout aussi inconnus. La famille ne l'a su que plus tard, par des vieux habitants du village. En fait, bien avant la venue du propriétaire, avait été louée à une petite société qui fabriquait des épaulettes que l'on posait , en général, dans les épaules des costumes masculins ou féminins. Cette entreprise avait fait faillite, les patrons avaient disparu et le matériel est resté plus de 20 ans dans cette salle. Voici terminée, la présentation des lieux.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Sam 05 Nov 2011, 10:45

DIX-NEUVIÈME PARTIE : La renaissance.

......Comme il a déjà été dit, la fréquentation de l'hôtel était vraiment nulle, de temps en temps, un ou deux touristes, quelques promeneurs ou des représentants de commerce, qui étaient sur la route allant, d'un coté vers Beauvais, le Nord et la Belgique et de l'autre coté vers Rouen ou Le Havre, si bien que la maman de Henri faisait la cuisine au "coup par coup", sans prévoir de plat du jour régulier. Sur la route citée plus haut, beaucoup de camion passaient, mais, malheureusement, ils ne faisaient que passer.
......Quant à l'hôtel, à part quelques rares fois, où venaient dans l'après-midi en fin de semaine, un ou deux couples (plus ou moins légitimes), les chambres restaient vides. La mère de Henri commençait à désespérer en se demandant si elle n'avait pas fait une bêtise en acceptant cette gérance.
......D'autant plus que Pierre, son compagnon, avait démissionné de sa place de vacher, soit-disant pour aider, mais il en était incapable, Henri pensait qu'à part traire les vaches et changer les litières, Pierre n'était pas bon à grand-chose, et il n'a pas tardé à s'apercevoir qu'il n'avait pas tort. En effet, dans la région, les employés de ferme étaient en majorité, comme Pierre, des italiens de la vallée d'Aoste. Pierre, se croyant le patron du bar, les invitait assez souvent, ils rigolaient, discutaient, jouaient aux cartes, buvaient, quelques fois mangeaient, mais ils ne payaient jamais, ce qui n'était pas fait pour arranger les choses, mais la maman de Henri supportait et essayait de faire de son mieux pour faire tourner le commerce.
......Un jour, vers midi, deux petits camions se sont garés sur le parking, trois hommes en sont descendu, sont entrés au "Beauséjour" et ont demandé si ils pouvaient déjeuner. Bien sûr, la mère de Henri les a installés et leur a préparé un bon repas, après leur avoir offert l'apéritif. Ces hommes sont repartis en disant qu'ils avaient été satisfaits et qu'ils reviendraient quand ils passeraient par là. La mère de Henri était très contente, mais ne se faisait pas beaucoup d'illusions.
......Elle avait tort, car, non seulement, ces routiers sont revenus, mais ils ont parlé autour d'eux et du jour au lendemain, la semaine, il s'en fallait de peu pour que certains jours le restaurant refuse du monde, par manque de stock. Les camions qui, avant, passaient devant, s'arrêtaient tant bien que mal car le parking n'était pas immense, et tous se donnaient le mot pour déjeuner ou dîner au "Beauséjour".
......L'épicerie avec le pain et les journaux attirait aussi la clientèle du village ou des hameaux alentours, depuis qu'elle avait été nettoyée et les étagères regarnies.
......Le sourire était revenu dans la famille, et même si, malheureusement, l'hôtel ne marchait toujours pas, le reste du commerce commençait à donner ses fruits. cette fois, tout était prévu pour offrir au restaurant, en dehors des classiques steaks-frites et omelettes-salade, un plat différend chaque jour. Enfin, tout allait pour le mieux, si ce n'était les amis de Pierre qui ne payaient toujours pas quand ils venaient.
......Il y avait, à Vallangoujard, un mécanicien prénommé Georges, et donc Jojo pour tout le monde. Il ne travaillait pas dans un atelier mais se déplaçait avec sa caisse à outils, quand on faisait appel à lui. La nuit il dormait sur un grabat dans la baraque d'une vieille femme qui l'hébergeait contre quelques menus travaux de jardinage, de bricolage ou pour les commissions.
......Un jour, Jojo, venu boire un coup au bar, demanda si il pouvait venir mettre une voiture dans la cour afin de pouvoir la réparer à l'aise, la maman de Henri, lui a répondu qu'il n'y avait aucun problème et en a profité pour l'accompagner dans le vieil atelier de mécanique pour voir si quelques choses l’intéressaient. A part quelques outils à main qui étaouillés et inutilisables, il s'est rendu compte que certaines machines fonctionnaient encore et pouvaient servir après un bon nettoyage, qu'il y avait un établi et aussi une fosse, à défaut de pont élévateur. Il à demandé s'il pouvait faire du rangement, remettre les machines en état et s'installer dans le garage, tant pour y travailler que pour y dormir, contre un petit loyer. Après avoir discuté de cela ensemble, la mère de Henri et Jojo ont convenu que Jojo travaillerait dans le garage contre un petit loyer permettant de participer à l'électricité fournie pour les machines et la lumière dans le local, mais qu'en plus, il prenait la responsabilité du poste à essence et des bouteilles de gaz, tant pour la distribution que pour les commandes de réapprovisionnement, en échange, il serait nourri et logé dans une des chambres d'hôtel.
......L'affaire commençait réellement à prendre tournure, la maman de Henri était contente. Voyant cela, le propriétaire est venu la voir pour confirmation de la prise de gérance, pour le loyer qu'il souhaitait recevoir chaque mois et pour, à la demande de la nouvelle gérante, arrêté de payer la dame de service, désormais, ce serait la maman de Henri qui la rétribuerait.
......Vers les mois de janvier ou février (Henri ne se souvient pas), c'était la fête à Vallangoujard. Bien sûr, pas une grande fête foraine style "Foire du trône", non, sur le parking étaient installés; un manège, une baraque de loterie, une de tir à la carabine, une de confiseries et une petite de "pêche aux canards" pour les enfants et dans un champ à 150 ou 200 mètres plus loin, les "autos tamponneuses".
......Quelques temps avant cette fête, Pierre, pour un fois, a eu une idée. Il a pensé que la grande salle pleine de fouillis pourrait faire une belle salle de bal. l'idée a germée et mûrie et après avoir eu l'autorisation de la mairie, la famille et les amis ont travaillé d'arrache-pied au nettoyage de la salle. Dans un premier temps ils ont fait enlevé les machines qui ne servaient à rien, puis ils ont emporté tout le reste à la décharge. Ensuite, grand nettoyage, décapage, lavage et cirage du parquet. une fois terminé, il a fallu s'inquiéter de trouver un orchestre. C'est encore Pierre qui savait comment faire. Le fils d'un vacher italien d'un autre village était accordéoniste, il avait, avec des amis musiciens, une guitare, une basse, un saxo et un batterie, monté un petit orchestre et ils faisaient les bals des samedis soir dans les communes environnantes. Après discussion concernant les tarifs, l'affaire fut faite "gratuitement", mais il fallait leur installer une estrade. Tant et si bien que le jour de la fête, Vallangoujard voyait son premier bal.
......Ce jour là tout le monde a mit la main à la pâte, le bar était plein et devant l'atelier de mécanique, avaient été posée des planches sur des tréteaux où étaient vendu des sandwichs et des boissons non alcoolisées. Les musiciens ont joué de 22h à 2heures du matin. Tout le monde était heureux. Quand la fête a éteint ses lumières et que tous les gens sont partis, toute la famille ainsi que Jojo, la serveuse et les amis qui ont aidé, sont allé se coucher sans demander leur reste, décidant que le rangement serait fait le lendemain dimanche. Henri a aidé au nettoyage et au rangement le dimanche matin puis est allé se recoucher l'après-midi pour être sur d'être en forme pour retourner au boulot le lendemain.
......Puis le travail a reprit normalement, comme avant la fête, pour tout le monde. La maman de Henri au resto et à l'épicerie, Jojo au garage et à l'essence, le frère et la soeur de Henri à l'école et Henri, tout les matins, prenait son car pou Pontoise.
......Seul Pierre n'a rien fait le matin, il se sentait malade et est monté se coucher, en fait il avait une petite grippe. Cela peut arriver à tout le monde, c'est vrai, mais Pierre au bout d'une semaine était toujours alité et la maman de Henri lui montait ses repas au lit tous les jours.
......A cause de sa "maladie", Pierre dormait dans une chambre et la maman de Henri dans une autre. Une semaine s'est encore passée, qu'il n'était toujours pas levé, apparemment, il avait décidé que c'était, pour lui, la belle vie. La mère de Henri, un jour, s'est mise en colère, elle ne pouvait plus supporter ça, elle est monté voir Pierre et l'a menacé de le mettre à la porte, si il ne se trouvait pas du travail rapidement. Il a très vite compris et a eut peur car, sachant qu'en démissionnant il avait , aussi, perdu son logement, il s'est vite levé (guérison plus rapide qu'à Lourdes), et deux jours après commençait dans une entreprise de bâtiment comme aide-maçon.
......A partir de ce moment, la vie à reprit un cours normal.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Dim 06 Nov 2011, 09:02

VINGTIÈME PARTIE : Henri quitte l'horticulture.

......A partir de ce moment là, la vie a reprit un cours normal.
......Cela faisait plus d'un an qu'Henri travaillait comme ouvrier horticole à Pontoise, c'était assez dur, mais il aimait ça. Le printemps est arrivé, Henri donnant presque intégralement son salaire à sa mère et pour se faire un peu d'argent de poche, eut l'idée, le 30 avril, d'acheter à son patron, deux gros bouquets d'environ 100 brins de muguet chacun et le lendemain, premier mai, comme il ne travaillait pas, il s'est levé tôt le matin et après son petit déjeuner, seul à une table du restaurant fermé, il a minutieusement confectionné des petits bouquets de 2, 3 ou 4 brins de muguet. Il avait presque fini les deux gros bouquets quand sa maman à ouvert le bar et l'épicerie. Après avoir aidé Jojo pour l'ouverture des pompes à essence, il a installé une petite table avec une chaise à l'entrée de la piste et a vendu ses brins de muguet, tant au gens du village qu'aux voitures qui faisaient de l'essence ou aux clients du resto, toute la journée. Apparemment, pour Henri, le printemps commençait bien. Mais, malheureusement, ce n'était "qu'apparemment".
......Quelques jours après le premier mai, Henri fût pris d'une forte crise d'asthme et a été hospitalisé une semaine à Pontoise, puis, de retour, il a reprit son travail, mais seulement 3 ou 4 jours car, aussitôt, il est retombé en crise, il allait quand même travailler, mais ne faisait pas grand chose car il était souvent obligé de s'arrêter, il ne cessait de tousser et d'étouffer. Enfi, après un autre arrêt d'une semaine, son patron a appelé la mère d'Henri pour lui dire qu'il était désolé, mais qu'il ne pouvait pas continuer à employer son fils. Du jour au lendemain, à cause de sa maladie de naissance, Henri s'est retrouvé sans emploi. A cause de l'asthme, Henri avait dû quitter l'école d'apprentissage et maintenant, il n'avait plus de travail.
......Entre temps, Pierre avait quitté sa place de maçon, il n'était pas assez fort et ne suivait pas, et il se retrouvait lui aussi sans boulot. Par des clients du restaurant, la maman de h'enri a apprit que l'usine de charcuterie de Vallangoujard, les "Salaisons du Vexin" recherchait du personnel. Pierre et Henri y sont allé et ont, tout de suite été embauchés. Le lendemain matin, ils sont arrivés et on leur a attribué chacun une place. Aussitôt, Henri a reçu deux grandes tabliers blancs, l'un, plié en quatre dans la longueur qu'il devait mettre derrière et l'autre devant, allant de la taille aux pieds, eux-mêmes chaussés de bottes.
......Le travail de Henri consistait à aller chercher, dans la chambre froide, des jambons crus, déjà salé qui trempaient dans la saumure, puis les apporter sur une grande table où il les désossait. C'était nouveau pour lui, et il se débrouillait pas mal, malheureusement, si il désossait bien, il n'arrivait pas à avoir la rapidité de ses collègues, et cela faisait perdre du temps à ceux qui attendaient les jambons désossés pour continuer la cha^ne de transformation. De ce fait, Henri a été posté à la salaison des jambons, ce qui signifie qu'il passait sa journée à piquer les jambons à l'aide d'une grande aiguille fixée à un tuyau, mais ceci se faisait du matin au soir dans la chambre froide, ce qui n'arrangeait pas sa santé. D'autant plus que les anciens, qui faisaient le même travail, avaient droit à un gilet molletonné spécial, mais pas Henri, et à part la collation de 10 heures, offerte par les patrons avec; charcuteries, vin, eau et cafés, et le repas de midi que Henri prenait chez lui à 1 ou 1,5 kilomètres de l'usine, Henri était du matin au soir dans une température d'environ 10 degrés.
......Toujours enrhumé, Henri est resté 3 semaines aux salaisons et a démissionné sur les conseils de sa mère. Retour à la case d"part, Henri, une nouvelle fois, ne travaillait plus.
......Un des clients du bar, demeurant à Vallangoujard, travaillait à Poissy, à l'usine "SIMCA", la maman de Henri lui a demandé si son fils pouvait y aller, rendez-vous fût prit pour le lendemain, devant l'arrêt du car, à 5 heures du matin, heure à laquelle passait le car de ramassage des ouvriers SIMCA. Arrivé à l'usine, le monsieur a indiqué à Henri, le bâtiment où il devait se rendre pour l'embauche. Une fois arrivé dans ce bâtiment, Henri a eût un peu peur, en effet, il se retrouvait parmi 100 ou 150 personnes, sinon plus, de toutes nationalités qui attendaient pour se faire embaucher. A un guichet, on lui a remis un formulaire à remplir et un numéro d'appel, ainsi qu'un ticket de cantine, ce qui laissait prévoir qu'il risquait d'être là pour un bon moment. Une fois qu'Henri a eût fini de remplir son formulaire, l'appel de son numéro était encore loin, alors, il s'est mit à faire ce que faisaient quelques postulants français, à savoir, aider les africains ou les maghrébins, qui cherchaient un emploi, à remplir leur formulaires car ils ne savaient pas écrire (Henri n'a jamais autant rempli de demandes d'emploi que ce jour là). Puis est arrivé l'heure du déjeuner, Henri, qui attendait son tour depuis 7 heures du matin, est allé à la cantine, puis est revenu attendre que son numéro soit appelé, ce qui a eût lieu vest 14h, 14h30. Entrée dans un bureau, discussion avec un responsable, puis embauche acceptée avec début du travail le lendemain matin pour 10 jours d'essai. Vers 16h30 Henri a reprit le car qui le ramenait chez lui.
......Le lendemain matin, même horaire pour le ramassage. Arrivé dans le bâtiment prévu dans l'usine, Henri a été installé à un poste d’une chaîne de montage, son travail consistait à fixer, sur le moteur qui arrivait, le vilebrequin, l'arbre à cames et le système qui les entraînait tous les deux, en même temps, il devait surveiller une autre chaîne qui passait derrière lui apportant les pièces nécessaires à son boulot, pour les récupérer à leur passage. Si il y avait un problème il fallait taper sur le bras-porteur de la chaîne et, aussitôt, arrivait un contrôleur-régleur qui arrangeait le problème, si ce n'était pas trop grave, ou arrêtait la chaîne si nécessaire. La chaîne n'allait pas très vite, mais encore trop pour Henri qui tapait souvent pour appeler au secours, soit parce qu'il n'arrivait pas à fixer une pièce, soit parce qu'il avait laisser passer une caisse de pièces derrière lui et qu'il se retrouvait sans matériel, ce qui obligeait la chaîne à s'arrêter. Si bien que, vous l'avez deviné, au bout des 10 jours d'essai, Henri, pour la troisième fois, se retrouve sans emploi.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Lun 07 Nov 2011, 08:35

[color=red][size=18]VINGTIÈME PARTIE..... (SUITE)

......Difficile de trouver un emploi, quand on ne connaît que l'horticulture et qu'on habite un village, loin de Paris, où il n'y a que des fermes. Henri ne se voyait pas garçon de ferme ou vacher...
......Pendant ce temps, Pierre, le compagnon de la mère de Henri avait, encore, quitté sa place aux salaisons et était retourné dans sa chambre, d'où il ne sortait que pour manger et il ne cherchait pas de travail, Henri pense que cette situation n'a durée que 2 ou 3 jours avant que sa maman dise à Pierre de prendre ses cliques, ses claques et son fils, et d'aller se faire pendre ailleurs. Elle ne se crevait pas à longueur de journées pour l'entretenir. Cette décision a fait qu'il n'y avait plus les disputes journalières qui fatiguaient la maman et ses enfants.
......Le patron d'une petite entreprise, qui venait au bar ou au resto, sachant que Henri était sans boulot, lui demandât si il ne voulait pas travailler à domicile, Henri à dit d'accord et est devenu "jointeur à domicile", ce n'était pas la panacée mais c'était un travail. Vous savez qu'au fond des bouchons qui ferment les bouteilles d'eau de Cologne ou les flacons de parfum, il y a un joint en liège, en plastique ou en caoutchouc pour empêcher le flacon de fuir, Henri a reçu des carton de bouchons et des cartons de joints et c'est dans une pièce du logement dans la cour de l'hôtel que Henri devait insérer les joints dans les bouchons, et il fallait en faire un maximum, car il était payé à la pièce.
......Ce travail n'était pas très emballant, pas très lucratif, mais ça rapportait un peu et surtout cela lui permettait de rester chez lui et, ainsi, de voir plus souvent sa petite copine dont il était fort amoureux.
......Henri avait 17 ans et Anne-Marie, deux ans de moins. Anne-Marie et Henri s'aimaient, mais ne pensaient à autre que chose q'-être ensemble et s'embrasser, et vous pouvez rire quand Henri dit que leur amour était pur, (dans les années 60, les ados étaient beaucoup plus "jeunes" qu'aujourd'hui). Ils s'étaient connu, car la maman d'Anne-Marie était amie avec celle de Henri. Anne-Marie était souvent à une table du resto, avec ses copines, à rigoler.
Quand Henri travaillait encore à Pontoise, souvent il prenait le même car qu'elle qui allait à l'école, il l'avait remarqué et tout de suite elle lui avait plu car, non seulement elle était belle, mais en plus c'était une magnifique rousse. C'est elle qui, un jour, a prit l'initiative de parler à Henri, lui-même ne l'aurait jamais fait, déjà parce que la maman d'Anne-Marie était toujours là, mais surtout à cause de sa timidité maladive. Henri a su par la suite qu'Anne-Marie avait parlé à sa mère et que c'est pour cela que celle-ci l'amenait plus souvent avec elle quand elle venait voir la maman d'Henri. Pour Henri et Anne-Marie, c'était un amour platonique, mais un véritable amour qui a duré un bon moment.
......Le "Beauséjour" continuait de tourner rond. Un jour, le patron de la société qui livrait les bières, eaux minérales et autres sodas, demanda à Henri si ça ne l’intéressait pas de travailler 2 mois en remplacement d'un de ses employés malade. Le salaire était très bon, donc Henri a arrêté les joints de bouchons et y a été, le travail était bien payé et agréable bien que fatiguant, il fallait mettre des bouteilles en caisses ou vider les caisses des bouteilles utilisées pour les laver, charger ou décharger le camion de livraison, quelques fois aller sur la voie ferrée, derrière la gare, pour vider des wagons de caisses d'eau minérale venant de Vichy ou de Vittel, ou des caisses de bières venant d'Alsace ou d'Allemagne. C'était très bien, mais, hélas, que deux mois.
......Puis, il y a eût le 14 juillet. La maman de Henri, bien qu'elle se soit séparée de Pierre, avait toujours gardé le contact avec certains de ses amis italiens et en particulier avec ceux dont le fils avait un orchestre, si bien Qu'un nouveau bal a été organisé, avec autant de succès qu'à celui de la fête, sinon plus car il n'y avait pas les manèges. Ce soir là, Henri n'a pas beaucoup aidé, et même pas du tout, ce qui était normal car Anne-Marie était là, et ils ne se sont pas quitté de plus de 20 centimètres de toute la soirée.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mar 08 Nov 2011, 07:32

VINGT-ET-UNIÈME PARTIE : Adieu le "Beauséjour".

