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 2) THEATRE (Texte versifié) ACTE 1/5 SCENE 2/22

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Guy Lafosse
Bavard


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Localisation : Sud de la France (Près de Béziers)
Date d'inscription : 02/12/2016

MessageSujet: 2) THEATRE (Texte versifié) ACTE 1/5 SCENE 2/22   Dim 22 Jan 2017, 14:58

ACTE PREMIER
                                SCÈNE DEUX

                             ANAEDE, EGIDE

                                  ANAEDE
Égide, si ce duc qui se disait droit venu d’Ukraine,
N’avait dit regretté la capture du fuyard de Varennes
Puis, parlé de Louis Capet comme on parle de gangrène
N’aurait-il pas obtenu les faveurs de la belle souveraine ?

                                  EGIDE
Je ne pouvais deviner que de mes mains la reine ne s’entiche
Et que, suite à cela, elle fasse de moi une sorte de fétiche !
Je n’ai pas effleuré ses doigts pour qu’elle m’applaudisse
Diantre ! Ai-je demandé qu’au plus haut elle me hisse ?

                                 ANAEDE
Je sais ce que furent les visées de ce boyard haut perché,
Et où il serait si à vous tuer sur pré il n’avait pas cherché…

                                  EGIDE
En rêvant de m’occire via le coup de la botte de Nevers
Qui de lui ou de moi a vendu son âme au sortir de l’hiver ?
Cela dit, entre celui que je fus et celui que je suis devenu,
Si je n’avais pas étonné la reine, à rien, je ne serais parvenu…

                                 ANAEDE
Pourquoi avoir pardonné à celui qui tenta de vous embrocher ?

                                  EGIDE
Amie, vous ai-je déjà dit qu’à la vie je voulais m’accrocher !?
Si, je vous osais dire ce que je pense des premières fois
Je dirais que le désarroi est conforme à celui d’autrefois...
Si la loi permettait que, sur pré, ce foldingue ne n’entraîne
Je ne vous pourrais dire ce que je dois à la souveraine.

                                 ANAEDE
Dois-je taire que la reine croit toujours au pouvoir de vos mains ?

                                  EGIDE
M’ allez-vous reprocher que le jour qui fuit est la veille de demain ?
Ai-je demandé à l’irraison de se mette au travers de mon chemin
Est-ce moi qui ai fait de moi un homme aux pouvoirs surhumains ?
Ai-je demandé à sa Majesté de ne point pousser plus avant l’examen ?

                                 ANAEDE
Si vous n’aviez pas dit que soigner est un noble dessein,
La reine aurait-elle fait de vous le premier de ses médecins ?
N’est-il pas qu’allégeance faite vous devîntes hôte de marque
De quatre pitoyables tyrans et de trois pendables monarques ?
Cher ami, vous considérant comme le plus honnête des hommes…
Convaincu que vous ne pouvez appréciez ce type bonhomme
J’ose penser que vous pataugez dans la souille de ces âmes infâmes
Que pour y respirer l’odeur jasminée de la plus belle des femmes.

                                  EGIDE
Chère amie, puisque vous aimé parlez de ce que vous ne savez pas,
Pourquoi n’indiquez-vous pas à la reine l’heure de ses prochains repas ?
Tout cela pour rappeler que si son Altesse m’avait qualifié d’âne bâté
Je n’ose penser ce qu’il lui serait arrivé si je ne l’avais point épaté ?
Enfin, en lui prédisant gloire longue vie sans autre discours
Je ne pouvais deviner que la souveraine me voudrait à la cour !...
Anaède, si je n’étais pas devenu une sorte d’avaloir référant
Qui aurait enrayé le monarchisme de cette bande de tyrans ?

                                 ANAEDE
Peut-être mais, n’a-t-il pas suffi que vous vous montrassiez amical,
Pour que vous ne devinssiez aussi le ponte des maladies tropicales ?
Égide, niez-vous que depuis que la reine à fait de vous son atout,
Moins nombreux sont ceux qui à sa noble cause se vouent.

                                  EGIDE
Diable, que pèse la défection d’une poignée de courtisans
Comparée à l’affection profonde de millions de partisans ?

                                ANAEDE
Ce qui est vrai explique-t-il que, sans même un bonjour,
Un bambocheur aviné se permit de vous parler sans détour ?

