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 3) THEÂTRE (Texte versifié) ACTE 1/5 SCENE 3/22

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Guy Lafosse
Bavard


Nombre de messages : 12
Age : 24
Localisation : Sud de la France (Près de Béziers)
Date d'inscription : 02/12/2016

MessageSujet: 3) THEÂTRE (Texte versifié) ACTE 1/5 SCENE 3/22   Mer 15 Mar 2017, 13:35

ACTE PREMIER
 
                                      SCÈNE III
 
                              EUGENIA, APOGENE
 
                                      EUGENIA
Qui doute de votre amour de la France Monsieur le député,
Doit savoir pour quelle juste cause vous osâtes lutter. 
Pour les présidentiables, n’est-il pas que fort déprécié
Sera celui qui, de ses électeurs, ne sait gère soucié ?
Pour ce qui relève du Graal, seriez-vous seul à table
Si ceux qui visent l’Élysée étaient moins contestable…
Que dire des retors, des tordus et des peu affûtés
Sinon, qu’ils se plaisent à vous tant chahuter ?
 
                                     APOGENE
Eugénia, votre amicale sentence me réchauffe le cœur.
 
                                     EUGENIA
Rien ne dit que je ne chauffe pas celui du futur vainqueur !...
 
                                   APOGENE
Avant que cela n’arrive et que la chaleur gagne en degrés
Il faudra que mon projet, aux yeux de Cybère, trouve gré.
Le peuple n’est pas sans savoir que celui-ci me médit
Et que, cet érudit, à plus petit que lui, n’accorde de crédit !
Si j’affirme que le sort des français n’occupe pas ses pensées,
C’est parce qui n’a où aller ne sait dans quel sens avancer.
 
                                   EUGENIA
N’ignorant pas à quelle hauteur vous placez votre saint devoir,
Je subodore qu’un musard sorti d’un placard ne peut que décevoir ?
 
                                  APOGENE
En vérité, j’aurais préféré renoncer aux lustres du pouvoir
Que surseoir ou remettre à plus tard le plaisir de vous revoir.
 
                                   EUGENIA
Cher ami, gardez-vous en … Pensez à la France !
De grâce, oublié les pendants, faite fi des outrances.
Vous ne pouvez renoncer ni  perdre le présent suffrage
En sachant que je suis celle qui vous y encourage ?
 
                                   APOGENE
N’est-ce pas pour venter la mort que Cybère se bat,
Et, qu’entre interdit et laisser faire se tiendra le débat ?
 
                                   EUGENIA
Vous dirais-je tout de go le fond de mes pensées
Si j’appréciais ce qu’il ose proposer aux Français ?
D’ailleurs, si je ne vous savais pas homme discret
Je me garderais de dire ce que je tiens pour sacré…
Alors, j’ose espérer qu’un accordé clora votre rivalité
Et qu’à votre endroit Cybère, fera montre de cordialité.
Savez-vous qu’il clame que vaine est votre concurrence ?
 
                                  APOGENE
Aurait-il comprit que petit est qui ne pense pas à la France ?
 
                                   EUGENIA
Bah ! Ce qui est sûr est que celui-ci vit mal votre dualité…
 
                                 APOGENE
Ce séide sait que revenir au temps premier n’est pas d’actualité ?
Son avenir politique ne pouvant remplir une écritoire de poche,
S’il refuse d’écrire sur le mien je crains que sa fin ne soit proche.
Victime outrée des caquettes que cet ingrat me prête
Sans cause, je n’aurais pas quitté ma quiète retraite.
Et puis, me lier à un politique empâté qui, en moi, n’a pas foi
C’est avouer qu’à l’instar d’Homère je sommeille quelquefois.
Si ce pleurnicheur s’avise à me faire de nouveaux reproches
Sans excuse n’y obédience je crains que sa fin ne soit proche.
 
                                 EUGENIA
Ne peut-il pas emporter la mise en faisant une honnête campagne ?
 
                              APOGENE
Faudrait-il encore que la confiance du peuple celui-ci ne la gagne.
Eugénia, pensez-vous que judicieux serait d’alléger le fardeau
D’un sot qui, surin en main, rêve de me le planter dans le dos ?
 
                               EUGENIA
Ne se peut-il pas que le maître passe sous la coupe de l’élève ?
 
                              APOGENE
Si Cybère devait en pâtir, je l’en libérerai, sa carrière sera brève !...
Affecté par ses froids propos qui, tous, tendent à m’attiédirent,   
Que ferais-je d’un petit qui, à mes côtés, refuse de grandir ?
 
                              EUGENIA
Ami, si vous redoutez que par trop grande ne soit son emprise,
J’ai peur qu’il ne vous faille attendre à bien d’autres surprises…
Et si, dans la liste des perdants personne ne vous peut classer
C’est parce que la fierté est noble quand elle est bien placée.
Apogène, vous sachant aimer l’atticisme national,
Je vous sais fort capable de gagner la bataille finale.
 
                              APOGENE
Ce qui, selon moi, n’est et ne sera jamais contestable
Est que votre belle âme fait de vous une amie délectable.
 Au partir, laissant une jeune fille au maintien en sommeil
Au revenir, je découvre une beauté aux attraits sans pareils.
 
                             EUGENIA
Le flatteur qui est en vous a-t-il oublié qu’elle godiche j’étais ?
 
                           APOGENE
Me souvenant de la façon dont les garçons vous traitaient,
Je pense que, si ces mêmes voyaient ce que vous êtes devenue,
Sûr, qu’ils regretteraient de ne pas vous avoir mieux connue.
 
                           EUGENIA
N’étant restée que moi-même, à rien je ne suis parvenue…
Et puis, qui trouve de l’attrait à une crécelle sans cervelle,
Est-il aise de la laisser si longtemps sans nouvelles ?
Cher, pour me faire oublier votre coupable silence
Ne m’oubliez pas, faite vôtre l’appel que je vous lance.
Si vous tenez à ce que de toujours notre amitié ne perdure
Je vous engage à faire montre d’un peu de moins de froidure.
 
                           APOGENE
Subissant la vindicte de Janus, j’ose dire que je suis consterné !
 
                           EUGENIA
Je n’ai à dicter à mon fils comment il doit occuper ses journées.
 
                          APOGENE
Dommage car vous sauriez qu’il ne donne pas cher de mon devenir…
 
                         EUGENIA
Là encore, je n’ai pas à dire qui de Cybère ou de vous il doit soutenir.
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