......Comme Henri n'avait toujours pas de travail, il a rencontré, par l'intermédiaire de Jojo, des gens qui tenaient, à une trentaine de kilomètres, un foyer d'accueil privé pour personnes âgées et il est parti avec eux pour s'occuper du jardin. Là, il était heureux car il revenait dans son élément. Il avait un petit salaire et était nourri et logé, mais il n'y est pas resté très longtemps, tout au plus 2 mois, car après avoir débroussaillé, et désherbé le jardin, puis prévu et fait quelques semis et plantations, on lui a fait, dans un premier temps, nettoyer et ranger un hangar, puis ensuite ranger du charbon dans une cave et aller en chercher régulièrement pour la cuisinière et enfin, de temps en temps surveiller les 5 femmes âgées, quand elles étaient à la télé dans le salon, tout cela sans oublier d'arroser le jardin tout les jours. Régulièrement, tous les 2 ou 3 jours, il devait parcourir le village pour retrouver et ramener une de ces femmes, très diminuée mentalement, qui ne pensait qu'à se sauver pour (cela avait marqué Henri), aller retrouver son fils qui travaillait aux "Chemins de fer du Nord", alors que le fils de cette pauvre femme était mort à la dernière guerre, et que la compagnie des chemins de fer du Nord, avait été remplacée par la SNCF depuis bien longtemps. Le jardinage prenait de moins en moins de place dans son emploi du temps journalier. Les samedis soir, la patronne remmenait Henri à Vallangoujard pour le dimanche, et elle revenait le chercher le lundi matin. Un samedi, au moment de partir, Henri avait prit toutes ses affaires en disant qu'il ne reviendrait pas le lundi suivant. Sa patronne l'a très bien compris et lui a même donné un petit supplément de salaire pour le travail qu'il avait accompli en plus du jardin. Cela s'est bien terminé, mais une nouvelle fois, Henri n"avait plus de travail. Malgré cela, il était content de revenir à Vallangoujard, car il pouvait voir Anne-Marie plus souvent. En effet, pendant près de 2 mois il ne la voyait que le dimanche, et loin d'elle pendant la semaine où il travaillait, il était vraiment malheureux.
......Quand Henri et sa patronne sont arrivés à l'hôtel, l'un comme l'autre se sont aperçu que quelques choses avaient changé. En fait, 2 choses exactement, une bonne et une mauvaise.
......La maman de Henri n'était âgée, à l'époque, que d'environ 45 ans, et donc encore jeune pour être seule.
......Depuis qu'elle s'était séparée de Pierre, et comme l'hôtel marchait bien, elle allait une fois par semaine, accompagnée de Jojo, au volant, aux "Halles" à Paris. Ils partaient le mardi soir, après la fermeture de l'établissement dont le jour de fermeture était le mercredi, pour être aux halles à l'ouverture, très tôt le matin, faire les achats et être de retour pour le début d'après-midi au plus tard. Ces voyages hebdomadaires s'étaient, assez vite, transformés en voyages plus intimes entre Jojo et la maman de Henri et ils ont décidé de vivre ensemble (ce qu'ils ont fait jusqu’à leurs décès). Henri n'avait rien vu venir, trop prit par sa propre histoire d'amour avec Anne-Marie, et en apprenant cela, il était très content pour sa mère, mais il lui en voulait un peu de ne pas l'avoir mit au courant. Des deux choses qui était changées celle-ci était la "bonne".
......La mauvaise nouvelle était, pour Henri et sa famille, catastrophique. Le propriétaire du "Beauséjour", le patron de la maman de Henri, en quelque sorte puisqu'elle était "gérante libre", a décidé de vendre et, donc, a proposé à la gérante de racheter le commerce, ce qu'elle ne pouvait pas faire, car il en voulait assez cher, et même si l'affaire tournait bien, il aurait fallu qu'elle s'endette. Donc il fallait que la famille quitte les lieux, une fois que la vente serait faite. Le problème était grave pour la maman de Henri, plus de travail et plus de logement, la famille entrait dans une passe difficile.
......La dame qui ramenait Henri, et qui était amie avec Jojo, a tout de suite dit qu'elle possédait, à la sortie de Vallangoujard, un petit terrain avec un chalet et qu'elle voulait bien le louer. La maman et Jojo ont dit que ça les arrangeait question logement, et que pour ce qui était du travail, ils se débrouilleraient toujours.
......Quant à la question du "Beauséjour", cela s'est très mal passé avec le propriétaire, celui-ci ayant dit à la gérante qu'il allait faire venir un huissier pour faire l'inventaire de la cave et de l'épicerie, ainsi que de l'outillage se trouvant dans le garage, ceci afin de déterminer le prix de vente de l'affaire. La mère de Henri n'était pas d'accord avec ce procédé, car étant gérante libre c'est elle qui était la propriétaire de ce qu'il y avait en stock dans la cave, cave qui était quasiment vide au début de la prise de gérance, et Jojo était propriétaire de l'outillage qui avait été acquit par lui depuis la réouverture du garage désaffecté. Le propriétaire a répondu qu'il n'en avait rien à faire et qu'un huissier viendrait quand même. La maman a aussitôt téléphoné à son avoué, à Pontoise, qui était présent lors de la signature du contrat de gérance, celui-ci est aussitôt venu avec l'inventaire du début et il a conseillé de vider la cave et l'atelier et d'aller tout cacher.
......C'est ainsi, qu'un dimanche, tout Vallangoujard pouvait voir, faire des allers et retours, la Frégate de la famille avec Jojo au volant et dans le coffre ouvert, Henri assis qui tenait fermement une remorque remplie de bouteilles de vin, d'outils de mécanique et d'autres choses appartenant à la famille, tout cela allant dans le chalet. Puis l'inventaire eut lieu en présence du propriétaire, de son huissier, de la gérante et de son avoué que le propriétaire ne s'attendait pas à voir, croyant que la maman de Henri se serait laissé faire.
......Enfin, la vente a été faite, et la famille a quitté définitivement le "Beauséjour", où ils ont passé deux années heureuses.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mer 09 Nov 2011, 09:04

VINGT-DEUXIÈME PARTIE : Le chalet.

......Et vola, une page est tournée. La famille a emménagée dans le chalet, non sans le regret d'avoir quitté le "Beauséjour", mais Henri était quand même heureux de n'avoir pas été obligé de quitter Vallangoujard, car, ainsi, il restait près d'Anne-Marie.
......C'était un beau chalet sur un petit jardin, il se trouvait au bout d'un petit chemin d'une vingtaine de mètres dans les arbres et pour y accéder il fallait passer un petit pont de bois d'à peine 1m50 qui enjambait un ruisseau passant devant. C'était très joli. En bas, la cuisine, le séjour, une chambre et une douche-WC. Au premier étage, une grande pièce avec un lit d'une personne où dormait la soeur de Henri alors que lui-même et son frère dormaient dans un grand lit. Henri n'était pas très heureux car au Beauséjour il avait sa chambre, mais bon, ils avaient un toit et il ne fallait pas se plaindre. Toute la famille s'est mise à l'emménagement et Henri a travaillé à débroussaillé le jardin pour lr rendre cultivable. Et une autre vie a commencé.
......Dans Vallangoujard il y avait une grande propriété, genre petit château, que des gens ont acheté pour en faire un haras. Comme ils cherchaient du personnel, la maman de Henri s'y est faite embauchée comme femme de ménage. Jojo avait toujours un peu de travail en mécanique. Il n'y avait qu'Henri qui restait sans boulot, chaque dimanche, il allait avec Jojo à Nesle-le-vallée pour entretenir le jardin d'un particulier, cela mettait un peu de beurre dans les épinards, mais Henri commençait un peu à désespérer et sa mère aussi, si bien qu'un jour, elle a dit à son fils: " Henri, ça ne peut plus durer, tu trouves du travail, ou bien tu t'engages". Cette phrase a fait "tilt" dans la tête de Henri qui est, tout de suite, parti à Pontoise, à la gendarmerie pour se renseigner sur les démarches à suivre, car il n'avait pas encore 18 ans (ce n'était qu'une affaire de semaines), et à l'époque l'armée était à 20 ans. Les gendarmes lui ont demandé si il souhaitait s'engager ou bien simplement devancer l'appel, Henri a répondu qu'il voulait s'engager, Il a récupéré les documents et adresses pour cela, il est rentré chez lui et, à l'aide de sa maman, a commencé à les remplir pour les envoyer.
......A peine Henri venait-il d'avoir 18 ans, qu'il a reçu une convocation pour aller faire ses "3 jours" à la caserne de Vincennes. Comme il s'engageait et qu'il était mineur, en plus de la convocation, il y avait un billet de train aller-retour Pontoise/Paris et un document, qu'il devait rapporter, signé par son père et sa mère. La maman de Henri, après lui avoir demandé si il était toujours décidé, a signé le document, mais comme il était hors de question, pour Henri, d'aller voir son père, il a imité la signature de celui-ci, sur le document au risque de se faire renvoyer.
......Le jour prévu, Henri s'est présenté à la caserne de Vincennes en même temps que 50 ou 60 autres conscrits. A l'arrivée, après qu'il eut donné sa convocation, on lui a donné: le programme des 3 jours, 2 tickets de métro, une petite somme représentant le défraiement, alloué par l'armée, pour les 3 jours et 3 paquets de "gauloises-troupes".
......Après l'appel, les conscrits ont été divisés par groupes qui devaient aller chacun avec un sous-officier pendant toute la période, ils sont d'abord allé déposer leurs affaires dans un grand dortoir puis sont allé, ensuite, au réfectoire pour déjeuner. L'après-midi a été occupé à passer les visites médicales complètes. En attendant dehors son tour pour aller voir les médecins, Henri, parmi les autres conscrits, fumait une cigarette quand, tout à coup, son regard a été, bizarrement, attiré par un conscrit qui le dévisageait avec insistance, Henri a immédiatement reconnu Menvielle, son meilleur copain au préventorium en Savoie, quelques années avant. Ils étaient content de se revoir et ont bien discuté en attendant leur tour, puis ils se sont séparé pour la visite médicale et ne se sont jamais retrouvé.
......Le soir, après le réfectoire, ils sont allé dans une grande salle où ils ont assisté au discours d'un officier, puis à un film de cinéma. Ensuite ils sont allé dans le dortoir, contenant une vingtaine de lits- gigognes. Pendant que chacun choisissait un lit, un militaire est entré et a appelé 5 conscrits dont Henri, les 5 se sont regardé en se demandant ce qu'il leur arrivait, et Henri a aussitôt pensé à la fausse signature de son père, il s'est dit que cela avait été découvert et avait un peu peur de ce qui pouvait lui arriver. En fait, il a été vite rassuré, lui-même et ses 4 camarades étaient, sur le nombre, les seuls conscrits a s'engager. Le militaire leur a dit de prendre leur bagage et de le suivre, puis il les a emmené dans une chambre, de 6 lits, réservée aux sous-officiers. L'avantage, outre le fait qu'il n'y avait pas de lit au dessus d'eux, était qu'il y avait un poêle allumé, ce qui était agréable en décembre, alors que les autres conscrits n'ont eut droit qu'à un supplément de couvertures. En revanche, le désavantage est que le lendemain, les cinq futurs engagés étaient assez mal vus par les autres. le matin, après le petit déjeuner et jusqu'à 13 heures environ, ils ont passé les tests et contrôles de connaissances générales, puis déjeuner.
......Ensuite, Henri est passé, seul, dans le bureau de l'officier-recruteur qui lui a demandé ses motivations et dans quelle arme il souhaitait faire carrière. (Quelques jours avant, il avait demandé conseil à son oncle-parrain et celui-ci lui avait parlé des transmissions),. L'officier a accepté son choix et, en lui serrant la main, lui a dit qu'il serait bientôt convoqué.
......Puis, Henri a quitté la caserne, a rejoint Paris pour reprendre son train pour Pontoise, en attendant le train il est allé au cinéma voir "La foire aux cancres", puis est entré à Vallangoujard. C'était fini, il n'y avait plus qu'à attendre.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 17 Nov 2011, 13:37

VINGT-TROISIÈME PARTIE. E.S.O.A.

......Courant février 1964, Henri a reçu une lettre recommandée, du "Ministère de la guerre", l'invitant à se présenter, dans la journée du 1er avril suivant (bonne blague), à la caserne Valence à Agen où il était incorporé en tant qu'E.S.O.A. (Élève Sous-Officier d'Active), la convocation étant accompagnée d'un bon de voyage pour avoir les billets de train gratuits. Cette fois ça y était, dans un peu plus d'un mois, Henri sera militaire pour 3 ans.
......Le jour dit, Henri a quitté sa famille tôt le matin pour Paris, arrivé gare du Nord il a prit le métro en direction de la gare d'Austerlitz, d'où il devait partir pour Agen. Arrivé à la gare, pendant qu'il consultait les horaires de départ, il a vu que deux autres jeunes faisaient comme lui, voyant qu'apparemment les deux garçons s'étaient fait faire, comme lui, la "coupe d'incorporation", il leur a demandé où ils allaient et ils lui ont répondu qu'ils partaient à Agen comme E.S.O.A..
......Leur train partait vers les 13 heures pour arriver à destination vers 20 heures. Comme il devait être 8 heures du matin, les trois amis ont déposé leurs bagages à la consigne, ont été boire un café et ont parlé de ce qu'ils allaient faire en attendant l'heure du départ. Un membre de la famille d'un des 3, ayant été engagé dans les transmissions, lui avait dit qu'il serait judicieux qu'il se fournisse un petit livre parlant d'électricité et d'électronique dans l'armée, les 3 nouveaux amis ont donc décidé d'en acheter un chacun. C'est Henri qui les a emmené, car ce livre ne se trouvait que dans une librairie spécialisée se trouvant dans le 10eme arrondissement, vers la Porte Saint-Martin, et ses deux compagnons ne connaissaient pas Paris. Ensuite, après avoir un peu déambulé dans le quartier, ils sont allé déjeuner dans un self-service avant de repartir vers la gare d'Austerlitz où ils trouveraient le train qui les emmènerait vers leur destin.
......A la gare d'Agen, ils étaient attendu, sur le quai, par un sous-officier et un militaire. Le militaire les a accompagnés jusqu'à un camion dans lequel il y avait déjà quelques jeunes recrues arrivées avant eux, ils ont attendu un autre train amenant 2 ou 3 autres jeunes, puis sont partis à la caserne Valence.
...... Chaque recrues, à son arrivée, a été affectée à une des six sections de la 2ème compagnie. Henri faisant partie de la 4ème section est allé, après dîné, avec les autres dans la chambrée de cette section. Cette chambrée était un dortoir de 12 lits-gigognes, soit 24 soldats. Ce qui a, tout de suite, surprit Henri, c'est que les lits étaient recouvert de beaux couvres-lits et qu'au sol il y avait des descentes de lits, alors qu'il s'attendait à trouver le même genre de dortoir qu'au "Fort de Vincennes". Chacun avait une petite armoire et une étagère à la tête du lit, tout cela avait l'air assez confortable. Mais, pour l'anecdote, cela n'a pas empêché 23 des 24 nouvelles recrues de la "4ème section de la 2ème compagnie" de passer leur première nuit .........."en prison". En effet, en rangeant leurs affaires personnelles dans leurs placards, les 24 nouveaux compagnons de chambrée se présentaient l'un à l'autre en discutant et en rigolant, "sauf un", qui apparemment avait fait un long voyage et était fatigué, qui dormait déjà dans un des lits du haut, qu'il avait choisi. Un des jeunes engagés a trouvé amusant de retourné le matelas pour "virer" le dormeur, celui-ci est tombé en s’assommant, et c'est à ce moment là, qu'un officier est entré avec un soldat pour faire l'appel avant l'extinction des feux. L'officier a demandé qui était le responsable et comme personne ne se dénonçait, ni ne dénonçait le coupable, à part 1 qui c'est retrouvé à l'infirmerie, les 23 autre ont prit la direction de la prison.
......C'était une grande pièce aux murs bruts et noirs. Tout au long du mur du fond, une grande planche de 10 ou 15 mètres de long sur 2 mètres de large servant de lit et au dessus une planche aussi longue mais large d'une vingtaine de centimètres faisant office d'oreiller. Dans un coin du local, un petit local fermé servant de "latrines", à savoir; au centre un grand trou rond de 60 ou 80 centimètres de diamètre avec en dessous une sorte de grande lessiveuse servant de réceptacle. Tout ce "joyeux local" était éclairé par 2 ou 3 ampoules pendant au bout de leurs fils et aéré par une petite imposte ouverte au dessus de la porte et un semblant de fenêtre par où rentrait l'air mais pas la lumière. Bien que prenant tout cela à la légère, comme ses compagnons, Henri commençait à mal augurer son entrée dans l'armée. Le lendemain matin, tous ont été réveillés bien avant l'heure du réveil réglementaire et pendant un bon moment ils ont fait le tour de la cour en courant avant d'aller, ensuite, comme les autres sections, se laver et déjeuner.
......Donc, le 2 avril 1964, après le petit déjeuner, ils sont allé chez "les coiffeurs", une dizaine de soldats qui n'avaient de coiffeur que le nom, ils n'avaient ni peigne, ni ciseaux mais tous étaient armés d'une tondeuse et cela allait assez vite, et bien qu'Henri avait eut le soin d'aller se faire faire une "coupe incorpo", les tondeuses ont eut raison du peu qui lui restait. Ensuite, passage chez le "fourrier" pour la prise du paquetage, qui allait remplacer leurs affaires civiles, celles-ci restant dans les valises déposées dans un local fermé, puis prises des mesures pour le treillis, l'uniforme de sortie, le béret et le képi. L'après-midi, passage à l'armurerie où chacun s'est vu attribué un fusil "MAS 49/56", ils l'ont tenu un peu en mains, le temps de voir et de retenir le numéro se trouvant sur la semelle de crosse, car, c'est toujours la même arme qu'ils auront lors des manœuvres ou des séances de tir. Enfin, avant le dîner, réunion dans la cour où le colonel commandant la caserne, leur a souhaiter la bienvenue en leur disant tout ce qui allait se passer pour eux durant leur temps à la caserne.
......Durant sa "période militaire" qui fut très courte, Henri n'a pas grand-chose à raconter, si ce n'est que quelques anecdotes qui lui reviennent en mémoire.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Lun 20 Aoû 2012, 08:46

VINGT-QUATRIÈME PARTIE :Le quartier Valence.

......A Agen, il y avait deux caserne; Le "Quartier Toussaint" où était l'"EMIAT" (Ecole Militaire Inter-arme de l’Armée de Terre), et le "Quartier Valence" qui était l'"EMAT" (Ecole Militaire Annexe des Transmissions) où était Henri.
......La caserne comprenait; à l'entrée, à droite, le poste de police où se trouvaient toujours 2 ou 3 soldats qui contrôlaient les entrées et les sorties du quartier. A l'intérieur du poste de police quelques lits pour les relèves de garde. A gauche, face au poste de police, un petit bâtiment avec au rez de chaussée, le bureau du vaguemestre et de l’aumônier, et au premier étage les appartements de l'officier commandant le quartier et sa famille. Derrière le poste de police se trouvaient la prison et les cellules, puis la réserve des carburants et la salle de cinéma ( il y avait un film 1 fois par semaine, le vendredi soir), le bâtiment continuait avec l'armurerie, le fourrier et le local contenant les affaires civiles des engagés. Puis suivait une grande grille en fer qui fermait un terrain avec les vehicules, lourds ou légers, cette grille étant gardée jour et nuit par un soldat dans une guérite. Ensuite, une énorme laverie destinée à nettoyer les draps et autres linges de la caserne, mais aussi à nettoyer et repasser les treillis servant aux défilés, les soldats qui faisaient tourner cette "blanchisserie" étaient 2 ou 3 appelés, auxquels les engagés, leur confiaient, aussi, leurs treillis de tous les jours, leurs uniformes de sortie et leurs chemises, qu'ils nettoyaient, repassaient et pliaient avec soins en échange de monnaie, et tout ceci avec l'autorisation de quelques supérieurs qui ne se privaient pas, non plus, de leur services. Dans la cour, 2 grands bâtiments, à gauche la "Compagnie A" et à droite la "Compagnie B", la "A" hébergeant les engagés de 2ème année et la "B" les nouvelles recrues. Chaque compagnie comprenait 6 chambrées de 24 lits. Il y avait aussi quelques appelés logés dans des dortoirs au dessus de la laverie. A cet endroit, il y avait aussi une chambre de 10 ou 12 mètres carrés où dormait un militaire engagé depuis 5 ou 6 ans, célibataire, sans famille sortant de "l'assistance publique". Ce camarade ne suivait pas les cours comme les autres mais faisait divers petits boulots dans le quartier et, surtout, il refusait de monter en grade, la vie qu'il avait lui suffisant. Un ou deux ans avant la ficelle de "1ère classe" lui avait été donnée d'office sans qu'il en soit plus content que ça. Il avait surtout une particularité (si tant que ce qui vient de se dire n'en soit pas une), il avait passé, à l'assistance publique, un CAP de coiffure et ne trouvant pas de travail (à l'époque on n’embauchait pas un type de l'assistance....les orphelins faisaient peur), il s'est engagé. Il avait transformé sa chambre, dans laquelle il y avait un lavabo, en "salon de coiffure", en plus de son lit et de son placard, il y avait; un miroir de récupération au dessus du lavabo, quelques chaise et une table basse avec des magazines. Pratiquement tous les soldats et quelques sous-officiers allaient dans sa chambre se faire coiffer contre quelques monnaies ou des paquets de cigarettes.
......A l'époque, le militaire appelé touchait une solde de 8,30 francs par mois (de quoi faire des folies). Henri, lui, du fait de son engagement pour 3 ans touchait, en plus, une prime mensuelle de 150 francs. Les engagés étaient payés les 15 et 30 de chaque mois, le 15 ils touchaient 4,15 francs et 15 paquets de "Gauloises troupes" et le 30, ils recevaient 154,15 francs, 15 paquets de cigarettes, 10 timbres FM (Franchise Militaire) et un bon de colis, plus, tous les 2 mois, une boite de cirage rouge (pour les chaussures de sortie), une boite de cirage noir et une boite de graisse (pour les "godillots").
......Pendant les 3 premiers mois (les classes), les journées étaient chargées. Le matin; apprentissage du technique, les officiers et le sous-off. instructeurs montraient aux nouvelles recrues les différends métiers des transmissions; opérateur-radio, opérateur-télétype, chiffreur (code secret), mécanicien "groupe électrogène", etc.., chaque militaire devant, à la fin des classes, choisir par ordre de préférence deux spécialités qu'il souhaitait exercer (pendant ces 3 mois de classes le nouvel engagé avait encore le loisir de rompre son contrat d'engagement si il se rendait compte qu'il avait fait une erreur). Henri, bien qu'intéressé par la spécialité d'opérateur-radio, ne la pas choisi car il s'est vite aperçu qu'il avait tendance à s'endormir pendant les exercices de "morse", il avait donc opté pour : chiffreur suivi du télétype.
......L'après-midi était réservé à l'entrainement militaire, proprement dit; apprendre à marcher au pas,
apprendre à donner (ou plutôt aboyer) des ordres, car si tout élève sous-officier doit savoir obéir, il doit aussi et surtout savoir commander. Il y avait aussi, l'apprentissage du tir, le sport (parcours du combattant), les manœuvres, l'apprentissage de la conduite (sur jeep), etc..
......Tout cela était assez crevant, mais Henri ne s'en plaignait pas, il commençait à aimer ce genre de vie.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Lun 20 Aoû 2012, 08:49

VINGT-CINQUIEME PARTIE : La vie de soldat.