                                EGIDE
Convenez que si, avec ce pochard, j’avais refusé de deviser
Je n’aurais peut-être jamais su la teneur de ses funestes visées ?
Sans cela, me serais-je souvenu de ce pathétique fêtard,
Une vingtaine d’années plus tôt m’avait traité de bâtard ?
Oubliant même qu’il avait outragé dame Pipelet d’une vile manière,
Ce valet d’armée s’osa dire peiné de ne plus voir cette dernière.
À cette énième outrance ce malfaisant m’obligea de répondre
Que veuve offensée dans la foule jetée n’aime guère se fondre.
Peu après, profondément affecté par l’attitude de ce pisse-froid
Je baffais ce matois qui, aux femmes, n’accorde aucun droit.
Seulement, analysant les injuries de cet exécrable bouffon,
J’admis que blâmer la forme ne donne pas raison sur le fond…

                               ANAEDE
Peut-on croire vipères fielleuses qui souvent exagèrent ?
Admettant que l’incriminée ait eut souvent la cuisse légère
Que vous-même soyez fruit d’une conduite à débord adultère,
Puisque qu’être sans exister n’est pas être, la manière indiffère…
Cela étant dit, pourquoi ameuter ciel et terre en faisant pareil foin
Quand on sait que l’humain est de loin le plus logique des témoins.
Enfin, au nom de qui ou de quoi une femme brûlante de désir,
Devrait-elle éteindre sa flamme et bouder son plaisir ?                    
Est-ce indécent de penser que, loin de son défunt conjoint,
De câlins malins, Ernestine Pipelet, avait un urgent besoin…
Cela étant, j’imagine que vous n’êtes pas restez inactif,
Entendu que pour punir les l’excès, vous n’êtes pas captif…

                                 EGIDE
En effet, afin de voir si, par de trop, Ernestine ne boissonne
Il fallait que je l’ allasse voir à son mas et qu’à sa porte je sonne.
C’est ainsi qu’olympien dans le sorite de mon propre examen,
Mon fidèle canasson m’emmena aux confins de son fichu chemin.  
Chère, il me reste à vous expliquer comment un homme quiet
Qui, rien ne mande, rien n’espère, rien ne veut, rien ne requiert,
Et ce, sans avoir une seule fois, sur cheval, usage fait de son fouet,
Visita une dévote aimée, qui ne savait plus à quel saint se vouer.

                               ANAEDE
Dois-je déduire que la nonagénaire perdait la raison
Et qu’à cet âge avancé, fou eût été d’espérer guérison ?

                                EGIDE
Ce qui est sûr est, qu’après avoir vilipendé les sans religion,
Elle accusa maître Cybère de faire tort à sa chrétienne région.
Surpris, me disant qu’une sans oreille peut devenir sans écoute
Je me souviens avoir longtemps hésité à poursuivre ma route.
Aussi, affichant sa tristesse je me suis dis que pour la réconforter
Je devais vitement lui permettre de réciter quelques pater noster.
Alors, volant à son secours pour le meilleur lui offrir
Refusant de voir, plus avant, son dogme s’appauvrir,
Accédant à son divin désir de revoir ses calotines consœurs,
Je la voiturai afin qu’elle assistât à l’office de onze heures.
Ravie, à peine m’avoua-t-elle m’aimer autant que ses fieux
Que, soudain, au lieu-dit appelé les Ornières-brise-Essieux,
Venu de nulle part, un noir attelage, s’ allant droit sur l’obstacle,
Offrit aux deux pris de peur que sommes un bien triste spectacle.

                               ANAEDE
Connaissant l’endroit, ce fait n’est autre qu’un défaut de vigilance !

                                EGIDE
Va pour l’inattention, mais était-ce besoin d’ajouter l’insolence ?
Car, pendant que l’injurieux voiturier vilipendait chaque dieu,
Moi, silencieux, pour peine apaisée, je faisais de mon mieux…
Sachant qu’aider est le devoir premier d’un médecin frais nommé
Drapé de ma dignité je décidais de détacher le roulier à demi assommé
Alors, faisant mienne l’infortune du râleur prisonnier de ses sangles,
Je coupais les épaisses lanières avant que l’estourbi ne s’étrangle.
Puis, faisant face au cocher qui n’en croyait pas ses yeux,
Sans outil de levage je rétablissais la portance du moyeu.
Seulement, ce récit serait incomplet si je taisais la venue
D’un élu qui, à l’en croire Cybère, ne serait guère bienvenu.
Aussi, c’est à l’instant même ou dame Pipelet priait saint-Justin
Que parut l’ami Apogène qui, badant le cocher le traita de crétin.
Après avoir coléré puis, chiffré hautement la somme de nos griefs,
Dit, redit, rebattu par huit fois tout le mal que l’on pensait du relief,
Puis, accusé hautement les scandaleux méfaits du coupable sillage,
Je déposai la gracile Ernestine Pipelet au pied de l’église du village.
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