......Il n'y a rien de spécial à dire sur les journées du soldat, si ce n'est que ce qui a déjà été dit en résumé, plus haut. En dehors des journées et des corvées normales, Henri se souvient de quelques anecdotes pendant cette période.
......Rien ne s'est passé pendant la période des "classes", durant laquelle les nouvelles recrues étaient confinés à l'interieur de la caserne, sans en sortir, si ce n'est pour aller au champ de tir ou en manoeuvre. A la fin, pour ceux qui n'avaient pas rompu leur contrat, a eut lieu la "présentation au drapeau" en présence des familles. La maman d'Henri n'a pas pu se déplacer pour ce grand jour, mais par chance, son père qui était en vacances à quelques kilomètres d'Agen est venu avec sa compagne et une nièce de celle-ci. Bien qu'Henri aurait préderé que ce soit sa mère qui assiste à cette journée, il a été quand même content de ne pas être seul pour cette cérémonie d'intégration officielle dans l'armée.
......Après la "présentation au drapeau" à la caserne Toussaint, retour au quartier Valence en défilé dans les rues, musique en tête. Puis les familles ont été invité à visiter les locaux du casernement accompagnées de deux sous-officiers et chacune de leur fils, neveu ou petit-fils, tous fiers de présenter leur caserne. Cette cérémonie se terminait par un départ massif pour leur première permission de deux semaines.
......Après avoir retiré et rangé sa tenue de défilé, sa valise étant déjà prête, Henri a revêtu sa tenue de sortie et est parit en compagnie de sa famille en direction de la gare. Le train ne partant que quelques deux heures plus tard, ils sont allé au restaurant, faire un bon repas, avant de se quitter. Puis le train pour Paris et pour Pontoise et enfin le car pour Vallangoujard. Ce qu'a fait Henri pendant cette permission, il ne s'en souvient pas, probablement s'est-il tout de suite mit en civil afin de passer ces quelques jours avec sa famille et ses amis. Ce dont il se souvient,c'est que ces 15 jours ont passé très vite. Pendant cette perm sa mère lui a dit que son compagnon comptit se trouver un meilleur emploi où que ce soit. Deux semaines plus tard, c'était le retour à la caserne.
......La vie de caserne recommença sans avoir changé en quoi que ce soit, cours théorique, cours pratiques, manœuvres et peut-être quelques nuits de prison ou de salle de police, pour une broutille qui aurait déplu à un officier ou un sous-officier. Seule chose de nouveau pour les soldats, c'est les permissions de spectacle le dimanche ou les jours fériés, pendant lesquelles ils pouvaient sortir de 14 à 24 heures environ; A ces moments-là, c'était régulièrement, balade dans la ville, après midi au café, souvent cinéma, le soir, un repas dans un petit resto pas trop cher et quelques instant, encore, à discuter et à rire sur une terrasse, retour à la caserne, souvent avant 24 heures et coucher.
......A l'époque, il y avait à Agen quelques petits restaurants qui recevaient beaucoup de militaires en raison de leur prix. Henri se souvient qu'en général, pour 9 ou 10 francs, ils avaient une entrée, un plat, un dessert et 1/4 de vin ou d'eau minérale ou un demi de bière. Ca n'était pas gastronomique, c'était classique mais toujours meilleur qu'à la caserne.
......Mais des petits restaurants comme ça, il n'y en avait pas beaucoup, si bien qu'Henri et ses amis mangeaient, pratiquement, toujours la même chose tous les dimanches soirs. Ayant entendu un caporal et un sergent qui parlaient d'un resto, où ils avaient été la veille, et qui en avaient l'air satisfaits, Henri leur a demandé où se trouvait cet établissement. Les 2 sous-off lui ont indiqué, mais l'ont prévenu de bien faire attention car le resto était situé "hors de la garnison", (toute ville de garnison est délimitée, et ceux qui sont prit en dehors de cette limite sont passibles de prison à leurs retours). Henri et ses amis ont décidé de tenter le coup, afin de manger autre chose pour une fois, les voici donc partis pour l'adresse qu'on leur avait indiqué, arrivés à hauteur de l'adresse, 100 ou 200 mètres en dehors des limites, ils ne voient rien qui ressembles à un restaurant, ils poussent un peu plus loin et toujours pas de resto !!
Pensant que les deux leur avaient fait une blague, ils décident de faire demi-tour et de retourner dîner là où ils connaissaient. Mais en marchant sur le retour, ils voient une porte d'entrée d'un vieil immeuble, sur laquelle était inscrit "Restaurant" à la craie. Intrigués, ils poussent la porte et se trouvent dans un vieux hall avec sur la gauche une porte, apparemment d'appartement, sur laquelle ils voient la même inscription à la craie. Risquant le tout pour le tout, ils sonnent, la porte s'ouvre et ils sont accueillis par deux dames d'une soixantaine d'années leur disant que le restaurant est bien ici. Toujours intrigués, ils entrent et se retrouvent à l'entrée d'une assez grande salle, ayant due être une salle à manger avant, tout autour de la salle, des bancs contre les murs, des tables et des bancs devant, le tout disposé en "U", laissant, ainsi, le centre de la pièce libre. Autre surprise, à part 4 places, miraculeusement vacantes, la salle était pleine de clients mais aussi des militaires dont des sous-officiers et un officier de leur caserne, aussitôt, pris de panique, (Henri et ses amis étant en faute), ils ont rectifier la position pour saluer, mais l'officier, avec un sourire et un signe de la main, leur a fait comprendre de n'en rien faire et de s'asseoir.
......Les 4 amis prennent donc place et demandent à consulter le menu, l'une des dames leur répond qu'il n'y avait pas de menu et tout le monde mangeait la même chose. Ils ont donc attendu et ont été surpris de voir arriver, sur la table, tout d'abord un potage suivi d'une assiette de crudités, puis une petite cuisse de poulet garnie de quelques frites et suivie d'une tranche de rosbeef avec des salsifis, un petit morceau de fromage et une part de tarte aux pommes, le tout arrosé d'une bouteille de bordeaux. Voyant venir tout cela, Henri et ses amis se basant sur le petit repas à 10 francs des restaurants où ils avaient l'habitude d'aller, se disaient que leurs soldes du mois allait y passer et surtout se demandaient si ils auraient assez d'argent sur eux pour payer. Ils se levèrent, saluèrent tout le monde d'un signe de tête et demandèrent l'addition, et cette fois, encore, ils furent surpris, ils n'en eurent que pour 14 francs chacun, (à l'heure où ces lignes sont écrites, Henri se demande encore comment elles faisaient pour y arriver).
......Henri se souvient aussi (avec colère) qu'une fois, arrivant en permission à Vallangoujard, sa mère lui dit que son frère et sa soeur doivent aller passer le dimanche suivant chez leur père à Paris et comme ils ne sont agés que de 13 et 14 ans et qu'ils n'ont jamais voyagé seuls, demande à Henri de bien vouloir les accompagner. Les voici donc parti pour Paris. Arrivés chez leur père, celui-ci dit à Henri qu'il le remerciait d'avoir amené ses frère et soeur, mais que comme il ne l'attendait pas, il n'avait rien prévu pour lui et qu'il pouvait repartir et éventuellement revenir dans la soirée pour rentrer avec eux chez leur mère. Vexé, Henri est redescendu, détestant de plus en plus son père, il est reparti vers le métro et s'est arrêté à l'entrée de celui-ci, c'est là, à cette entrée de métro, que beaucoup de gens ont du être étonnés de voir un militaire qui pleurait. Puis sa soeur est arrivé disant que la compagne de son père l'avait sermonné, et qu'il pouvait revenir. Cette période est pour Henri, un très mauvais souvenir.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Lun 20 Aoû 2012, 08:51

VINGT-SIXIEME PARTIE : Petite évolution d'une vie d'homme.

......Quand ils sortaient en "perm de spectacle", le dimanche, et bien qu'ils aient, en poche, le fascicule, signé d'un officier, les y autorisant, les soldats devaient demander la permission de sortir à l'officier de permanence au "poste de police".
Un dimanche, c'était le sous-lieutenant qui commandait la section dans laquelle était Henri, qui était de permanence. Henri le salut et lui dit, suivant le règlement; " ESOA Henri T......, compagnie B, 4ème section, demande la permission de sortir", ce à quoi, l'officier répond; "allez vous laver", Henri remonte donc dans la chambrée, puis à la salle de douches, ne trouve rien de spécial mais, malgré tout, se re-lave, se re-rase, vérifie sa tenue et redescend au poste de police, il se regarde une dernière fois dans le miroir qui est au mur et recmmence le rituel; "salut, présentation, permission, etc..", réponse du sous-lieutenant; "allez vous laver". Ne comprenant plus rien, Henri remonte dans la chambrée et cherche à réaliser ce qui se passe, alors que ses amis l'attendent hors du quartier. Environ 10 minutes plus tard et sans avir fait quoi que ce soit il redescend et pour la 3ème fois recommence le rituel, bien décidé à demander des explications à l'officier, au risqu de faire 1 ou 2 jours de salle de police ou de passer 1 ou 2 nuits en prison. Et c'est là qu'Henri s'entend répondre par le sous-lieutenant; "Vous ne voulez pas sortir ou quoi ? Ca fait 3 fois que je vous dit "Allez vous L'AVEZ" (sous entendue, la permission). Voilà pourquoi, Henri a perdu près d'une heure de permission, à cause de la blague fumeuse d'un officier, mécontent d'être de permanence un dimanche.
......Un jour, Henri a reçu un colis de son père, dans lequel il y avait, outre quelques confiseries, gâteaux et autres cigarettes, il y avait un petit poste à transistors et une enveloppe contenant une lettre et 100 francs. Rien d'extraordinaire à cela si ce n'est que cela n'était pas un billet de 10 francs mais une des premières pièces de 100 francs en argent. Quelques temps après, Henri partait pour Vallangoujard en permission. A la gare, il prit son billet en payant avec la pièce de 100francs, alors, il s'est passé quelque chose qu'Henri a eut le temps de voir, bien que cela fut très rapide. Le guichetier a sorti de son portefeuille, un billet de 100 francs qu'il a déposé dans sa caisse et a, rapidement, mit la pièce dans sa poche.
......Près de la caserne se trouvait un petit Bar-Hôtel qui s'appelait "Le Vélodrome". Un dimanche, Henri et ses amis y sont allé pour prendre un verre. Henri, qui n'avait pas l'habitude, fut surpris de voir que dans cette petite salle avec 5 ou 6 tables, se trouvaient 3 ou 4 serveuses très, très aimables, (l'hôtel ne devait pas servir, ou très peu, qu'aux touristes). C'est ce jour là, qu'Henri a perdu quelque chose qu'il ne retrouvera jamais !... Déjà soldat, il venait de devenir un homme.
......Dans une lettre, la maman d'Henri lui annonçait que Jojo, son compagnon, et elle allaient déménager, Jojo ayant trouvé un emploi de mécanicien dans une "forcerie de salades" à Foissy-sur-Vannes près de Sens dans l'Yonne.
Ayant 15 jours de permission, voilà donc Henri parti pour l'Yonne. Pour y aller, le trajet était beaucoup plus long que pour Vallangoujard. Il fallait faire: Agen/Paris-Austerlitz, puis aller de la gare d'Austerlitz à la gare de Lyon, prendre le train pour Sens et un car pour aller de Sens à Foissy, si bien que parti d'Agen en début d'après-midi, Henri n'arrivait à destination que le lendemain-matin vers 8 heures.
Foissy-sur-Vannes est un petit (très petit) village), il suffisait de faire 2 fois le tour de l'église pour connaitre à fond les lieux. Un bled, plus de copains, Henri pense que ces 15 jours vont être assez tristes, à part une ou deux fois où sa mère lui a demandé d'aller chercher du gaz dans la petite ville à 2 ou 3 kilomètres, rien de bien excitant à faire. Jojo demanda à Henri si il voulait se faire un peu d'argent, la forcerie de salades cherchait, pour une semaine, quelqu'un pour remplacer un employé souffrant; Henri y est allé et pendant quelques jours, il agrafait sur des cageots les papiers sur lesquels se trouvait la publicité de la forcerie, ça n'était pas super-payé mais,au moins, ça passait le temps. Une fois une séance de cinéma, sur des bancs, dans une grande grange aménagée pour, puis le départ pour la caserne. C’était la première et la dernière fois que Henri voyait Foissy-sur-Vannes.
......Donc,retour à la caserne et reprise de la vie ordinaire du militaire. Un jour, on demande aux élèves de la compagnie "B" de faire leurs sacs à dos, avec une liste d'affaires à emporter, et de se préparer à partir le lendemain en grandes manoeuvres. Les jeunes militaires étaient content mais inquiets, heureusement que les anciens de la compagnie "A" leur ont sympathiquement donné quelques conseils pour que ces quelques jours.
......Le lendemain matin, vers 4 heures, les sous-officiers de chaque sections, réveillent la compagnie et annoncent aux recrues qu'ils ont 1 heure 1/2 pour se préparer en tenue de campagne, aller prendre un rapide petit déjeuner, aller à l'armurerie chercher leurs fusils et se présenter, toutes sections, dans la cour d'honneur, avec le sac à dos devant chaque soldat, fusil à la main en position "repos". Les militaires, à peine réveillés, attendaient les ordres. C'est alors que sont arrivés autant de camions de transport de troupes que de sections et chaque section est monté dans son camion. A 6 heures, les camions se sont mis en route pour unr destination inconnue des soldats.
......Après environ 2 heures de route, tous les soldats sont descendu des véhicules qui sont repartis vers Agen. La "compagnie B" se trouvait dans un paysage de campagne avec; champs et forêts. Le plus dur commençait.
......Disposée en rang par trois, chaque section, l'une derrière l'autre dans l'ordre de la 1ère à la 6ème, chaque soldat ayant sac au dos et fusil à l'épaule est partie d'abord en marchant au pas pendant 2 ou 3 kilomètres, puis au pas libre à condition de rester en rang, ne se remettant au pas que pour traverser hameaux ou villages, (pour faire bonne impression devant les populations). Cette "fine armée" a du faire 25 ou 30 kilomètres, ainsi, avec 30 kilos sur le dos et le fusil pesant environ 4 kgs 500, (un MAS 49/56), inutile de dire que tous étaient crevés.
......Au bout de cette trentaine de kilomètres, la compagnie s'est arrêtée dans une clairière dans un bois éloigné de toute habitation. Première chose à faire dans ce cas; monter les tentes. C'était des tentes carrées destinées à abriter 4 hommes et leur matériel, chaque soldat avait dans son bardat 1/4 de la tente, à savoir; 1/4 des piquets et des ficelles et 1/4 de toile c'était un triangle de toile imperméabilisé se fixant aux 3 autres quarts par des pressions, et à l'occasion ces triangles, munis d'une fente refermable, pouvaient servir de poncho sous la pluie. Ensuite ça a été l'heure du repas.
Celui-ci n'était constitué, uniquement, que de ration de guerre individuelle contenant des boites ce paté de jambon ou de "corneed-beef", des pâtes de fruits, des biscuits impossible à manger tant ils étaient durs et une petite "topette" de 2 ou 3 centilitres de "gnôle", et pour la journée 6 feuilles de papier toilette, enfin à cela il fallait ajouter un sachet de pillules destinées à désinfecter l'eau que les soldats pouvaient prendre dans leurs gourdes en passant près d'une rivière.
......L'après-midi s'est passée en manoeuvres militaires, la compagnie A étant venue, en secret, en tant qu'ennemi. Puis le soir, après le repas qui était meilleur car la cuisine roulant était aussi arrivée, les soldats ont été réunis pour une soirée de détente et de rigolade, ensuite ils se sont couché, à savoir qu'écoutant les conseils des anciens, aucun n'avait retiré ses godillots afin que les pieds ne gonflent pas.
......Dans la nuit, Henri eut une envie d'uriner, il s'est donc levé, est sorti de la tente, la nuit était très peu éclairée par la lune mais dans un énorme brouillard. Doucement, il s'est avancé le plus loin possible des tentes et s'est soulagé. Le lendemain matin, au réveil, tout le monde s'est levé et est parti, chacun de son coté pour faire ses besoins, Henri, ayant prit la même direction que la nuit, s'est aperçu avec une peur rétroactive que, dans le noir et le brouillard de la nuit, il s'était soulagé à moins d'un mètre d'un profond ravin faisant entre 50 et 100 mètres de profondeur, (il se serait avancé un peu plus, peut-être qu'aujourd'hui il ne serait pas là pour raconter). Avant le petit déjeuner, la compagnie devait aller faire sa toilette, les officiers ayant décrété qu'elle irait se laver dans une rivière qui passait à 1 ou 2 kilomètres de l'endroit où elle était. Les sections sont donc parti une par une vers la rivière avec leurs affaires de toilette, en tenue de sport et en petite foulée, toutes sauf la 4ème section (celle d'Henri) qui, étant commandée par le sous-lieutenant plus ou moins sadique qui avait embêté Henri pour la permission, avai du fair tout le trajet, du camp à la rivière en tenue de campagne (treillis et godillots, seule concession, seulement le casque léger sur la tête), et à "saute-moutons" et non en petite foulée. Les militaires de la 4ème section sont arrivé crevés et transpirants à la riviere pour se déshabiller et se baigner dans une eau glaciale. Le soir, retour en camions à la caserne. Résultat de cette "aventure"; le lendemain Henri avait un rhume , vite transformé en bronchite qui est devenue une forte crise d'asthme ce qui fait qu'après avoir passé 3 jours à l'infirmerie, il a été évacué en urgence vers l'hôpital militaire "Robert Picqué" à Bordeaux.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mar 21 Aoû 2012, 08:36

VINGT-SEPTIEME PARTIE :,Hôpital et fin de carrière


.......Arrivé à l’hôpital, Henri est aussitôt admit dans le service "phtisiologie", il pensait qu'il ne resterait que quelques jours, peut-être une semaine ou deux, le temps d'être soigné et de retourné à la caserne. Il ne pensait pas, à ce moment là, qu'il serait hospitalisé plusieurs mois. En effet, Henri est resté en phtisiologie, pas mois de sept mois.
......Ne croyez pas qu'Henri soit resté, autant de temps, cloué au lit, non, bien qu'ayant des médicaments et des soins tous les jours, il sortait, bien sur dans l'enceinte de l'hôpital, pour rencontre des amis et jouer aux boules, il allait aussi tous les matins à l'entrée de l'établissement où le gardien tenait une petite boutique dans laquelle il vendait tout ce qui était nécessaire; gâteaux, confiseries, journaux, magazines, souvenirs, timbres et autres cigarettes, c'est chez lui, aussi, qu'il y avait la boite aux lettres de la poste. Il faut savoir que les malades du service "phtisio", bien que n'étant que des asthmatiques ou des malades pulmonaires, ils avaient, non seulement, le droit de s'acheter des cigarettes mais en plus ils continuaient à recevoir, mensuellement, leurs 30 paquets de "Gauloises troupes".
......Par l'ancienneté, Henri est devenu, "malade travailleur", c'est à dire qu'il se levait le matin le premier le matin et allait, aux cuisines, chercher le petit déjeuner pour tout son service, ce petit déjeuner consistait en pain, beurre et confiture, une grande gamelle de café et une autre de lait qu'il devait faire chauffer dans la cuisine du pavillon "phtisio". Le fait de faire ça lui donnait le privilège d'avoir, le midi et le soir, un steak en plus du repas normal; Henri servait aussi de cobaye aux étudiants médecins de la "navale", qui forme le corps médical, tant militaire que civil. Ensuite, il eut le droit de sortir pour aller, dans Bordeaux, à la faculté de médecine, place des victoires, où les professeurs lui faisaient des tests de recherche d'allergies devant les étudiants dans l'amphithéâtre. Henri devait être à la faculté pour 14 heures, les examens duraient environ une heure, mais il était autorisé à retourné à l'hôpital à 18 heures, pour le dîner, ce qui lui permettait d'être libre de se balader en ville près de 3 heures. Pendant ce temps libre, Henri faisait surtout la tournée des bouquinistes afin de pouvoir acheter des "San-Antonio", car à la caserne un copain lui en ayant prêté un, ce genre de policier lui a plu et il voulait continuer à en lire ( à savoir, qu'àu moment où ces lignes sont écrites, Henri a du lire, à 2 ou 3 près, tous les San-Antonio écrit par Frédéric Dard). En même temps il faisait divers achats pour les malades qui ne pouvaient pas sortir.
......Henri qui ne croyait rester que quelques jours, n'est sorti de l'hôpital qu'environ 7 mois plus tard. Un matin, le médecin-colonel chef du service "phtisiologie" (pour l'anecdote, ce médecin se nommait " Colonel Jean Jean-jean", (ses parents devaient avoir beaucoup d'imagination), fait venir Henri dans son bureau et lui annonce qu'il devait préparer ses affaires car il quittait l'hôpital dés le lendemain, pour aller en convalescence en direction de Mirambeau en Charente-Maritime. Henri a donc passé sa journée à préparer sa valise et à dire au-revoir à ses amis. Le lendemain, au bureau des sorties, Henri a été chercher ses papiers, sa solde et le billet de train pour Mirambeau. En début d'après-midi, fin juin, il quittait l'hôpital.
......Arrivée à Mirambeau dans la soirée, descente du train. Sur le quai, Henri voit un militaire en treillis qui l'attendait, il va vers lui pour lui tendre la main, mais en s'approchant un peu plus, il distingue sur la veste de treillis les 3 barrettes d'un capitaine, il rectifie sa position pour le saluer, mais le capitaine se met à rire et tend la main à Henri en lui disant que cela n'était pas obligatoire, puis il emmène Henri dans une jeep en direction du centre de convalescence.
......Henri s'attendait à arriver dans une caserne-hôpital, mais quelle ne fut pas sa surprise quand il s'est aperçu que sa destination était un magnifique château, propriété de l'armée qui en a fait un centre de convalescence. Un médecin-capitaine (celui-là même qui a accueilli Henri à la gare), trois médecins-officiers et sous-officier, trois engagés soldats-infirmiers, deux soldats appelés, jardiniers ou horticulteurs dans le civil, s'occupaient des jardins du château et un soldat appelé s'occupait des petites réparations (électricité, plomberie, etc..), voici la totalité de la garnison du château. Au niveau des convalescents, une vingtaine de malades, pour la plupart des parachutistes ayant été blessés ou des soldats blessés au cours de manoeuvres, un soldat qui s'est blessé pendant son service qu'il faisait à Tahiti et à qui on avait amputé l'avant-bras gauche pour cause de gangrène et enfin un asthmatique, "Henri". Chacun avait une chambre particulière. Outre les chambres, l'infirmerie et les cabinets des médecins, il y avait une grand salle avec douches et lavabos, une salle de réfectoire où tout le monde prenait les repas en commun et une grande salle de détente avec; bibliothèque, fauteuils de repos, des tables de jeu de dames et d'échecs, un baby-foot et un billard. L'enceinte du château n'était pas fermée et les soldats convalescent avaient le droit de sortir et d'aller et venir comme bon leur semblait en dehors des séances de soins.
......Le premier matin au petit déjeuner, Henri s'aperçu qu'il était le seul en uniforme, aussi, dés qu'il pu sortir il alla en ville pour acheter un pantalon, une chemise et un blouson et il alla ranger son uniforme dans l'armoire de sa chambre.
......Mirambeau est une belle petite ville des Charentes-Maritimes, calme et agréable. En face du château se trouvait un petit bar, tenu par un couple de personnes assez agées, mis à part quelques fermiers ou employés du coin, la clientèle était, surtout, militaire, c'est là que nous nous rendions tous les jours après le déjeuner pour boire un café et jouer aux cartes. Les journées étaient agréables, à se promener, discuter ou bouquiner, quelques fois passer un moment au café ou dans la campagne environnante avec quelques jeunes filles du pays. Henri a vite compris ce que voulait dire, "c'est la vie de château". (Au moment pendant lequel vous lisez ces lignes, il y a quelques années que le château n'appartient plus à l'armée et est devenu, un grand hôtel-restaurant, probablement dans la lignée des "Relais-châteaux").
......Le matin du 8 mai, cette année-là, il a été demandé à tout les convalescent de se mettre en uniforme, afin de former un mini-défilé pour la commémoration au monument aux morts, il faut dire que ce petit "bataillon", constitué de malades et d'éclopés, dont 2 ou 3 avec des béquilles, était assez cocasse à voir.
......Au début de la troisième semaine du mois, le capitaine a proposé au soldat, pour la somme de cinquante francs, un séjour de 3 jours à Lourdes à l'occasion du "pélerinage militaire international".
Henri a été le seul à y aller. Donc départ pour Lourdes, installation dans une grande tente type
"marabout" d'un autre corps d'armée, bien sur, quelques prières et messes, mais surtout visite de la ville en compagnie de militaires étrangers (parlant plus ou moins le français), avec qui il avait lié amitié. En se promenant en forêt en sortie de Lourdes, il y avait un chemin bordant un énorme fossé qui devait être autrefois, un cours d'eau, de l'autre coté de ce fossé était la montagne, les 2 ou 3 militaires étant passé de l'autre coté, se sont aperçu que sur le flanc de la montagne se trouvaient pleins de grottes (ou du moins des gros trous en profondeur), rien d'extraordinaire à tout cela, si ce n'est qu'à l'intérieur d'une de ces excavations, Henri et ses amis ont remarqué qu'au plafond se trouvaient de très vieilles cannes et béquilles accrochées. Partant de là, les soldat ont pensé en conclure, qu'ils étaient dans la vraie grotte de l'apparition, et que la grotte face au "gave de Pau" avec ses béquilles et autres cannes plus ou moins récentes n'était qu'un piège à touristes, mais ça, ils ne le sauront jamais, tout du moins Henri qui n'est jamais retourné à Lourdes. Ces 3 jours à Lourdes se sont terminés par une grande fête et par une immense ronde formée par tous les soldats de tout les pays présents et au chant de "ce n'est qu'un au-revoir". Puis retour à Mirambeau où Henri apprend qu'il retourne à Bordeaux pour passer devant le "conseil de réforme".
......A Bordeaux, Henri est cantonné dans une caserne pour attendre son passage devant le conseil. Celui-ci eut lieu quelques jours plus tard, dans une grande salle Henri se trouvait assis devant une table derrière laquelle se tenait un aréopage d'officiers et de sous-officiers médecins, présidé par un général. Après quelques minutes de palabres, le général a annoncé à Henri, qu'il était réformé et qu'il rentrerait dans ses foyers le 2 juin suivant (c'était en 1965).
......La carrière militaire d'Henri était terminée, une nouvelle vie commençait.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mar 21 Aoû 2012, 08:40

VINGT-HUITIEME PARTIE : Retour dans le civil.

......Le 2 juin 1965, Henri retourne à la caserne Valence à Agen pour reprendre sa valise et ses affaires personnelles, dire adieu à ses amis de la 4ème section, récupérer ses papiers de "libérable" avec son billet de train, puis reprendre le chemin de la gare et enfin le train pour La Courneuve, ville de la banlieue parisienne, où ses parents s'étaient installés comme gérant d'un garage depuis quelques temps. Henri est arrivé à La Courneuve, qu'il ne connaissait pas, par le dernier train vers 1 heure du matin. Une ou deux personnes étant descendu avec lui, il demande où se trouve la rue où était le garage; Se trouvant devant l'établissement, à plus d'une heure du matin, il le trouve, bien sur, fermé, il regarde si il y a une sonnette, rien!, il voit le garage avec au dessus un logement, derrière, une cour pleine de voitures en plus ou moins bon état et une maisonnette. aucune lumière, Henri allant et venant devant le garage entendit tout à coup, un gros chien se mettant à aboyer dans le garage et il fit son possible pour que le chien continue à aboyer pour réveiller quelqu'un, mais rien ne bougeait. Henri, voyant que la porte de la cour n'était fermée que par un crochet y entre donc et se retrouve au milieu de voitures, parmi lesquelles la "Frégate" de sa mère, celle-ci n'étant pas fermée il y rentre et se couche sur la banquette arrière pour attendre le matin. Henri se souvient qu'il ne faisait pas très chaud. Vers 6/7 heures du matin il fut réveillé par du bruit, regardant discrètement par la vitre, il vit que c'était Jojo qui sortait de la maisonnette pour aller prendre son travail. il est alors sorti de la voiture, à la surprise de Jojo, et put aller dans le pavillon retrouver sa famille, se réchauffer devant un bon café et aller se reposer.
......Henri, revenu à la vie civile, est resté environ 2 semaines à se reposer ou à aider Jojo au service de l'essence ou à laver des voitures, mais il fallait qu'il se trouve du travail, aussi, avec sa maman, dans le bureau du garage, il épluchait les petites annonces, mais le problème est qu'à part l'horticulture, qu'il ne pouvait plus faire, il ne savait pas faire grand chose. Un matin, sa mère trouve une annonce qu'elle lui montre, le grand magasin de "Printemps" cherchait plusieurs catégories d'employés, parmi lesquelles des "manutentionnaires", il fallait se présenter le lendemain matin à l'ouverture du magasin, à l'entrée du personnel, rue de Provence, Henri y était à l'heure et s'est retrouvé avec beaucoup de postulants pour divers postes. On les a fait monter dans des bureaux où ils ont été interrogés après avoir rempli un formulaire d'embauche, c'est ainsi qu'Henri, 1 ou 2 heures après était engagé comme manutentionnaire au "Printemps" et devait commencé la semaine suivante. Ce qui lui laissait 2 ou 3 jours pour se préparer.
......Voilà Henri, manutentionnaire aux "Grands Magasins du Printemps", il va, dans le rayon dans lequel il est placé, remplir le rayon, allez chercher la marchandise, les commandes, préparer les stands et les nettoyer, etc.., enfin des journées bien remplies. Au bout de quelques temps, Henri n'était placé comme manutentionnaire que dans les salons organisés par le magasin; salon des antiquaires, salon d'arts, salon du jouet (à Noël), salon du blanc ou encore salon du tapis d'Iran. A ce salon du tapis d'Iran, le chef de rayon qui soccupait de ce salon demande à Henri de bien vouloir l'accompagner à l'entrepôt du Printemps, à Saint-Denis, pour préparer les tapis qui arrivaient d'Iran et qui devaient être mis en vente. Chaque tapis ayant au dos une étiquette avec leur nom, leur taille et leur ville d'origine, Henri devait reporter sur un registre toutes ces indications en donnat à chaque tapis un numéro d'ordre, nécessaire aux vendeurs du magasin, ceux-ci devant inscrire à la suite le jour de la vente et les coordonnées du client. A l'entrepôt de Saint-Denis il y avait une cantine pour le personnel et une salle à manger pour les cadres, Henri n'a mangé qu'une fois à la cantine, car dés le lendemain, le chef de rayon l'a emmené avec lui à la salle à manger, Henri n'était pas peu fier de déjeuner en compagnie des cadres. Une fois sa tâche terminée, Henri et son chef sont retourné au magasin, pour le salon, cette fois non seulement Henri a repris sa fonction de manutentionnaire, mais en plus il suppléait les vendeurs et était capable, sinon de vendre, de commencer à renseigner un client en attendant qu'un vendeur soit libre. Un jour, voyant plusieurs messieurs, dont un très intérêssé, devant des tapis, Henri s'approche d'eux et demande au monsieur qui regardait attentivement les tapis si il désirait un renseignement, le "client" lui répond que cela n'était pas nécessaire, les tapis lui appartenant, croyant avoir mal comprit, Henri s'excuse et demande au monsieur de bien vouloir répéter, celui-ci se relève en donnant la même réponse et Henri se trouve tout étonné devant........."Sa majesté impériale, Mohamad Reza Pahlavi, Shah d'Iran". Celui-ci était venu à Paris pour voir l'exposition. Effectivement, tant qu'ils n'étaient pas vendu, les tapis lui appartenaient.
......(petit aparté) Entre temps, la maman de Henri, qui ne travaillait pas a trouvé une place de gardienne dans un immeuble à La Courneuve. Comme c'était à environ 1 kilomètre du garage, le déménagement a été fait à pieds, à l'exeption des gros meubles.
......Certains clients ne sachant que choisir sur différends tapis en sélectionnaient plusieurs et demandaient que le magasin aille chez eux pour les présenter afin qu'ils optent pour celui qui serait le plus beau dans leurs appartements. C'est le chef du rayon qui avait cette tâche et il prit Henri pour l'accompagner. Vu le prix des tapis, Henri a pu voir pour la première fois des appartements comme il n'aurait jamais pensé que celà existait, surtout dans le quartier des Champs-Elysées ou dans le 16ème arrondissement. Un jour, Henri et son chef devaient présenter des tapis dans un appartement de l'avenue Foch. Celui-ci en rez-de-chaussée, la salle de séjour donnait sur la contre-allée de l'avenue Foch, des meubles de luxe qu'Henri n'avait vu que dans les magasins ou au cinéma, il y avait 2 grandes fenêtres et le mur en pierres meulières contre lequel, partant du plafond, coulait une cascade d'eau (en circuit fermé) tombant dans un bassin, aussi en meulières, empli de poissons rouges et de plantes aquatiques. La propriétaire de cet appartement, qui devait acheter un tapis, dit au chef et à Henri que son mari n'est pas encore rentré et leur demande si il peuvent repasser un peu plus tard, connaissant la cliente, le chef accepte et lui demande si il pouvait alisser les 2 ou 3 tapis, ayant une autre présentation à faire. La dame accepte et propose que les tapis soient déposés dans un débarras, autre surprise d'Henri quand il est entré dans le "débarras", c'était une pièce d'environ 1 mètre 50 sur 2 mètres, dont les murs étaient tapissées de tissu style toile de Jouy, avec un lavabo sur lequel les robinets, porte-savon ou autres accessoires étaient, sinon en or, du moins en plaqué. Après avoir été chez l'autre client, Henri et son chef sont retourné avenue Foch, ils ont sonné, la dame leur a ouvert, elle pleurait, elle leur a expliqué qu'elle ne pouvait plus acheter de tapis, venant de subir un drame familiale, les deux hommes ont donc reprit les tapis et sont reparti non sans avoir remarqué que le "drame familiale" consistait en une marque de gifle sur la joue de la dame, apparemment le mari n'était pas au courant de l'achat de ses tapis, n'était pas d'accord avec son épouse et le lui avait fait comprendre par des arguments frappants.
......Il y avait, au "Printemps" deux sortes de clientes spéciales, connues de presque tout le personnel, et qui étaient surnommées, les "Baronnes" et les Comtesses". Les "Baronnes" étaient des clientes kleptomanes, elles ne pouvaient s'empêcher de voler quelques choses au hasard des rayons, les vendeurs avaient ordre de ne rien faire, toutes étant pratiquement connues d'une part et d'autre part, les 3/4 du temps elles étaient suivi soit du mari, soit de quelqu'un payé pour cela. suivant l'objet chapardé par la dame, soit il était payé, soit rendu le jour même ou le lendemain. Les "Comtesses", elles, c'était autre chose, elles commandaient, payaient et se faisaient livrer, régulièrement, tapis, vaisselles et verres de luxe, argenteries, etc et le lendemain ou deux jours après, demandaient que le magasin vienne reprendre la marchandise, prétextant un problème plus ou moins valable. Le magasin reprennait donc ce qui avait été livré et remboursait la personne en gardant le montant de la livraison à domicile et celui du retrait. Souvent, il y avait des miettes dans les tapis, et la vaisselle plus ou moins bien lavée. Ce qui fait que ces dames les "Comtesses" avaient fait un dîner avec des invités en leur montrant de la vaisselle de luxe à moindre frais.
......Henri n'est resté au "Printemps" que 2 ans, car pour la 1ère et unique fois de sa vie, il a été mis à la porte. Pour les congés payés, Henri, affilié à un "club protestant" faisant parti d'une association d'anciens alcooliques, était parti en vacances en Italie dans une propriété appartenant au responsables du club, seulement, le retour à été effectué 3 jours après la date à laquelle Henri devait reprendre le travail. d'où son licenciement du "Printemps".
......Voici de nouveau Henri sans travail, et c'est la recherche sur les petites annonces qui recommencent.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mer 22 Aoû 2012, 06:52

VINGT-NEUVIEME PARTIE : Nouveau boulot.

......Revoici donc Henri épluchant les "petites annonces" pour retrouver du travail. Une annonce attire son attention, "Recherche, magasinier (même débutant) pour magasin d'électroménager. Se présenter tel jour, telle heure au "CME" (Comptoir Moderne de l'Electroménager) rue Godefroy Cavaignac Paris 11ème". C'était pour le lendemain. Le lendemain matin, Henri se lève de bonne heure pour prendre le train de La Courneuve à Paris, puis le métro jusqu'à la station "Voltaire". Reçu dans les bureaux de la société, il a discuté avec le patron et 1/2 heure-3/4 d'heure plus tard, heureux d'avoir obtenu le poste, il retournait chez lui, non sans avoir auparavant été voir l'endroit exact du magasin dans lequel il allait se trouver, qui était à quelques dizaines de mètres des bureaux, rue de la Roquette (entre la place Voltaire et la Bastille).
......Le lendemain à 7 heures, henri était déjà sur place, bien qu"il ne commençait qu'à 8 heures 30, le magasin n'ouvrant à la clientèle qu'à 9 heures. Le temps d'aller prendre un petit café au petit bar attenant, et le voici sur son nouveau lieu de travail. Henri est accueilli par la gérante du magasin qui lui présente le reste du personnel, à savoir; 3 vendeuses et un vendeur (qui commençait aussi depuis quelques jours) en électroménager, 1 vendeur-technicien en "radio-télévision- HiFi" et une caissière. Ensuite, la gérante a emmené Henri dans son poste de travail "la réserve", en lui signifiant bien qu'au début il allait avoir beaucoup de travail, ce qui a un peu affolé Henri quand il est rentré dans le local. La réserve se trouvait dans un ancien grand appartement de 3 pièces et une salle d'eau. A l'intérieur, un désordre innommable, des boites de rasoirs électriques, de mixers, de cafetières et autres appareils en vrac sur les rayons ou à terre, dans ce qui était autrefois une pièce d'eau, un énorme tas de chauffe-eau de toutes marques "sens dessus-dessous", (il faut dire que le magasin, n'ayant pas de magasinier depuis pas mal de temps, les vendeurs allaient chercher, eux-même, ce dont ils avaient besoin, mais n'avaient pas le temps de ranger quoi que ce soit quand les clients les attendaient). Donc, Henri, qui n'y connaissait rien, devait tout ranger. c'était du boulot, mais cela lui permettait de connaître, ce dont il aurait à s'occuper désormais.
......Henri a commencé par ranger les chauffe-eaux, car c'était dans leur local qu'il y avait le plus de bazar, tout était mélangé, il a donc fallu les sortir de la pièce, puis après après avoir balayé le local, remettre les appareils par marque et, dans chaque marque, par puissance, ce travail a pris une bonne journée à Henri, car il était assez souvent dérangé par les vendeurs pour descendre telle ou telle marchandise. Ensuite, comme il y avait 3 pièces, munies d'étagères, c'était à lui de décider comment ranger les appareils électroménagers, afin de retrouver du premier coup celui que le magasin lui demanderait. Dans la première pièce, près de la fenêtre, se trouvait une vieille petite table de cuisine et une chaise, Henri, après avoir tout nettoyé, en a fait son bureau avec dessus cahiers, crayons, documentations sur différends appareils, et le téléphone directement relié avec le magasin qu'il a retrouvé sous un tas d'articles, par-terre. Une fois tout ce rangement terminé, après une bonne semaine de boulot, Henri était près à être chef-magasinier ( c'était le titre, mais seulement "honorifique" vu qu'il était seul ).
......Le magasin était affilié à la FNAC, "Fédération Nationale d'AChats", (ancêtre de la FNAC d'aujourd'hui) . Son objet était la création de carnets d'achats pour tout public qui voulait acheter moins cher. Les commerçants inscrits sur ces carnets accordaient des remises aux particuliers et versaient une commission à la Fnac. Il y avait sur ces carnets toutes les branches commerciales sauf de matériels photographiques. Le magasin dans lequel travaillait Henri vendait tout ce qui était petit et gros électroménager, des rasoirs électriques, des télévisions, des électrophones, des postes de radion à transistores, ainsi que du matériel non électrique, un peu de vaisselle, des cafetières à l'italienne, des appareils à fondue, et aussi, mais sur catalogue, des matelas. A part le gros électro, les télés et les matelas Henri s'occupait de la réserve et des commandes de tout le reste. Ayant été chercher quelque chose au Siège de la société, qui servait non seulement de bureaux mais aussi de dépôt pour les gros articles, Henri a vu que devant chaque emplacement où ceux-ci étaient rangé, il y avait une étiquette indiquant l'article mais aussi le nombre de disponible, aussitôt rentré au magasin, Henri demande à sa patronne si il serait possible d'avoir un stock d'étiquettes comme celles qu'il avait vu, ce qui fut tout de suite accepté, ainsi avec ce système, en effaçant tous les jours les noms et nombres d'articles quittant la réserve, il pouvait commander à temps ce qui allait manquer, il faisait une liste, la passait à sa patronne qui rajoutait des nouveaux articles ou en enlevait certains quand il y en avait encore beaucoup en rayons et envoyait la commande.
......Un jour qu'il était dans la cour, en train de plier des cartons, Henri a entendu des cris de dispute venant du magasin, il est entré pour voir ce qui se passait. C'était un client qui avait apporté un appareil sous garantie en réparation depuis pas mal de temps et qui ne l'avait toujours pas récupéré. La patronne était désolée et plutôt mal à l'aise, essayait de s'expliquer, mais c'est vrai qu'avec le travail intense qu'il y avait dans ce magasin, elle n'avait pas eut le temps. Appel, donc, au fournisseur, arrangement avec celui-ci et le client, puis départ de ce client avec l'assurance dr récupérer son bien quelques jours plus tard. Bien sur, ce genre de problème s'était déjà produit et se reproduira, probablement encore, il fallait donc trouver une solution à cela. Henri, proposa, alors, à la patronne de s'occuper personnellement du "service après vente" en ce qui concerne uniquement le petit électroménéger, ce qui laissait à la patronne et aux vendeurs toute latitude pour faire leur travail sans s'occuper d'autre chose. Sa proposition a, tout de suite été acceptée. Dans la cour, après la loge de la concierge, il y avait un local appartenant au magasin, qui ne servait à rien sinon de débarras, Henri a encore mit un bon moment à le nettoyer. Dans ce local, il y avait des étagères, (il avait probablement servi de réserve autrefois). La patronne a récupéré un vieux bureau et une chaise, y a fait rebrancher un téléphone et a donné à Henri les adresses et documents relatifs aux fabricants et fournisseurs avec lesquelq il aurait affaires. Cette fonction supplémentaire rapportait à Henri une prime mensuelle de 10 francs ce qui n'était pas négligeable sur un salaire (à l'époque) d'à peine 700 francs par mois.
......Bien qu'il s'entendait bien avec tout le personnel, de la patronne à le caissière en passant par les vendeurs, vendeuses et technicien télé-radio, Henri avait lié, particulièrement, amitié avec Roland le vendeur qui était arrivé presqu'en même temps que lui. Tant et si bien qu'un peu avant les vacances Roland demanda à Henri s'il voulait bien partir en vacances avec lui, Henri a été d'accord et les 2 amis se sont mit a réflêchir à l'endroit où ils pourraient aller. Ils a été décidé que le lundi suivant, jour de fermeture du magasin avec le dimanche, ils iraient au "Club méditerrannée" chercher le catalogue pour se faire une idée. Ce qui fût dit fût fait, tous les jours, à l'heure du repas au resto, ils cherchaient leur prochaine destination. Roland, pied-noir tunisien né à Sfax, opta pour le village de Djerba en Tunisie, Henri n'étant jamais allé à l'étranger, fût aussitôt d'accord, ils se retrouvèrent donc le lundi suivant au siège du club, rue de la Bourse. Malheureusement, à la période de leurs vacances, il n'y avait plus de place, l'un des GO du club, les voyant désapointés et se rendant compte que c'était la première fois qu'ils allaient au club, leur conseilla de choisir un village où il y avait encore de la place et de s'inscrire au service "Espoir" pour le cas, peu évident, où quelqu'un inscrit pour Djerba se désisterait. Ils ont donc réservé leurs places pour Cadaquès en Espagne, et ne se sont pas inscrit à l'Espoir. C'était décidé, ce serait l'Espagne. Et Roland venant d'avoir son permis de conduire et d'acheter une 2CV, ils décidèrent de ne pas prendre le voyage du club et d'y aller en voiture, ce qui arrangeait Henri financièrement, car l'Espagne était moins chère que la Tunisie et le voyage était encore moins cher si on y allait par ses propres moyens, bien sur, sa maman l'aidait mais quand même.
......Autre ennui pour Henri, une ou deux semaines avant le départ Roland lui dit qu'il ne partait plus avec lui, étant tomber amoureux, il allait en vacances avec sa copine et qu'il s'était fait rembourser sa réservation. Henri ne savait plus quoi faire, car ayant prit la formule "village-village", il n'avait pas de réservation pour le train et si près du départ, peu de chance d'en avoir une, il en a parler à sa mère qui, aussitôt, est allé avec lui au siège du club pour voir si cela pouvait s'arranger. Cette fois, Henri eut de la chance, un voyageur pour Cadaquès avait résilié son voyage et il restait donc une place, il a seulement suffit de payer la différence.
......Les vacances sont arrivées et Henri s'est retrouvé, un vendredi soir, à la gare d'Austerlitz avec peut-être 50 ou 60 autres membre du club, à attendre le train qui les emmenerait vers l'Espagne. Ils étaient 6 par compartiment et un compartiment était réservé à l'hôtesse et au steward GO du club, qui accompagnaient et s'occupaient des GM. Comme il était toujours un peu timide, les co-voyageurs de Henri, se sont vite aperçu que c'était la première fois qu'il allait au club et ont tout fait pour le mettre à l'aise, et Henri a tout de suite compris que malgré l'absence Roland, il allait passer deux bonnes semaines de vacances. Le soir vers 22 heures les GO sont passé pour leur montrer comment installer les couchettes, ce qui a été fait bien qu'ils ne se soit pas couché tout de suite, il ne se sont couché qu'après avoir été faire un tour au wagon-bar pour sceller leur nouvelle amitié.
Les GO les ont réveillé vers 5h30 du matin avec café au lait, thé ou chocolat et des croissants, le train arrivant vers 6h30 à Figuéras en Espagne où ils ont été réunis pour la distribution des logements au village et ensuite ils ont repris un train qui les emmenait à Cadaquès. Les GM furent reçus en fanfare avec Sangria. Après avoir eut les explications nécessaires sur le village et la manière de trouver sa "case", Henri est parti à la recherche de la sienne et l'ayant trouvé il voit qu'il y avait déjà quelqu'un ( au club à l'époque logeait les GM à 2 par case ), et au moment de s'installer il s'aperçoit par les bagages déjà rangés que c'était une fille. Son reste de timidité le poussa donc à reprendre sa valise et de retouner vers l'entrée pour trouver une autre case, en route il rencontre un GO qui lui demande si il peut l'aider, Henri lui explique le cas et c'est en riant que le GO l'emmène au bar, lui paye un apéritif en lui disant qu'il allait arranger ça, ce qu'il fit rapidement. Henri se retrouva donc dans une case seul. Les cases à Cadaquès étaient des petites maisonnettes en dur avec 2 lits, 1 table, 2 chaises et un cadre en bois, avec étagères et cintres, fermé par un rideau. Après le déjeuner Henri est reparti vers sa case pour ranger ses affaires, puis il s'est allongé sur le lit et fatigué par la nuit de train il s'est aussitôt endormi pour l'après-midi. En se réveillant Henri vit qu'un nouvel occupant était arrivé et que pendant qu'il dormait, un GO avait laissé des papiers de douanes à remplir (ceux qu'ils avaient remplis dans le train, ayant été perdu).
......Henri entendit dans tout le village un air de musique classique et vit que tout le monde se dirigeait vers le centre du village. En fait la musique, il l'apprit par la suite, était celle du "repas de Roi" de Lully ou Delalande et elle était diffusée le midi et le soir à l'heure des repas. Toujours seul Henri commenca à faire la queue devant les buffets, quand il sentit une main sur son épaule, c'était les 5 GM avec qui il avait voyagé qui lui demande de venir avec eux à leur table, ce qu'il fit content de ne pas être seul, mais il vit que personne ne s'arrêtait devant les buffets, les autres lui ont expliqué qu'au club, le petit-déjeuner et le déjeuner étaient en self-service, mais le dîner était servi à table à part les desserts qui, eux, étaient sur les buffets. Les tables étaient pour 8 personnes, ils se sont mit à une table où il y avait déjà deux jeunes d'à peu près de leur âge. Aussitôt, les huit convives se sont présenté, l'un à l'autre, plus amplement, ont dîner, ont bien ri et à partir de là, ne se sont plus quitter durant les 2 semaines. Henri heureux d'avoir des nouveaux amis, a passé des vacances fabuleuses qui, hélas tout ayant une fin, se sont terminés (dans les larmes) au bout de 14 jours. Henri étant le seul à partir, ses copains s'étant payé 3 semaines de vacances.
......Retour à La Courneuve, une semaine de congés restante et le retour au travail.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mer 22 Aoû 2012, 08:31

TRENTIEME PARTIE : : Henri chez lui.

......De temps en temps, Henri s'occupait, quand il avait le temps, des clients en les renseignant ou en les guidant vers ce qu'ils désiraient, si un client se décidait pour tel ou tel article, Henri appelait, alors, un vendeur ou une vendeuse pour qu'il prenne la suite et s'occupe de la facture. Un jour, une cliente entre dans le magasin, Henri était là, et comme les vendeurs étaient occupés, il demande à la dame si elle désire un renseignement, celle-ci lui répond qu'elle souhaiterait acheter un réchaud à gaz à 2 brûleurs. en expliquant qu'elle était en train de meubler et d'appareiller une petite chambre, dans l'immeuble juste en face, afin de la louer. Henri qui était toujours chez ses parents à , La Courneuve, dans une chambre dans laquelle il y avait un grand lit où il dormait avec son frère et un lit d'une personne pour sa soeur, dit à la cliente qu'il serait intéressé et demande le prix, la dame lui dit 300 francs par mois, sans caution. Henri lui dit qu'il allait en parler à sa mère et qu'il donnerait sa réponse le lendemain ce à quoi la dame répond qu'elle repasserait. Sa mère étant d'accord, la dame a emmené Henri voir la chambre, celle-ci, après un petit couloir, faisait à peine 4 mètres sur 3, il y avait un grand lit, une table de camping avec 2 chaises en bois, une armoire en plastique souple, un lavabo et le réchaud sur un meuble destiné à recevoir la bouteille de gaz. Ce n'était pas grand, mais ce serait chez lui, car il a tout de suite accepté.
......Le dimanche suivant, avec ses parents il a déménagé ses affaires, non sans avoir auparavant été chez un ami de Jojo, ferrailleur qui vendait un vieux réfrigérateur, mais qui fonctionnait, pour l'énorme somme de 20 francs. Outre la joie qu'il avait d'être chez lui, Henri pensait qu'il serait moins fatigué, car tous les jours, de La Courneuve, il devait se lever de bone heure pour prendre le train et le métro pour aller au travail et le même trajet en sens inverse le soir, alors que là, il n'aurait que la rue à traverser, de plus, il n'aurait plus à aller au restaurant le midi, il ferait lui-même sa propre cuisine, donc "économies de temps et d'argent", ce qui, vu son petit salaire, n'était pas négligeable.
......Le magasin était ouvert, du mardi au samedi, de 9 à 18 heures, sauf le vendredi où il y avait "nocturne", c'est à dire qu'il fermait à 22 heures. Ce jour là, avant de quitter son service à 18 heures, Henri, remplissait les rayons pour que le service "vente" puisse travailler sans être obligé d'aller chercher de la marchandise en réserve. La patronne, ayant vu qu'Henri se débrouillait assez bien dans l'accueil des clients et la vente, lui demanda si il ne serait pas intérêssé à faire les nocturnes en tant que vendeur, ce qui lui rapporterait 40 francs de plus par mois, plus quelques petites primes. Bien sur, Henri accepta, cela mettrait un peu de beurre dans les épinards. Comme Henri travaillait en blouse bleue, la patronne lui demanda de s'en acheter une blanche comme les vendeurs pour les vendredis et elle lui remit une liste, qu'il ne connaissait pas et qui concernait les "petites primes" dont elle lui avait parlé. En effet, tous les mois, la direction remettait au vendeur une liste des articles qui partaient le moins et une prime, allant de 2 à 15 francs, était remise au vendeur à chaque fois qu'il vendait un de ces articles. Voici comment Henri est devenu en peu de temps; magasinier-responsable du SAV-vendeur et chez lui indépendant.
......Malgré cela, son loyer prennant environ la moitié de son salaire, quand il avait enlever sa nourriture, la blanchisserie, etc..il ne lui restait pas grand chose.
......En lisant le journal, Henri vois sur les petites annonces qu'on recherchait du personnel de ménage, de 6 heures à 8 heures du matin au magasin de prêt-à-porter "La Belle Jardinière". Henri est allé se présenter. Il mettait 1/4 d'heure en métro pour y aller ou en revenir, ce qui fait que de retour vers 8h15, il avait le temps de se laver et prendre son petit déjeuner avant de prendre son boulot à 9 heures.
......Entre-temps, le dimanche suivant sa reprise de retour de vacances, Henri est allé gare d'Austerlitz accueillir ses amis de vacances qui revenaient d'Espagne, il avait une petite appréhension car sa mère lui avait dit que, souvent, les relations de vacances n'étaient, justement, que des "relations de vacances" et qu'il risquait d'être déçu. Le train est arrivé, ses amis sont descendu et ils étaient très heureux de le revoir, c'est ainsi que la fine bande de copains est allé prendre un petit déjeuner pour se raconter; la reprise de travail pour Henri, la fin des vacances pour les autres. s'échanger mutuellement leurs adresses en promettant de se revoir assez souvent.
......Henri a donc été embauché comme "homme de ménage" à la "Belle Jardinière". Tous les matins, il avait 2 heures pour nettoyer les bureaux de la direction et des secrétaires (vidage des corbeilles à papiers, aspirateur, poussières sur les meubles, vitres). Ceci lui rapportait environ 50 francs chaque fin de semaine ce qui n'était pas négligeable. Un jour, en vidant une corbeille dans les bureaux des secrétaires, Henri s'est légèrement coupé avec une lame de rasoir se trouvant dans la corbeille, il ne savait pas à quoi cela pouvait leur servir, mais il a remarqué que toutes les corbeilles contenaient des lames ayant servi. Henri a donc écrit un mot poli, demandant aux personnes d'avoir l'obligeance de ne pas jeter les lames en vrac dans les corbeilles car il s'était coupé, et il a laissé le mot sur le bureau. Le lendemain matin, sur le même bureau se trouvaient, d'une part une boite en carton avec, dedans, plein de lames usagées, et d'autre part un mot d'excuses retenu par un briquet à gaz de publicité de la "BJ" qui lui était donné.
......Les dimanches il allait au cinéma quand ses amis du club ne l'appelait pas pour sortir avec eux, ce qui était assez fréquent (ils avaient tenu parole), sinon, il allait à La Courneuve voir sa mère.
......Et le mois de mai 1968 est arrivé.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mer 22 Aoû 2012, 08:35

TRENTE-ET-UNIEME PARTIE : Mai 68 et nouveau boulot

......Bien que depuis qu'il était chez lui Henri faisait ses repas, il continuait d'aller, le soir, chez "Saïd" le petit bar-restaurant où il allait avec ses collègues, le midi, avant qu'il ait sa chambre, de temps en temps il y dînait, mais le plus souvent il y rejoignait des habitués, ayant à peu près son âge, avec qui il buvait un verre en jouant aux cartes ou au "421", jusqu'à 23/24 heures avant de rentrer se coucher.
......Puis, les évènements du printemps 1968 sont arrivés petit à petit, les grêves et les arrêts des transports en commun, tant et si bien qu'un jour les compagnons de chez "Saïd", travaillant à paris mais habitant en banlieue, ne pouvaient plus rentrer chez eux. Henri leur proposa donc de venir dormir chez lui. ça n'était pas grand mais ils se débrouilleraient. Voici donc dans la petite chambre de Henri, à part lui, un couple de Champigny-sur-Marne, et 3 copains demeurant dans d'autres banlieues. Pour dormir, à 6, ils se sont couché, comme des sardines, dans la largeur du lit. Le lendemain matin c'est la seule fille qu'il y avait qui a gentiment préparer le petit déjeuner, puis Henri est allé bosser, les sociétés des 5 autres étant en grêve. 2 ou 3 jours après, les 4 gars étant partis au ravitaillement, Henri est resté seul chez lui avec la fille, ce qu'il peut dire, c'est qu'elle n'avait pas froid aux yeux, elle s'est aussitôt suspendu à lui et l'a embrassé fougueusement, et ça s'est arrêté là, les garçons pouvant rentrer d'un moment à l'autre. Le soir, petite partie de cartes avant de se coucher et la nuit qui s'est passé comme d'habitude.
......Le lendemain, Henri étant au travail, dans son magasin (qui lui ne faisait pas grêve), voyait dans la rue passer et repasser un de ses "colocataires provisoires" qui avait l'air de vouloir lui parler, à l'heure du repas, ils sont allé dans le bar d'à coté et l'autre lui a dit que Jacques, le compagnon de la fille l'attendait car dans la nuit, s'étant réveillé, il avait surpris sa compagne et Henri, dormant, tous les deux enlacés comme 2 amoureux. Un peu craintif, Henri est monté chez lui et a attaqué d'office Jacques en lui demandant ce qui ce passait, celui-ci répondit à Henri de ne pas s'inquiéter, qu'il avait bien vu que tout le monde dormait et que cela s'est passé la nuit inconsciemment, ce qui était vrai pour Henri, mais il n'était pas sur qu'il en soit de même pour la fille Marylène.
......A part Henri, personne ne bossait, c'est Henri qui payait la bouffe et l'argent commencait à manquer. Les cigarettes manquaient, c'était compliqué de trouver des aliments de premières nécessités. Les 6 amis faisaient, chacun, le tour d'un quartier pour trouver des cigarettes ou un peu à manger. il leur est même arrivé de chercher, sous les grilles des arbres, d'éventuelles pièces tombées de quelques poches, pour pouvoir s'acheter, au pire, un ou deux paquets de "P4", petits paquets de 4 cigarettes appellé "Parisiennes". Un jour, Henri rentre du travail pour déjeuner et voit, dans sa chambre, 2 valises. Surpris, il voit qu'il manquait un des amis dans la pièce, il leur demande ce qu'étaient ses bagages et il s'entendit répondre que c'était l'ami manquant, n'habitant pas en banlieue comme il l'avait dit mais un studio dans un foyer tout près de là, avait décidé de quitter son studio et de venir s'installer chez Henri, celui-ci commença à voir rouge et lui demanda de reprendre ses valises et de repartir chez lui. C'est vrai que la cohabitation commencait à tourner à l'aigre. Marylène et Jacques se sont, bien sur, disputé, celui-ci s'étant , quand même, rendu compte que Marylène avait quelques sentiments pour Henri, tant et si bien que tout le monde est parti, sauf Marylène qui a quitté Jacques et est resté avec Henri. Henri a voulu la présenter à ses parents, ils sont donc parti, main dans la main, pour La Courneuve à pieds, ils ont mis près de 2 heures car il n'y avait plus de transports en commun (pour ceux qui connaissent la région parisienne, vous savez qu'il y a de la route entre la Bastille et La Courneuve). Une nouvelle sorte de vie commencait pour Henri.
......Quand c'était autorisé, Henri allait avec sa patronne jusqu'à une station d'essence "ouverte", pour y acheter les "5 litres" d'essence autorisés, il fallait faire une queue de 30 ou 50 voitures, des fois plus, et si elle emmenait Henri, c'était pour l'aider à pousser la voiture , comme tout le monde, à la pompe. A part les difficultés à se promener vers la Bastille, (à cause des gaz lacrymogènes) et de trouver de quoi manger et de quoi fumer, la vie était normale.
......Entre-temps, les parents ont quitter La Courneuve, Jojo ayant quitter sa place pour trouver une place de gérant de garage rue Crozatier dans le 11ème arrondissement, la maman de Henri à quitter son emploi de gardienne d'immeuble, et ils sont venu s'installer au garage. L'avantage, pour Henri, c'est que ses parents se trouvaient, maintenant, à à-peine 10 minutes, à pieds, de chez lui. Marylène et lui se sentaient moins isolés, à cause des grêves et allaient assez souvent déjeuner ou dîner chez la maman de Henri.
......Le mois de mai est passé, les grêves se sont terminées et la vie à repris son cours normal. (enfin presque !!).
......Marylène ne travaillait pas et Henri continuait son métier de "chef-magasinier-vendeur-SAV", et il lui a fallu près de 9 mois pour se rendre compte que, non seulement pendant qu'il était au travail, Marylène voyait encore son ex, mais qu'elle rencontrait, aussi, d'autres hommes et quelques fois chez eux. Henri n'a pas mis trop longtemps pour lui faire sa valise et la mettre à la porte. Et voici Henri redevenu "célibataire". Puis, le froid, le rhume, la bronchite et fatalement, la crise d'asthme. Médecin, médicaments mais, hélas, arrêt de travail. Du mal à remonter la pente, trop longtemps arrêté et perte de son emploi. Et re-voici Henri, "célibataire" et "chomeur". Malgré ses 23 ans, il était bien content d'avoir ses parents près de lui.
......Re-voici notre Henri, épluchant les petites annonces, particulièrement celles concernant le commerce (magasinier, vendeur, etc..). Une des petites annonces l'intéresse et il appelle le numéro indiqué, c'est une recherche de 3 "démonstrateurs" pour des tondeuses à gazon et de l'outillage de jardin, on lui répond qu'il devait se présenter le lundi suivant à une certaine adresse dans Paris. Le lendemain, se retrouvant à l'adresse indiquée, il se demande si il ne s'est pas trompé, en effet, Henri voit un énorme espace bordé de hangars et traversé par des rails de chemins de fer, il va voir un peu plus loin, ne voit rien puis reviens sur ses pas pour voir un peu avant, au cas où il aurait raté, et voit que c'est un immeuble en destruction, désappointé il retourne au premier endroit et entre sur le terrain, en avançant, d'une trentaine de mètres, il vit ce qu'il ne pouvait pas voir de la rue, c'est à dire, un vaste entrepôt, dans lequel attendait, déjà, une centaine de personnes, aparemment, tous postulants pour un des 3 postes proposés. Voyant cela, Henri failli faire demi-tour, ce qu'il ne fit pas et grand bien lui en prit. Après avoir rempli un questionnaire complet sur son curriculum-vittae et l'avoir remit à une personne à un bureau, Henri a attendu d'être appellé par un des responsables de la société, cette attente fut assez longue car, comme il a été dit, il y avait beaucoup de monde et il n'était pas dans les premiers et les postulants étaient reçu, uniquement par deux ou trois personnes.
Heureusement qu'ils avaient pensé à des distributeurs de confiseries, gateaux secs et boissons froides ou chaudes, car arrivé vers les 9h30/10h du matin Henri n'en est ressorti que vers 16 heures.
Il a été interrogé sur ses études, et ce qu'il avait fait comme métier, ce à quoi il a répondu le plus hônnetement possible, à savoir qu'après le Certificat d'Etudes Primaires, il avait fait des études d'horticulture puis ensuite qu'il avait exercé plusieurs fonctions dans le commerce. Les réponses de Henri étaient sincères, mais, vu le monde, il n'avait pas beaucoup d'éspérance. Quand la personne qui l'interrogeait, lui dit de s'installer sur un autre coté du local, où se trouvait, déjà, une vingtaine de personnes, il senti l'espoir revenir un peu, car il s'est rendu compte que beaucoup de personnes était parti après leur entretien, soit; la place ne les intérressait pas, soit ils ne faisaient pas l'affaire.
En fin de compte, après avoir terminé leurs "délibérations", les 3 personnes de la société ont renvoyé, presque, tout le monde puisqu'ils n'ont gardé près d'eux que 2 postulants et Henri, les 3 démonstrateurs étaient embauchés. Après les avoir félicité et expliqué quel serait leur travail, ils leur ont dit qu'ils leur faudraient faire connaissance de ce qu'ils auraient à vendre, c'est pourquoi, ils devaient se présenter, une semaine plus tard, soit le lundi suivant à 9 heures au "siège-usine" des "Outils-Wolf" à Wissambourg dans le Bas-Rhin. pour un stage de 2 semaines.
......Heureux, Henri est rentré chez lui, annoncer la nouvelle à sa mère et comme c'était le début de l'hiver et qu'il faisait certainement plus froid en Alsace qu'à Paris, elle est allé, avec lui, acheter un caban, une paire de gants et un pull pour mettre dans ses affaires qu'il avait une semaine à préparer.
......Le dimanche suivant, Henri partait à la gare de l'Est pour prendre son train pour l'Alsace.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mer 22 Aoû 2012, 09:56

TRENTE-DEUXIEME PARTIE : Henri dans le commerce.

......Le train, à la gare de l'Est en direction de Strasbourg, puis changement pour Wissambourg. Arrivée à destination, Henri prend un taxi pour aller à l'hôtel "Le boeuf" où une chambre lui était réservée. Installation dans la chambre (confortable), puis au bar, un sandwich et une bière, avant d'aller s'allonger un peu, tant le voyage avait été fatiguant. Quand il est redescendu, il a pris un café et a demander où se trouvait un magasin pour acheter des produits de toilette (dentifrice, brosse à dents, rasoir, savon, brosse et peigne) car, s'il avait bien préparé sa valise, il avait oublié de mettre sa trousse, dedans, au dernier moment. Nanti de ses achats, il a ensuite demandé où se trouvait l'usine "Wolf", pour ne pas avoir à chercher le lendemain matin afin d'être à l'heure au rendez-vous.
Puis après avoir visiter un peu la commune, "et s'apercevoir que l'hôtel étant vraiment si près de la gare qu'il aurait pu faire l'économie du taxi", il s'est installer au bar avec un livre et à commandé un "Amer-bière", il ne connaissait pas, (c'est un mélange sirop de citron, Amer-Picon dans un demi de bière). Ayant bu son verre, il va pour payer et s'apercoit que celui-ci est, de nouveau, plein, etonné, il pense qu'il a du soit re-commander, soit faire un geste sans s'en rendre compte et qu'il a été resservi. Il boit, donc, et une fois son verre vide, il voit le serveur qui s'apprête à le réemplir pour la 3ème fois, Henri l'arrête et on lui explique que si il ne paye pas tout de suite, tant qu'il ne dit rien on le re-sert. Il a comprit la leçon, il fera attention la prochaine fois car l'amer-bière, qui sert d'apéritif, ça ne parait pas mais ça tape !
A l'heure du diner, la patronne lui indique où il doit s'installer, il n'avait pas à choisir, les repas étant payés par "Wolf", les menus étaient déjà prévus. Alors qu'il s'installait, la porte s'est ouverte et sont arrivé les 2 collègues qui allaient faire le stage avec lui. Henri a été les accueillir, ils se sont présenté et ont décidé, qu'une fois déposés leurs bagages dans leur chambre respective, ils prendraient un apéro au bar avant de passer à table. Les 3 nouveaux amis ont, d'un commun accord, commandé 3 pastis et quelle ne fut pas leur surprise quand ils ont vu que le serveur sortait la bouteille du réfrigérateur, le pastis était plein de paillettes et de ce fait "imbuvable". Après avoir expliqué que le pastis ne se mettait pas au frigo, ils se sont rabattu sur 3 whisky-perrier.
......Le lendemain matin, après le petit déjeuner, ils sont parti en direction de l'usine pour leur premier jour de stage. A leur arrivée, ils ont été très bien reçu, avec un café et on leur a demandé leurs billets de train pour les rembourser, bien sur, comme ils n'étaient pas au courant de cela, ils avaient, tous les 3, donné leur billets en sortant de la gare, comme cela se faisait à l'époque. A l'heure du déjeuner, ils sont allé à la gare, voir si on pouvait faire quelque chose et c'est sans problème que le chef de gare leur a remis à chacun, 1 billet "Paris-Wissanbourg", qu'il a tiré de sa caisse. Puis le stage proprement dit a commencé.
......Tout d'abord, visite de l'usine, les locaux de fabrication des pièces de tondeuses et du petit outillage, puis la présentation de tous les modèles de tondeuses (à mains, à moteur, électriques, auto-tractées), les 3 stagiaires devaient, surtout, s'intéresser à celles-ci, le petit outillage étant secondaire, enfin, les cours sur les tondeuses, apprendre comment elles fonctionnaient, comment les régler ou même les réparer en cas de besoin, ce qui obligeait à quelques cours de mécanique ou d'électricité. Puis des cours théoriques, à étudier. Henri, se souvient que tout cela était assez ardu.
......Un jour, Henri et ses amis, se sont dit que c'était , vraiment, bête de passer 15 jours en Alsace, sans se régaler d'une vraie et bonne choucroute, ils demandèrent donc à la patronne de l'hôtel si cela était possible, celle-ci leur répondit par l'affirmative, mais comme cela n'était pas prévu dans les menus payés par l'usine, ils auraient un supplément à régler, les trois garçons ont de suite accepté pour le lendemain dimanche en ajoutant une bouteille de vin blanc. Le lendemain, après avoir fait un agréable déjeuner, ils ont pris le train pour aller passer l'après-midi en Allemagne, à Karlsruhe. Arrivé à destination, ils ont commencé par aller boire une bière au premier bar, en sortant de la gare de Karlsruhe, Henri se souvient qu'ils ont un peu eut peur, quant au prix de la bière, car quand ils sont entré dans l'établissement, une serveuse est venue aussitôt, les débarrasser de leur manteaux pour les accrocher à une patère, voyant cela, ils ont bien précisé qu'ils ne venaient que pour boire un verre, ce à quoi, il leur a été répondu que cela n'avait pas d'importance. Ayant bu leurs verres, ils ont payé et se sont dirigé vers le porte-manteaux pour récupérer leurs vêtements, mais la serveuse était déjà là qui les attendait pour leur rendre, chacun des 3 amis ayant sorti de leurs poches de quoi donner un pourboire, se le virent refusé par la serveuse leur disant que cela faisait partie du service.
......Ensuite, ils se sont promené dans cette belle ville. ils se sont arrêté dans un bar, et été surpris par la différence qu'il y avait avec les bistrots de France. Tout d'abord, dans ce bar, il n'y avait que des grandes tables et pas de petites tables individuelles, ils se sont, donc, assis au bout d'une de ces tables et commandé 3 verres de bière, à l'autre bout de cette table, se trouvait un jeune allemand buvant aussis de la bière, mais au litre. A l'entrée de l'établissement un distributeur de cigarettes, allemandes et américaines, plus un de préservatifs, choses n'existant pas en France à l'époque. A l'intérieur, il y avait aussi un juke-box avec un écran genre "scopitone", enfin dans pratiquement tous les bars ou resto, il y avait des "machines à sous". A un moment, le jeune, qui était au bout de la table, leur demande; "francouzes", ce à quoi ils répondent oui par geste, car ils ne parlaient pas plus l'allemand que leur interloccuteur ne parlait le français, content de la réponse et apparemment de s'être fait comprendre, il leur dit; "cigarette ?", les amis acqiessent contents de pouvoir fumer une cigarette allemande, et le jeune homme, tout heureux, leur tend un paquet de ........."Gauloises". La soirée arrivant, ils décident d'aller diner dans un petit bar-resto. Un serveur les installe et leur donne la carte qui, bien sur, était libellée en allemand. Bien embêtés, les 3 collègues, ne savaient pas que faire, quand un monsieur assez âgé, s'assied près d'eux et leur demande en bon français, (il l'avait apprit, à une certaine époque, quand il a été fait prisonnier et qu'il travaillait dans une ferme en France, du moins, c'est ce qu'il leur a dit) malgré l'accent, si il pouvait les aider, et grace à lui les amis ont pu faire un bon diner, qu'ils ont mangé, en partie froid à cause des machines à sous qui les faisaient se lever assez souvent. Ils ont payé et sont reparti vers la gare, où ils se sont fait dire qu'il n'y avait plus de train jusqu'au lendemain matin. Ils ont donc prit un taxi qui était censé les conduire à Wissambourg, mais qui, s'il est passé à la frontière allemande, a été arrêté à la frontière française où les douaniers les ont fait descendre pour contrôle d'identitées.
Henri n'a pas comprit une chose, ses 2 amis qui avaient oublié leurs papiers à l'hôtel ont eut un contrôle assez rapide, alors que lui, ayant ses papiers en règle, à été contrôlé plus longuement, avec appel, il ne sait pas où, pour vérification des numéros de carte d'identié, renseignement qui a mis du temps à arriver quand on sait qu'il était minuit passé un dimanche soir. Henri pense que les douaniers devaient s'embêter et passait le temps comme ils pouvaient, ce n'est que vers 1 heure du matin, qu'un des douaniers, s'aperçoit qu'il est du même quartier qu'Henri à Paris, il a appeler un taxi et vers 2h/2h30, les 3 stagiaires étaient couchés.
......Debout à 7h30 du matin, le lundi, pas trop reposés, ils se sont préparé pour aller au stage pour 9 heures. La deuxième semaine était plus théorique que pratique et se passait surtout sur; livres, cahiers et autres documentations. L'examen est arrivé en fin de semaine et le dimanche matin les 3 amis ont reprit le train pour Paris, avec chacun, en poche, leur affectation pour un magasin. Un est allé au "BHV", l'autre à la "Samaritaine", et Henri devanait démonstrateur "Wolf" au "BHV" de Parly II près de Vaucresson. C'était loin et il perdait beaucoup de temps en transports.
......Il avait un beau stand de tondeuses et d'outillages, mais beaucoup de concurence autour de lui, avec du matériel, beaucoup, moins cher. Il ne faisait pas ou peu d'affaires et, donc, gagnait peu, il n'y est resté que 2 ou 3 mois avant de démissionner.
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Passlou
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Mer 22 Aoû 2012, 13:23

j'ai lu tes derniers post et je les ai récupérés sur mon PC

Quand je rentre en octobre je m'en occupe et ton livre numérique sera prêt pour Noël

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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 23 Aoû 2012, 06:20

TRENTE-TROISIEME PARTIE : Multi-démonstrateur.

......Pour les outils Wolf, Henri n'a vendu que quelques petits outils et une seule tondeuse, il faut dire que les prix de cette marque n'étaient pas les plus bas, donc, à aller travailler, le transport plus la cantine, plus de dépenses que de gain, d'où la démission.
......Noël, n'allait pas tarder à arriver. Henri trouve une annonce de recherche de démonstrateur-vendeur pour la saison des "jouets". Il se présente et est embauché comme démonstrateur pour vendre les carabines de la marque "Euréka". L'exposition des jouets, où Henri avait son stand se trouvait au magasin du "Bon marché". Pendant toute la saison de Noël, il a vendu des carabines à flèches et à plombs, des tourniquets mécanique ou électriques avec des pigeons en carton ou en plastique et autres cibles de tir ou boites de plombs. Henri a toujours été amoureux des jouets et cette saison lui a vraiment plu.
......Il y avait au "Bon marché", comme dans tous les magasins, des surveillants, ceux-ci étaient censé se fondre dans la foule des clients et surveiller en passant inaperçu, tant par les clients que par le personnel qui était aussi surveillé. Mais le plus amusant était que ces "surveillants" étaient habillé pareil, à savoir; un grand imperméable couleur mastic serré par une ceinture, et un chapeau de la même couleur ( le personnage n'éxistait pas à l'époque, mais ils auraient pu faire penser à "l'inspecteur gadget"), il pouvait y avoir un monde fou dans le magasin,ils ne pouvaient absolument pas passer inaperçu, ce qui faisait rire tous les démonstrateurs, (les vendeurs du "Bon marché" n'osant pas car ils faisaient partie du magasin), et il est bien évident que se vayant la risée des démonstrateurs, les surveillants ne pouvaient pas les voir et cherchaient par tous les moyens à les prendre en défaut. Un jour, Henri attendant le client était adossé dans l'allée contre son stand, quand un de ces types lui saute dessus l'accusant d'être "vautré" sur son stand devant les clients, Henri lui a répondu que, pour lui, le mot vautré signifiait être étalé comme un veau et qu'il considérait cela comme une insulte et, donc, lui a demandé, soit de s'excuser, soit de l'accompagner à la direction, et sachant que Henri, n'était pas employé du magasin mais de la société "Euréka" qui payait l'emplacement de son stand pour le temps de l'exposition, il s'est tout de suite excusé en pretextant que cela n'était pas ce qu'il avait voulu dire. Ce surveillant était, apparemment le responsable de l'équipe de gardien et dés le début de l'exposition, Henri ne savait pas pourquoi, il avait été prit en grippe par ce type, celui-ci était toujours autour du stand et n'arrêtait pas de regarder Henri, ce qui était assez gênant. Il est fort possible que son inimitié date des premiers jours suivant l'ouverture de l'expo, quand tous les vendeurs et démonstrateurs ont été réunis pour un petit topo sur la sécurité du magasin en présence de ce surveillant, et des pompiers. Quand les pompiers posèrent quelques questions au gardien et lui demandèrent de questionner quelques employés, il s'est d'office adressé à Henri en lui demandant; "quelle serait votre réaction en cas d'incendie ?", Henri lui a répondu, sur le ton de la plaisanterie; "Je vais tout de suite vers les caisses, je prend le maximum et je me sauve !" et bizarrement, le surveillant est le seul qui n'ait pas ri.
......Une autre fois, Henri et ses collègues voient, un peu plus loin, le surveillant et un de ses sbires, agités, entrain de disputer une dame âgée en la secouant et en criant, s'approchant, Henri et ses amis comprennent que les 2 "cowboys" se délectaient d'avoir pu appréhender une "voleuse" et qu'ils se préparaient à l'emmener dans leur bureau après avoir appelé la police (il s'avérait que la vieille dame, et ça se voyait, était pauvre et qu'elle avait "volé" (bien grand mot pour si peu) un petit soldat qui devait coûter à l'époque 1 ou 2 francs pour pouvoir faire un cadeau à son petit-fils pour Noël. Les 3 ou 4 démonstrateurs se sont de suite mis d'accord et pendant que quelques-uns empêchait, sous leurs invectives, les surveillants d'emmener la petite mémée, Henri a été, rapidement prendre une boite de soldats, est allé la payer à la caisse et revenant vers le groupe qui se débattait toujours, a arraché des mains du surveillant le "soldat fauteur de troubles" et à donné à la dame en pleurs la boite de soldat accompagnée de son ticket de caisse. Devant l'attroupement que cette histoire avait fait se former, les "cowboys" n'ont eu plus qu'à relacher la dame et repartir la tête basse. Vu le regard que le responsable de la surveillance lui a jeté, Henri s'est dit qu'il y avait fort peu de chance qu'ils deviennent amis avant la fin de l'expo.
......Un soir, environ 1 semaine avant la fin de l'expo, a pu près 1 heure, 1 heure 30 avant la fermerture du magasin, un monsieur, qu'Henri prennait pour un client, se présente et demande à lui parler, Henri, méfiant, accepte en se demendant ce qu'il se passait, il fut vite rassuré en apprenant que le monsieur n'était ni plus, ni moins que son patron. Celui-ci venait voir comment s'était passé la saison et controler les articles restants, satisfait, à la sortie du magasin il a payé un verre à Henri en lui souhaitant de bien finir la saison.
......Le lendemain matin, en ouvrant son stand, quelle ne fut pas la stupeur de Henri quand il découvrit que les pigeons en carton et en plastique de ses tourniquets avaient été abattu et qu'ils pendaient criblés de trou fait avec les plombs des fusils ainsi que des flêches manquantes. Henri a été, bien sur, obligé de se plaindre et malheureusement, c'est au chef des surveillants qu'il a du le faire. Celui-ci ne l'a pas cru et a dit à Henri qu'il pensait plutot que c'était lui qui avait abîmé ses propres articles, Henri se défendant, persuadé que cela avait été fait dans la nuit. Le "cowboy" disant que la nuit, il n'y avaient que ses hommes et qu'ils avaient autre chose à faire que de faire joujou avec des carabines à flêches. Bien sur, cela s'est terminé au bureau de la direction, des plombs "perdus" ayant été retrouvé à l'étage mais de l'autre coté et des flêches au sol des étages inférieurs. Appel a été fait au patron de Henri qui a certifié avoir quitter le magasin, la veille à la fermeture et que tout était en état. Les gardiens de nuit ont été convoqué et ont avoué s'être amusé avec les fusils, ils ont été licenciés, quant à leur chef Henri ne sait pas ce qui lui est arrivé.
......Si Henri était sérieux dans son travail, il lui est arrivé de faire une petite dérogation à la loi. Bien que les armes qu'il vendait soit des jouets pour enfants, il y avait aussi les carabines à plombs qu'il n'avait pas le droit de vendre aux mineurs, sauf si ceux-ci lui présentaient une autorisation remplie et signée par les parents que Henri leur avait fourni au préalable. Souvent, Henri remplissait l'autorisation avec les noms et adresses que lui donnait le mineur et faisait une signature bidon, ce qui était risqué, mais à sa décharge; plus il vendait, plus il gagnait.
......Après avoir pratiquement tout vendu et même sur la fin, soldé des articles rayés ou légèrement abimés, la saison du jouet s'est terminée et Henri s'est retrouvé sans travail.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Jeu 23 Aoû 2012, 06:27

TRENTE-QUATRIEME PARTIE : démo et autres !

......Bien que la période de Noël soit terminée, les grands magasins avaient toujours leurs rayons jouets, et Henri, ayant terminé son contrat avec "Euréka", retrouva rapidement une place de démonstrateur au "Magasins Réunis" (vers la Place des Ternes dans le 8ème arrondissement) pour la société "MUNDIA", qui vendait des tentes d'indiens pour les garçons et des maisonnettes en toile pour les filles, le tout monté comme une tente de camping sur une armature de bois léger. Il y faisait les horaires du magasin, mais il y avait un jour de la semaine où le BHV faisait nocturne et Henri, à peine sortit des magasins réunis devait y foncer pour remplacer un démonstrateur qui ne voulait pas travailler tard le soir, ceci a duré un petit moment, mais Henri en a eut vite assez, demeurant à la Bastille, le matin, il prenait le métro pour aller place des Ternes, puis à la sortie, re-métro pour l'Hotel de ville, jusqu'à 22 heure et enfin re-re-métro pour rentrer chez lui, une fois rentré, diner, toilette et coucher vers 24 heures pour être au boulot le lendemain matin. Henri a fait ça quelques temps tout en cherchant, pendant la pause du déjeuner, une autre place de démonstrateur. Ayant trouvé ce qu'il cherchait, il a quitté sa place et s'est fait embauché à la "CRL" (Compagnie Rouennaise du Lino)
Dernière société française à fabriquer de véritable linoléum. Henri vendait donc du lino, mais aussi du balatum et des rouleaux de revêtement et des paquets de dalles en plastique pour cuisines et salles de bain, cela marchait pas mal, mais un jour il a été licencié !
Ho! non pas qu'il ait fait une erreur ou une quelqu'oncque faute professionnelle, non, la CRL, avait tout simplement fait faillite.
......"petit apparté; avouez quand même, que Henri n'est pas un faignant et qu'il ne demande qu'à bosser, mais jusque là, il n'a vraiment pas de chance !!!" .
...... Pendant qu'Henri épluchait les petites annonces, avec sa mère, une cliente du garage, patronne de restaurant, les voyant, leur dit que si en attendant d'avoir une place sûre, Henri voulait se faire un peu d'argent, elle pouvait le présenter à un de ses clients, artisan-déménageur qui cherchait, de temps en temps des gens pour faire des déménagements. Henri étant d'accord, le lendemain il partait en camion, avec le patron déménageur et deux autres gars, faire un déménagement dans Paris. L'artisan, par le bouche à oreille, avait beaucoup de travail et de ce fait Henri n'était pas souvent à ne rien faire, si bien que quand il se trouvait sans emploi, il allait de bonne heure le matin dans une autre entreprise de déménagement pour faire des missions (en arrivant très tôt, il était sur de partir avec un camion). Henri a donc été, pendant un petit moment, déménageur, il a même été 1 ou 2 mois "porteur poids-lourd", pour les coffres-forts et les pianos. Une fois, il a été affecté avec deux collègues en sous-traitance à une équipe de 2 déménageurs anglais, il s'agissait d'un couple d'enseignants français revenant en France, après avoir exercé quelques années en Angleterre, leurs meubles étaient apportés dans un énorme camion et Henri et ses amis étaient là pour aider les collègues britaniques, ce qui a été fait correctement jusqu'à environ 16 ou 17 heures, quand le chauffeur anglais les remercie et leur dit qu'ils peuvent repartir, après avoir saluer tout le monde, déménageurs et clients, ils sont repartit vers la gare, en route, Henri s'arrête et demande à ses collègues si il n'avaient pas l'impression de s'être fait avoir par les anglais, et effectivement ils étaient bien d'accord, c'était bien ce qu'ils pensaient aussi, et les voici donc tous les 3 faisant demi-tour et repartant vers la villa des clients. les anglais les voyant arrivé leur demandent si ils avait oublié quelque chose, ils répondent que oui et vont directement voir les clients auquels Henri demande, en les priants de l'excuser, si ils ont l'intention de donner un pourboire aux déménageurs, les clients, répondant par l'affirmative, Henri leur explique que les anglais leur ayant dit de partir, ils ne les reverraient jamais, les clients, comprenant leur donnent 50 francs chacun, ce qui fait 150 francs que les anglais auraient gardé pour eux, et les 3 amis sont reparti sous l'oeil quelque peu désapprobateur des britaniques. Puis un jour le patron de la société de transport a décidé que Henri resterait pour nettoyer les pièces des camions, les caisses de déménagement ou divers petits boulots, mais qu'il serait payé pareil que si il partait en déplacement. Henri pensait que cela faisait suite à cet histoire de pourboire dont le patron aurait eut vent par son homologue anglais, il fit donc ce qu'on lui demandait ce jour là, en disant que cela n'était plus la peine qu'on l'attende le lendemain, car il ne viendrait pas. Pour Henri, c'en était fini des missions de déménagements.
......Entre temps, les parents de Henri avaient encore déménagé, et cette fois il ne pouvait plus les voir souvent, car si jusque là ils allaient dans Paris ou la région parisienne, cette fois, Jojo avait trouvé du travail à Montmédy dans la Meuse. Ils sont parti vivre là-bas avec Catherine la soeur de Henri qui avait eut une petite fille, avant que le père ne disparaisse, qui ne supportait pas l'air de la capitale. Pierre, le frère de Henri travaillait comme apprenti-commis dans la restauration à la "Closerie des Lilas" dans le 6ème arrondissement avant d'aller comme commis chez "Maxim's" puis comme demi-chef de rang chez "Charlot 1er" place de Clichy et à "l'Hermitage" de La Baule pour revenir sur Paris en fin de saison Henri, toujours seul et sans boulot, allait souvent au petit resto que tenait la dame qui lui avait proposé les déménagements, il était devenu ami avec ses enfants et c'est plus d'une fois qu'lle ne lui demandait rien quand il mangeait et qu'il n'avait pas de quoi payer ses repas. Quand Henri parlait d'elle, il disait "Yvonne, ma deuxième mère". Un jour Yvonne demanda à Henri si il ne voulait pas être garçon de café, sachant que son frère gagnait bien sa vie, il répondit "oui". Pendant quelques temps, Yvonne lui enseigna ce qu'était ce métier, il servait, apprennait à faire des cafés, à tirer un demi de bière, à dresser des tables pour les repas, etc..Puis un vendredi, elle regarda avec lui, les petites annonces paraissant sur un journal qu'elle recevait, "L'auvergnat de Paris", journal spécialisé pour les bistrots, restos, hotels-restaurants qui paraissait tous les vendredis. Henri a passé une bonne partie de la matinée à téléphoner aux différents établissements proposant du travail à des serveurs, même débutants, et l'après-midi, Yvonne lui a prêté un vélo, un plan de Paris il est parti avec sa liste d'adresses. Plusieurs établissements n'ont pas été intéressés, d'autres n'ont pas intéressé Henri, un peu découragé il a été se présenter dans le dernier de sa liste qui se trouvait dans le 16ème arrondissement et il en est ressorti sachant qu'il devait être au "Bois le vent" le lendemain matin à 7 heures.
......Le lendemain matin, Henri commencait une carrière de "garçon de café".
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Dim 11 Nov 2012, 07:50

TRENTE-CINQUIEME PARTIE : Garçon de café !

......Le restaurant étant fermé le samedi, le dimanche matin matin à 7 heures, Henri était accueilli par "Madame Agathe", la patronne du restaurant-bar "Le Bois le vent", au coin de la rue Bois le vent et de la rue de Boulainvilliers à la Chaussée de la Muette dans le 16 eme arrondissement. Madame Agathe était une jeune femme très gentille et souriante, Henri, lui a tout de suite re-précisé qu'à part servir un café et un demi au bar, il ne connaissait rien de ce métier, elle l'a aussitôt mis à l'aise et lui a répondu de ne pas s'inquiéter et qu'elle allait lui apprendre, puis il est passé derrière le comptoir où elle lui a désigner où se trouvait les différentes boissons, les verres qui y correspondaient, les doses, les tarifs, etc... Puis 1 ou 2 clients sont arrivé pour boire des cafés, la patronne a laisser Henri faire le café et servir les clients, tout en restant près de lui pour voir comment il s'y prennait, il a été content de voir qu'elle était satisfaite. Au fur et à mesure que les clients arrivaient, les commandes différaient, et Henri faisait de son mieux, en transpirant, pour apprendre son nouveau métier, le plus compliqué pour lui était d'avoir bien en tête les différents tarifs des consommations.
......Il y eut une petite anecdote à l'heure de l'apéritif; Henri saluait les clients, leur demandait ce qu'ils désirait et les servait, toujours sous l'oeil de la patronne. A un moment, un client est entré et a regardé Henri avec l'air de chercher où il l'avait déjà vu, et Henri, après l'avoir salué, au lieu de lui demander ce qu'il désirait, lui demande, à la surprise de Madame Agathe, "vous avez un problème avec votre tondeuse ?" et là le client a réalisé et a éclater de rire, en effet ce monsieur était la personne à qui Henri avait vendu son unique tondeuse quand il travaillait pour les outils Wolf.
......Au Bois-le-vent, il y avait; le patron, Monsieur Laurent et la patronne, Madame Agathe, une serveuse en salle, Yvette et Henri au bar. La salle nécessitait 2 employés et c'est madame Agathe qui servait avec Yvette car 1 ou 2 semaines plus tard, devait arriver un second serveur, en cuisine il y avait José le cuisinier espagnol et Ahmed le plongeur Kabyle . Henri apprenait, petit à petit, un métier qui lui plaisait grace au rapport avec la clientèle, Henri aimait le commerce.
......Outre le service au bar, Henri faisait la cave, et la "passe", c'est à dire qu'en plus de servir les clients du bar (à midi en plus des boissons, certains clients déjeunaient au bar), il passait aux serveurs de salle les boissons commandées par leurs clients. A lépoque, le service n'était pas compris pour le comptoir, seuls les employés de salle ajoutaient 12% sur la note ce qui faisait leurs salaires. Henri gagnait, ses pourboires plus 20 francs, (10 francs par serveur de salle) ce qui lui faisait un salaire journalier de 40/50 francs.
......Le restaurant était fermé de 14 heures à 18 heures, ce qui permettait aux serveurs de préparer la mise en place pour le service du soir qui débutait à 19 heures et à Henri de faire la cave pour recharger ses frigos. Le service du soir terminait à 22 heures, le temps de finir de servir les derniers clients, de débarrasser, mettre les chaises sur les tables et laver la salle pour les serveurs et nettoyer la machine à café, laver le plancher du bar à l'eau et typol, frotter le comptoir en cuivre au produit pour le détacher et le faire briller pour le garçon de bar, personne n'était sorti avant 23 heures/ 23 heures 30, de ce fait, ayant tout Paris à traverser en métro, Henri n'était jamais couché avant minuit et devait se lever à 6 heures pour être à l'heure au boulot. Cela a duré un petit moment, jusqu'à ce qu'il quitte sa chambre de la Bastille et qu'il loue une chambre à l'hôtel "Paris-Passy", place de Passy, à 50 mètres de son travail. L'hôtel était habité, en majorité, par des serveurs de restos ou de bars, car, confortable, propre, les lits fait tous les jours et cela pour un prix dérisoire, cela revenait à Henri moins cher que sa petite chambre et lui laissait beaucoup plus de temps de repos, car avant, pendant la coupure de 15 à 18 heures, il ne rentrait pas mais restait à se promener dans le quartier, tandis que là, il rentrait, sinon dormir, au moins s'allonger et se reposer.
......Cela faisait une ou deux semaines qu'il était à l'hôtel, quand un matin est arrivé, au restaurant, un garçon, à peu-près de son âge, qui s'est présenté aux patrons comme étant le nouveau serveur de salle que tout le monde attendait. Il a été très bien reçu.
......Jacques, arrivait du Havre, plus que serveur, il avait été maitre-d'hôtel en second sur le paquebot "France". Il eut vite fait de prendre ses marques et madame Agathe, la patronne reprit sa place à la caisse.
......Comme il fallait que Jacques se loge, Henri s'est débrouillé pour lui trouver une chambre dans l'hôtel. Ainsi tout était pour le mieux, Jacques devint le copain de Henri, et le parisien qu'il était était content de faire visiter sa ville à son copain normand. Ces visites se faisaient surtout le vendredi soir (souvent une partie de la nuit), et le samedi toute la journée. Le vendredi soir, leur promenade privilégiée était à ........."Pigalles", Bien sur il n'allait pas pour monter avec les prostituées, mais ils allait surtout dans des petits cabarets de spectacles de music-hall, ou manger des saucisses-frites dans des petites échoppes qui existaient à cette époque. A force d'y aller, ils avaient lié une sorte copinerie avec des barmen, des marchands de frites, des aboyeurs de strip-tease, et pourquoi le cacher de quelques filles à qui ils payaient un verre en discutant, chose étrange, de tout sauf de la prostitution. Avec toutes ces connaissances, cela leur permettait, quelques fois d'avoir des prix pour entrer dans un cabaret, ou un verre payé ou un sandwich gratuit. Ils allaient souvent au cabaret "Le Néant", cabaret en sous-sol, où ils étaient reçu par des serveurs habillés en croque-morts, où les tables et les bancs étaient des cercueils, la première étant déjà occupée par deux squelettes en tenue de soirée, Lord Hurié et Lady Sentry, les verres étaient des cranes (en verre), pendant qu'ils buvaient leurs consommations, ils admiraient les tableaux accrochés aux murs, ceux-ci représentaient des scènes de la vie de Montmartre et du Moulin Rouge, ce qui était particulier c'est que la lumière de la salle se baissait, puis les tableaux, étant aussitôt éclairés par de la lumière noire, laissaient apparaître des squelettes à la place des personnages, mais dans des poses assez olé-olé (pour ne pas dire pornographiques), ensuite ils passaient dans une seconde salle où il y avait une scène avec un cercueil debout, l'un des clients, volontaire, allait s'installer dans le cercueil et les autres spectateurs le voyaient se décomposer, petit à petit, jusqu'à devenir un squelette, ceci par effet, encore, de lumière noire, ce que les gens ne savait pas, c'est que dés que commençait la décomposition, la personne qui était dans le cercueil en était déjà sorti en contemplait dans un coin de la salle la réaction des spectateurs. Puis une 3ème salle, où il y avait un orchestre du 18ème siecle composé d'automates représentant des squelettes, mais ça c'était le moins intéressant.
......Quand ils n'allaient pas à Pigalles, Jacques et Henri allaient au théâtre voir des pièces de boulevard, après avoir été faire un bon repas dans un restaurant. Un jour, ils sont allé dans un resto assez chic, à première vue, se sont installé et ont commandé, un repas classique; apéritif, salade niçoise, pavé de boeuf au poivre et crème caramel, mais arrosé d'une bouteille de Morgon millésimé. Le serveur est arrivé tenant la bouteille entre 2 doigts à bout de bras et en la balançant comme un panier à salade, il l'a débouché et l'a posé sur la table, Henri prit la bouteille et commença à servir, leurs 2 verres se trouvèrent pleins de vin avec de la lie, ils prirent 2 verres sur la table à coté et même problème, ils remplirent, en tout, 8 verres qui, tous, restaient imbuvables, avant d'appeler le patron, qui, avec ses excuses, leur apporta lui-même une bouteille, ensuite, ils ont rappelé le patron quand on leur a servi les salades niçoises, celles-ci, préparées le matin et conservées dans un vitrine frigorifiée, étaient fanées et n'avaient pas un aspect sympa, le patron leur a proposé autre chose, mais l'heure du théâtre arrivant, ils ont refusé et sont passé (non sans appréhension) au pavé au poivre, qui était bon, puis le dessert.
Ils se sont ensuite levé pour prendre un café au bar et payer, très commerçant le patron ne leur a fait payer que la viande et de plus leur a offert un alcool de poire. Ils ne sont jamais retourné dans ce resto.
Une autre fois, Jacques et Henri allaient voir la pièce de théâtre "Chérie noire" avec Jean-Jacques, au théâtre des Nouveautés, arrivés en avance ils sont allé prendre un verre au "bar des nouveautés" juste à coté, il restait un table de libre, le café étant plein de gens qui, comme eux, attendaient la séance, les deux amis se sont donc assis et ont commandé. Tandis qu'ils sirotaient leur verre, deux jeunes filles, une blanche et une noire antillaise, leur demandent si elles peuvent se mettre à leur table pour boire un café, bien sur ils ont accepté, surtout qu'elles étaient aussi mignonne l'une que l'autre, la conversation s'est obligatoirement engagé sur la soirée, les filles leur ont dit qu'elles, aussi, allaient au théâtre et qu'elles étaient dans la salle en bas, vers la scène, Jacques et Henri leur ont dit que eux, avaient prit leurs places au deuxième balcon et leur ont promis de leur faire un petit signe lorsqu'ils seraient installés, les deux amis ont payé leurs consommations et les cafés des filles et sont parti vers le théâtre. Tout le monde est entré et les 2 amis, une fois à leur place se sont mis à scruter la salle en bas pour repérer les 2 filles, espérant qu'ils se reverraient à la sortie pour faire plus ample connaissance. Ils ont regardé, regardé, et re-regardé, rang par rang, fauteuil par fauteuil, mais pas l'ombre de leur, peut-être, futures conquêtes, se disant qu'ils se sont bien fait balader et en rigolant, ils se sont placé comme il faut au moment des trois coups. La pièce commence, le rideau s'ouvre sur Jean-Jacques allongé dans un hamac, qui appelle sa bonne Chérie (c'est son nom), l'employée arrive et, surprise de Jacques et d'Henri, la petite bonne surnommée Chérie, n'était autre que la petite antillaise à qui ils avaient offert le café. Ils ont quitté le théâtre et il est inutile de dire qu'ils n'ont jamais revu les filles.
......quelques fois, à la coupure du dimanche après-midi, henri, souvent tout seul, et des fois avec Jacques allait, pour 50 centimes l'entrée, sur la pelouse du champs de courses d'Auteuil, il prennait au stand un sandwich merguez et une biere puis il misait quelques francs sur des chevaux, cela lui faisait passer un bon après-midi avant de reprendre le service du soir.
......Un soir, après la journée de travail, Jacques et Henri sont allé comme tous les jours prendre un dernier verre au bar-resto voisin, le seul établissement qui fermait à 1 ou 2 heures du matin et qui, à partir de 23 heures, ne comptait comme clients que les serveurs, barmen, cuisiniers ou plongeurs des établissements d'alentour. Après avoir bu leur verre, les deux amis sont rentré à l'hôtel et se sont séparé. Vers 2 heures du matin, Henri dormait bien quand il a été réveillé par des coups frappés à sa porte.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Dim 11 Nov 2012, 07:52

TRENTE-SIXIEME PARTIE : Jacques est malade !

......A moitié réveillé, à moitié paniqué, Henri s'est levé et a ouvert, aussitôt, il voit son copain Jacques, plié en deux devant sa porte, il demande à Henri de trouver un docteur ou l'emmener à l'hôpital car il souffrait. Ne connaissant pas trop le quartier, Henri décide de trouver un taxi pour emmener Jacques dans un hôpital, mais du côté de Passy, à 2 heures du matin la station de taxi est vide, pas une voiture à l'horizon. Les deux amis sont parti dans les rues, Henri soutenant Jacques, à la recherche d'un taxi, mais vainement. Dans une petite rue, Henri voit de la lumière, c'est un garage faisant parking qui est ouvert la nuit, ils sont entré dans le garage et ont été accueillis par un grand noir ayant un "nerf de boeuf" bien tenu dans sa main, et leur disant de partir très vite, Henri, lui explique, de loin, qu'il ne veut que téléphoner à un taxi pour accompagner son ami à l'hosto. Le gardien, toujours menaçant, répond que le téléphone est privé et qu'il faut payer la communication, aussitôt Henri sort un billet de 50 francs et le tend au gardien, celui-ci laisse Henri téléphoner en restant, malgré tout, près de lui avec sa matraque. Quelques minutes après, un taxi arrive et emmène les deux compères aux service des urgences de "l'hôpital américain de Neuilly", celui-ci étant le plus proche de Passy. Jacques est, aussitôt, passé en salle d'examens, et Henri est resté près d'une heure dans la salle d'attente. Un médecin est arrivé et a dit à Henri qu'il gardait son ami, que c'était assez grave et, donc, qu'il pouvait repartir et venir le voir le lendemain.
......Laisser Jacques à l'hôpital et rentrer à Passy, représentait pour Henri un gros problème à plus de 3 heures/3 heures 30 du matin, en effet, vu le prix "énorme" qu'il a payé le coup de fil dans le garage, plus le montant réglé au taxi, il n'avait plus un sou. Il a demandé à l'hôpital si, éventuellement, une voiture ou une ambulance n'irait pas dans le 16ème, vers Passy, en vain.
Heureusement, des policiers qui venaient d'ammener quelqu'un aux urgences, ont entendu Henri, et ils lui ont proposé de le raccompagner, étant du poste de police du quartier Passy. Vers 4 heures, Henri s'est recouché pour se relever à 6 heures.
......Henri, arrivant au restaurant a, bien sur, raconté sa nuit et ce qui s'était passé pour Jacques. Madame Agathe a aussitôt le "bureau de placement" pour avoir un serveur en extra qui remplacerait Jacques le temps de son indisponibilité.
......( Petit aparté concernant le "bureau de placement" de cette profession, pour bien faire comprendre ce que c'est. Il existait, à l'époque dans Paris, beaucoup de ces "bureaux", officiels ou clandestins, quelques fois, c'était des vrai bureaux avec salle d'attente et le placeur, qui proposait des places, en extra ou à demeure, au serveurs, quelques fois c'était des pièces sordides dans des appartements ou bien dans une salle de café en sous-sol, pour ces deux derniers, 9 fois sur 10 ils étaient "clandestins. Dans tous les cas les serveurs sans emploi, y arrivaient vers 6 heures du matin, avec leurs affaires et attendaient qu'un emploi se présente, le placeur criait le nom de l'établissement, et ce qu'il souhaitait; serveur de salle, barman, cuisinier, plongeur, etc.. et suivant la place proposée, certains levaient la main et le placeur choisissait celui qu'il allait envoyer. En effet, le placeur, à force de temps, connaissant le personnel qu'il voyait souvent, savait ce qu'il était capable de faire et n'envoyait pas des serveurs dont il savait qu'ils ne feraient pas l'affaire. En revanche, si certains employés ne levaient pas la main quand une place se présentait, c'est qu'à force d'ancienneté, ils connaissaient les places et ne voulaient pas y aller. Dans un sens comme dans l'autre ce système était un peu comme un coup de poker, soit le serveur professionnel partait pour faire un extra d'un ou plusieurs jours dans un établissement plus ou moins "bidon" où il n'était pas à sa place et où il ne gagnait pas assez, soit c'était le restaurant assez classe qui voyait arriver un serveur plus ou moins propre et qui ne connaissait pas assez le métier pour l'établissement. Toujours est-il que c'était dans ces "bureaux" que les patrons trouvaient des serveurs de remplacement. L'aparté est fini, le cours de l'histoire reprend.)
......Ce jour-là, donc, vers 10h30/11h, est arrivée une serveuse, toute petite, assez ronde qui était envoyée par le bureau, la patronne et Henri, lui ont rapidement expliqué, le boulot, décrit la carte, les tables avaient déjà été dressées, car dans ce cas, on ne sait jamais si quelqu'un va être envoyé, ni à quelle heure il va arriver. Il se trouve que ce petit bout de bonne femme, connaissait parfaitement son travail, ce qui rassura les patrons, il fut donc prévu que la serveuse resterait en extra tout le temps de l'absence de Jacques.
......Tous les jours, au service de midi, il y avait une table réservée pour 5 ou 6 personnes, patron et personnel d'un grand salon de coiffure voisin. Comme dans beaucoup de resto, dans ce cas là, les habitués avaient, au bout d'un moment, des liens d'amitié avec les employés ou les patrons du lieu où ils allaient, tous les jours, déjeuner. Quelques temps après, non content de ne venir manger que le midi, ils venaient, prendre un verre, le soir, à la fermeture du salon, et c'était discussions, rigolades, parties de 4.2.1, jusquà "assez tard". Pendant ce temps, sans être très intime, Henri avait bien lié un lien d'amitié avec ses employeurs.
......Le surlendemain de l'entrée de Jacques à l'hôpital américain, Henri va le voir pendant la coupure de l'après midi, comme le veille, et il trouve Jacques qui l'attendait, habillé, prêt à sortir, au bureau de l'hôpital, on explique à Henri que Jacques ayant un gros problème à un rein, il était attendu le samedi suivant, à 16 heures, à la "Clinique bleue" Porte de Choisy, clinique spécialisée dans ce genre de maladie. Il n'y avait que deux jours à attendre, et, bien sur, Jacques irait à la clinique accompagné par Henri. Le samedi, Jacques et Henri, portant sa petite valise, sont parti vers 11 heures du matin, "pourquoi 11 heures, pour un rendez-vous à 16 heures ?" demanderez vous, et bien, c'est que Jacques, avait décidé, avant d'aller à la clinique, de faire un bon repas, dans un bon restaurant avec Henri, et ce n'est pas lui qui auraitdit non. Ils ont donc fait un excellent déjeuner, puis sont allé dans le quartier de la clinique, ou à cause de la chaleur, ils sont allé se désaltérer quelques fois dans différends cafés. Quand ils sont arrivés à la clinique, ils ont été assez mal reçus et se sont fait disputer. Il faut bien dire, par souci de vérité, qu'ils sont arrivé à la clinique, à 18 heures passées, au lieu de 16, et que tous les deux étaient passablement émêchés.
......Ensuite, Henri est allé, tous les jours, pendant sa coupure voir Jacques à la clinique, emportant avec lui, très souvent, une bouteille de bon vin que madame Agathe lui confiait pour Jacques, tant et si bien qu'au bout d'un moment, le placard de Jacques ressemblait plus à une cave d'oenologue qu'à un placard de chambre d'hôpital.
......Pour aller rendre visite à son ami, Henri prenait un taxi à la station de la Place de Passy, et prenait la route de la clinique en précisant bien qu'il souhaitait passer par les boulevards périphériques, l'endroit se trouvant près de celui-ci porte de Choisy, de ce fait cela allait assez vite et cela ne coutait pas trop cher (Henri était rembousé de la course par ses patrons). Un jour, comme d'habitude, Henri prend un taxi et donne son adresse en demandant de prendre les périphs. Le chauffeur acquiesce et les voici partis, d'un seul coup, Henri, trouvant que c'était un peu long et ne reconnaissant pas les endroits par lesquels il passait d'habitude, se rend compte, mais trop tard que le chauffeur, un maghrébin, avait bien prit le périph, mais en sens inverse, c'est à dire qu'au lieu de rouler 1/4 de la longueur de la route dans un sens, il en a rouler les 3/4 dans l'autre sens, bien sur ils arrivaient toujours à l'endroit indiqué mais en mettant 3 fois plus de temps et le montant de la course n'était pas le même. Le chauffeur lui dit qu'ils étaient arrivé et Henri lui demande de l'arrêter près de la station de métro où, de loin, il avait vu un agent de police. La voiture, s'arrête, Henri paye en demandant un ticket de course, et descend, le chauffeur l'interpelle en lui reprochant de ne pas avoir laisser de pourboire, Henri lui en donne la raison et s'ensuit une dispute, le chauffeur disant à Henri qu'il était passé par le périph comme il le lui avait demandé, Henri rétorquant qu'il n'était pas un touriste et que le travail des taxi est de prendre le chemin le plus court pour aller au but de sa course. Les cris des deux protagonistes ont vite fait d'interpeller l'agent de police, ce qu'Henri souhaitait en faisant arrêté le taxi à cet endroit là. Un fois que le policier sut ce qu'il en était et fait partir le taxi, il dit à Henri de garder le ticket de course et d'aller rue des Morillons, à coté des "objets trouvés" au "syndicats des chauffeurs de taxis" et qu'il pourrait "peut-être" se faire rembourser, mais surtout que le chauffeur risque un blâme ou une amende. Avec toutes ces péripéties, Henri qui, les autres jours, passait plus de deux heures avec Jacques, n'a pu le voir qu'à peine 1/2heure ou trois quarts d'heure. Très en colère, il a décidé de faire comme le lui avait dit l'agent, ayant prévenu Jacques qu'il ne viendrait pas ce jour là, il a prit, dés sa coupure, la direction de la rue des Morillons dans le 15ème arrondissement. Après avoir expliqué pourquoi il venait, il a été dirigé dans un service où le personnel a àsa disposition d'énormes plans de Paris ou de la région sur lesquels sont visibles, jusqu'à la moindre petite impasse. L'employé demande à Henri son ticket de caisse et lui demande si il se souvient de l'endroit exact où il est monté dans la voiture. Avec de ces renseignements, à la surprise de Henri, il a saisi d'une sorte de stylo avec une petite roulette à la place de la bille et 2 compteurs sur le corps de l'appareil, puis, posant la roulette à l'endroit exact de la station de taxi de la place de Passy, il a suivi, comme en écrivant, la route qu'aurait dû prendre le chauffeur indélicat, pour finir à la clinique de la porte deChoisy.
Il a, ensuite, consulté les compteurs de son stylo, où étaient inscrit le nombre de kilomètre, mais surtout, à 1 ou 2 francs près, la somme qu'Henri aurait dû payer pour cette course, c'est à dire, environ 1/3 de ce qu'il avait payé. L'argent lui a été remboursé contre reçu et il pense que le chauffeur a dû se faire taper sur les doigts sérieusement.
......Outre tout cela, Henri faisait son boulot, allait voir Jacques et le soir à la fermeture, retrouvait quelques instant ses collègues des établissements alentour, prenait un verre et allait se coucher.
......Jacque, sorti de l'hôpital est parti en convalescence pour unr durée indéterminée. Henri se retrouvait seul. Le soir au resto, après avoir fait sa cave, et nettoyé le bar, il restait un peu à discuter avec les patrons et la bande de coiffeurs. Puis il rentrait.
......Jusqu'au jour où il eut une surprise qui le rendit heureux....
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Dim 11 Nov 2012, 07:56

TRENTE-SEPTIEME PARTIE : Nouvelles soirées !

......Depuis que Jacques était parti, Henri s'ennuyait un peu en dehors des horaires de travail. le soir, après son service, il allait, environ 1/2 heure, au bar voisin prendre un verre avec les serveurs des établissements du quartier, discuter de choses et d'autres, avant de rentrer à l'hôtel se coucher. De temps en temps, la serveuse remplaçante allait aussi prendre un dernier verre avec lui avant de rentrer chez elle. C'était une jeunne fille d'origine de Bourgogne, petite, rondouillarde, sympathique et qui racontait des histoires, plus ou moins "olé-olé" avec l'accent berrichon, ce qui fait qu'elle était tellement appréciée, qu'Henri ne se souvient pas l'avoir vu payer, une seule fois, ses consommations. Cela faisait passer un moment de détente agréable, mais il n'empêche que Henri s'ennuyait un peu (même beaucoup) sans son ami Jacques.
......Un soir que le service était terminé, le comptoir regarni, rangé et nettoyé et pendant que la patronne, madame Agathe, finissait de laver le sol de la salle, Henri terminait une partie de 4.21 avec les coiffeurs qui étaient resté un moment, comme d'habitude. Au moment de partir, une des coiffeuses annonce qu'ils allaient prendre un verre à "La Rhumerie" à Saint-Germain-des-prés, et elle demande aux patrons de Henri s'ils voulaient venir avec eux, ceux étant d'accord, henri se change et dit "au-revoir", à ce moment, la même coiffeuse dit à Henri de venir avec eux. Henri lui répond qu'il aimerait bien, mais que financièrement cela lui était impossible et leur souhaite une bonne soirée. C'est alors que ses patrons, madame Agathe et son mari monsieur Laurent, ainsi que les coiffeurs lui disent de ne pas s'inquiéter pour ça et lui propose, quand même, de les accompagner. Ce fut, pour Henri, une excellente surprise, il n'y avait pas si longtemps qu'il travaillait au "Bois-le-vent", qu'il sortait avec des clients et ses patrons, en tant qu'amis. Heureusement qu'il avait été invité, car il ne connaissait pas "La Rhumerie", et une fois que les consommations ont été servies, il s'est rendu compte qu'avec ce qu'il avait comme argent sur lui, il n'aurait pu que payer son verre et prendre le métro pour rentrer chez lui.
......Ce soir là Henri a passé une excellente soirée, dont il n'avait pas l'habitude, mais cela ne s'est pas arrêté là, les soirées continuaient, pas tous les jours bien sur, mais il en faisait toujours partie. Aussi, il faisait attention à son argent pour pouvoir, de temps à autres, participer financièrement. Pour cela il eut une idée. Au Bois-le-vent, tous les jeudis, un nettoyeur de carreaux venait faire les vitres du restaurant et Henri a vu que madame Agathe lui donnait, quand il avait fini, un billet de 50 francs. Henri a bien regardé comment le laveur s'y prenait et a proposé à sa patronne de faire ce travail, pendant sa coupure du jeudi après-midi, pour 30 francs. Madame Agathe et monsieur Laurent ont accepté, et c'est ainsi que Henri pouvait avoir un peu plus d'argent pour ses sorties entre amis.
......Henri, ses patrons et ses amis coiffeurs, sortaient donc régulièrement, en fin de semaine et se retrouvaient, soit en "boite de nuit", soit dans des "clubs privés", ou bien dans un restaurant des Saint-Germain-des-prés, à deguster des fruits de mer arrosés de vin blanc vers 3 ou 4 heure du matin. Henri n'avait jamais connu cela, et il appréciait ses moment avec bonheur. Il n'oubliait pas Jacques mais, il faut avouer qu'il y pensait un peu moins.
......Un soir, après la "sempiternelle" partie de 4.21, les coiffeurs saluent tout le monde et partent en disant à demain. Henri les salue, fini de ranger et se change pour rentrer à l'hôtel.
10 minutes après le départ des coiffeurs, alors qu'Henri disait bonsoir à ses patrons, la porte du restaurant s'ouvre, au moment où la patronne allait dire que c'était fermé elle s'aperçoit qu'il s'agit d'Evelyne, une des coiffeuses, elle lui demande si elle avait oublié quelque chose, Evelyne répond qu'elle venait chercher Henri. Pensant qu'il allait faire une petite soirée avec les coiffeurs, Henri la suit, et ensemble ils prennent la rue de passy vers le Trocadéro, puis l'avenue Kléber. Ils marchaient depuis 15 bonnes minutes, quand Henri demande à son amie où étaient les autres. A sa grande surprise, il entend Evelyne lui répondre; "Ils sont rentré chez eux, je voulais être toute seule avec toi". Avenue Kléber, cette phrase fut ponctuée d'un long baiser. A ce moment, Henri a totalement oublié l'existance de Jacques.
......Henri fut d'autant plus surpris, qu'il ne savait pas "draguer". Henri était très épris d'une jeune coiffeuse (encore), patronne de son salon, qui habitait un studio loué par "Yvonne", la patronne du resto qui s'était occupé gentiment de lui, et il se rendait compte qu'il ne la laissait pas indifférente, bien qu'il l'ait emmené au ciné 1 ou 2 fois au cinéma il n'a jamais osé lui "déclarer sa flamme", et ceci pour deux raisons, d'une part sa timidité et d'autre part, elle était aimé (bien que cela ne soit pas réciproque) d'un jeune homme 2 fois comme Henri, ancien petit voleur sortant de prison et logé dans une chambre de Yvonne (ce resto était la maison du Bon Dieu) et Henri en avait peur. Et cette fois, c'est lui qui était dragué.
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Dim 11 Nov 2012, 07:59

TRENTE-HUITIEME PARTIE : Plaisir d'amour !

......Evelyne et Henri ont continué leur promenade, enlacés, avenue Kléber jusqu'à l'Arc de Triomphe, puis les Champs Elysees où ils ont été prendre un verre. Ensuite ils se sont installés sur le petit muret qui soutient la vitrine de la "Maison du Danemark", et ont décidé, difficilement, de se séparer car, tous les deux travaillaient et devaient se lever 4 heures plus tard, Henri se levant à 6 heures et Evelyne devant rentrer chez elle en banlieue. Après un long, très long, très très long baiser, ils se sont séparé quand Henri à refermé la portière du taxi dans lequel était monté Evelyne. Pendant ces quelques heures qui restaient, bien qu'allongé sur son lit, Henri n'a pas dormi, il avait bien trop de belles pensées dans la tête.
......Le matin, au restaurant, Henri n'a rien laissé paraître, mais il a eut bien du mal à avoir l'air bien réveillé. Il a profité pleinement de sa coupure de l'après-midi pour bien dormir. Que ce soit à midi ou le soir, quand les coiffeurs sont venu pour déjeuner ou à l'apéritif, il y avait, bien sur, Evelyne avec eux et Henri est resté comme d'habitude avec assez de mal, sachant que personne n'était au courant de leur liaison.
......La vie de Henri, continuait comme avant, le travail, les sorties quelques soir avec ses patrons et les coiffeurs, sauf les samedis soir où il sortait avec Evelyne, ils se promenaient, allaient au restaurant, puis finissaient leur nuit dans un hôtel du 16ème arrondissement (mais jamais dans celui où il avait sa chambre). Le dimanche matin, ils se faisaient réveiller avec un petit dèjeuner vers 6 heures du matin, puis ils se quittaient et partaient chacun de son coté, Evelyne prenait un taxi pour retourner vers le pavillon de ses parents et Henri pour prendre son service.
......Outre tout cela, la vie de garçon de café de Henri continuait agréablement. Du travail, des bons employeurs, des amis, un amour, que pourrait-il demander de plus. Il n'y avait rien de changé si ce n'est que, bien qu'il la voyait, avec ses collègues, tous les jours et qu'il sortait de temps en temps avec eux, il attendait le samedi soir avec impatience pour sortir et être enfin seul avec Evelyne.
......Quelques petites anecdotes sur le travail au "Bois-le-vent"; Tous les soirs à l'ouverture vers 18 heures, quand il ne travaillait pas, Jean Carmet s'asseyait et buvait un ballon de Côtes-du-Rhône. De temps en temps, au service de midi il y avait une dame et deux jeunes hommes, venus faire un petit repas rapide, c'étaient madame Raimbourg et ses deux fils (femme et enfants de Bourvil). Le plus comique (ou navrant) se déroulait au comptoir; tous les jours avant la fermeture des portes vers 14 heures 30 un client "fringué milord", entrait, droit comme un robot, le regard dans le vide et commandait "un Martini avec 3 glaçons" en posant sur le comptoir le montant exact de sa consommation plus la petite pièce de pourboire, puis il buvait son Martini d'un trait sans que les glaçons n'aient eut le temps de fondre et de le rafraîchir, puis il repartait de la même façon "mécanique" pour faire la même chose au bar suivant. Il demeurait Place de Passy et faisait, ainsi, tous les bars du quartier avant de rentrer chez lui avec une bonne vingtaine de Martini dans le corps. Tous les matins, vers 10 heures un monsieur venait au bar commander un verre de vin blanc d'Alsace, il tremblait énormément et comme le blanc était servi dans les verres ballons de couleur verte hauts sur pied, et qu'il le prenait par le bas, son tremblement faisait que le verre arrivé à sa bouche ne contenait plus qu'un tiers de vin, le reste étant par-terre ou sur le comptoir, il en prenait un second et cette fois n'en renversait qu,un peu moins de la moitié, enfin il en commandait un troisième qu'il buvait totalement car il ne tremblait plus du tout. Ce client, Henri l'aimait bien, car il donnait en pourboire le même montant que la somme demandée pour les consommation en disant; "c'est toi qui bosse, y'a pas de raison que tu gagnes moins que tes patrons". Le soir, à l'apéro, il y avait un client corse, dont tout le monde savait qu'il vivait du commerce des filles du bois, ce client prenait un Pastis dans un grand verre avec 11 glaçons. Au bout de quelques soirs Henri se permet de lui demander "pourquoi 11 glaçons" apparemment, ce client n'aimait pas les questions, il a répondu assez sèchement; "si on te l'demande", a payé, n'a pas laissé de pourboire, est sorti mécontent et n'ai jamais revenu, Henri a vite regretté car le client était généreux, mais au moins il a apprit qu'un serveur devait savoir garder sa langue dans sa poche et respecter tous les caprices des clients, même s'ils sont étranges à ses yeux.
......Les semaines passaient les unes après les autres, avec les sorties entre amis, et les samedis soir avec Evelyne. Un de ces soirs, attablés dans un restaurant, ils discutaient de choses et d'autres, de leurs travails, de ce qui a pu arrivé de drôle ou de spécial dans la journée, mais il parlaient surtout d'amour, arrivé au dessert, Evelyne avait parlé, sérieusement, de "mariage et d'enfant". Henri ne pensait pas que cela viendrait aussi vite et ne se doutait pas un seul instant que ce soit "elle" qui en parlerait, bien sur il était prévu qu'ils réfléchiraient, mais bien qu'énormément heureux, Henri venait de prendre un sacré coup.
......Un soir, quelques jours avant le nouvel-an, Henri faisait sa cave pendant que les derniers clients finissaient de dîner, il remonte des caisses de boissons par la trappe se trouvant au sol à l'entrée du comptoir, et en sortant la tête de la trappe, il voit Evelyne au bout du comptoir, s'attendant à voir les autres coiffeurs, mais ils n'étaient pas là, en revanche, Evelyne n'était pas seule, elle était accompagnée d'un jeune couple qu'elle a présenté à Henri et aux patrons comme étant ses cousins. Henri a été invité à prendre une consommation avec eux, puis le resto a fermé et dans la rue ils se sont salué. les cousins sont monté dans leur voiture mais ils n'ont pas démarré, ils attendaient Evelyne pour la ramener chez elle. Evelyne était un peu à l'écart de la voiture parlant doucement avec Henri, quand elle s'est aperçu que madame Agathe et son mari étaient rentré chez eux elle a embrassé Henri et lui a dit qu'il était invité chez ses cousins pour le réveillon du nouvel-an, en fait, elle avait amené ses cousins au Bois-le-vent pour le leur faire rencontrer. Voilà si, ni les amis et collègues d'Evelyne, ni ses parents n'étaient au courant, elle en avait quand même parler à quelqu'un. Pour Henri, c'était merveilleux, car cette année là le jour de l'an était un dimanche, il ne travaillait donc pas le weekend.
......Le jour arriva et dés le samedi matin Henri partait pour Rueil-malmaison, où les cousins d'Evelyne avaient leur pavillon.
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Andy Paname
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MessageSujet: Re: L'itinéraire de Riri le p'tit parigot!   Ven 23 Aoû 2013, 08:38

TRENTE-NEUVIEME PARTIE ; Chagrin d'amour !

......Arrivé à Rueil-Malmaison, Henri se renseigna sur l'adresse des cousins, ils demeuraient effectivement à Rueil, mais un peu en dehors de la ville et assez loin d'où il était, il prit donc un taxi qui l'emmena. A pied il aurait mis pas mal de temps, et il était trop pressé de retrouver Evelyne. Il fut bien reçu par les cousins et quelques-uns de leurs amis ou membres de la famille, déjà arrivés, et qu'il ne connaissait pas, mais c'est avec une légère tristesse qu'il s'aperçut qu'Evelyne n'était pas là, il avait seulement oublié que s'il était de repos le samedi, le salon de coiffure était ouvert, les cousins lui ont dit qu'elle arriverait en fin d'après-midi. En attendant, après avoir fait connaissance de tout le monde, Henri, comme les autres, à mis la "main à la pâte" pour aider à préparer le réveillon du soir. Tout s'est passé dans la joie, plein de rires et de plaisanteries, comme il avait neigé, tous les hommes de 20 à 30 ans, tels des gamins, sont allé dans le jardin faire un bonhomme de neige, ou bien sur le chemin enneigé faire de la luge avec une vieille baignoire.
......Les cousins d'Evelyne, habitait une magnifique grande maison sur la porte de laquelle figuraient des blasons et des chiffres, se renseignant sur cela, auprès du cousin d'Evelyne, Henri apprit que la demeure avait appartenu, 2 siècles auparavant, à l'Imperatrice Josephine de Beauharnais.
......Dans la soirée, Evelyne est arrivé, seule, Henri pensait que ses collègues coiffeurs seraient de la fête, mais apparemment, ceux-ci n'étaient toujours pas au courant. Pour cette soirée de réveillon, ils étaient 15 ou 20 à fêter la nouvelle année, ce ne fut que , chansons, rires, danses toute la nuit, chose qui n'était jamais arrivé à Henri. Le lendemain, promenades et toujours rires ont agrémenté la journée.
......Comme tout le monde devait repartir le soir, beaucoup travaillant le lendemain, chacun s'est mit à ranger les restes de la fête, en débarrassant les verres, Evelyne en a cassé un et s'est blessé à la main, assez sérieusement pour être obligé d'appeler un médecin et d'avoir un arrêt de travail. Elle est donc resté chez ses cousins et Henri, après avoir saluer tout le monde, est rentré, seul, sur Paris et s'est couché pour être en forme le lendemain matin.
......Le lundi, le travail a repris normalement. Rien n'avait changé, si ce n'est que Henri travaillait avec des étoiles de bonheur plein la tête. Le soir à la fin du service, il n'a même pas été prendre un dernier verre comme d'habitude, il est directement rentré à l'hôtel se coucher, il avait du sommeil à rattraper. Le lendemain midi les coiffeurs ne sont pas venu, en revanche, tous sont passé le soir prendre un apéritif, tous sauf Evelyne. Bien sur, Henri a joué les innocents et a demandé pourquoi elle était absente, les coiffeurs lui ont répondu qu'elle était en arrêt de travail, s'étant blessée pendant le réveillon et lui ont expliqué, en détail, comment cela s'était passé, d'après ce qu'Evelyne leur avait dit au téléphone, en les écoutant, Henri compatissait en essayant, difficilement, de ne pas éclater de rire. Puis ils sont parti et la vie a continuer.
......Un peu plus d'une semaine plus tard, Henri reçoit un appel téléphonique à son boulot, c'était un des coiffeurs, collègue d'Evelyne, qui lui demandait de rejoindre toute la bande, après son service, dans un petit restaurant du quartier Saint-Michel pour diner avec eux. Henri accepte et dit à ses patrons qu'il ne dinerait pas au resto avant le service. Une fois le Bois-le-vent fermé, Henri a aussitot prit un taxi pour aller rejoindre ses amis. Entrant dans l'établissement, Henri voit que toute la bande était là avec leurs patrons et, aussi, Evelyne. Salutations normales à tous, apéritif et repas toujours ponctué de blagues et de rires. Au cour du repas, Evelyne se lève et s'excuse de s'absenter un moment, à cet instant, tous cessent plus ou moins de parler et de rire.
Henri avait bien senti que malgré leurs efforts, ils n'étaient pas tout à fait pareil que d'habitude, vis à vis de lui. Evelyne étant absente, son collègue regarde Henri et lui demande; "ça na t'as pas trop gêné de nous laissé te raconter l'accident d'Evelyne, alors que tu y as assisté ?". Silence à la table, tous les regards tournés vers Henri qui ne savait ni que dire, ni que faire, puis éclats de rires de la part des coiffeurs tandis qu'Evelyne, arrivée doucement par derrière, embrassait Henri. Donc, de plus en plus de monde était au courant. Dés ce jour, reprise des sorties comme d'habitude, à la grande joie de Henri, mais il ne pensait pas que cela n'allait pas durer !
......Quelques temps après,un soir de sortie, en discutant de l'avenir, Evelyne dit à Henri que s'ils avaient un enfant, ce serait le sien et qu'elle seule s'en occuperait, Henri qui n'était pas trop d'accord lui demanda pourquoi lui, il apprit qu'elle voulait des enfants bruns, et comme tous deux avaient les cheveux aussi noirs l'un que l'autre, il y avait de fortes chances que cela arrive. De plus, elle voulait un super mariage, avec contrat (Henri demanda pourquoi et elle répondit qu'en cas de divorce chacun reprenait sa part, elle avait été la première à parler mariage et déjà elle parlait divorce), que les familles partageraient, Henri, fils d'ouvrier et petit employé lui-même et elle, issue de famille bourgeoise avec des parents ayant des professions libérales, il savait que ses parents ne pourraient pas suivre. A partir de ce moment, il y eut quelques changement dans l'attitude d'Evelyne et des coiffeurs vis à vis de Henri. En fait si ils étaient sympas et drôles, ils étaient quand même ce que l'on appelle aujourd'hui des "bobo". Un jour, Evelyne demanda à Henri de l'emmener au restaurant, elle avait à lui parler, ils parlèrent, puis allèrent dans la chambre d'hôtel de Henri, où ils parlèrent encore.....de leur séparation, ce fut leur dernière nuit ensemble.
D'un commun accord, ils ne se revirent plus, cette soirée fut un vrai déchirement pour Henri, qui  encore une fois, se retrouvait seul, sans ami, sans amour.
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