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 5) THEATRE (Texte versifié) ACTE 1/5/ SCENE 5/22

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Guy Lafosse
Bavard


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Age : 24
Localisation : Sud de la France (Près de Béziers)
Date d'inscription : 02/12/2016

MessageSujet: 5) THEATRE (Texte versifié) ACTE 1/5/ SCENE 5/22   Mer 10 Mai 2017, 08:49

ACTE PREMIER
                                   SCÈNE V
                APOGENE, CYBERE, EUGENIA, ANAEDE

                                  APOGENE
Monsieur, si vous gardiez en vous vos cyniques médisances,
Quel besoin aurais-je de vous rappeler vos insuffisances ?
Pensez-vous vraiment qu’utiliser pareils moyens
Est à même de séduire nombre de nos concitoyens ?

                                  CYBERE
Je sais que gagner l’élection sans une optative fusion,
Et sans accord aucun équivaut à se bercer d’illusion ?

                                 APOGENE
Ne vous ai-je pas prévenu que fâcheux et malvenu,
Serait de faire campagne en usant de propos disconvenus ?
J’ajoute que si en premier le devoir de ma charge préside
C’est parce que c’est ici et pas ailleurs que l’honneur réside…
Avant que l’indicible nous oblige à porter le crêpe de deuil,
Laissez-moi dire que je ne m’attendais pas à pareil accueil…

                                  CYBERE
Cher, entendrait-on le message que l’homme sage délivre,
Si ce qu’il dit n’était pas dicté par son propre désir de vivre ?
Livrerons-nous bataille aux promoteurs d’idées plates,
Si l’on ne craignait pas que la France ne se scinde et n’éclate ?
Alors, si l’on débêtisse relativise et excuse nos ineptes remous,
Reste que l’électeur attend  autre chose qu’un consensus mou…
Comment voulez-vous que dans l’urne son vote il dépose ?
Si désolément muettes restent les questions qu’il se pose ?

                                  APOGENE
Avec pareil raisonnement, ne sachant sur quel pied danser,
Me direz-vous de quelles auges sortent vos folles pensées ?

                                    CYBERE
Votre activité de député ne vous amène-il pas à condamner,
Celui qui, pour réussir, se déshonore complote et conspire ?

                                   APOGENE
Résolument d’accord avec votre analyse, peu est de dire,
Que je suis aise d’accueillir un avis que je ne saurais dédire.
Hélas pour vous, ne voulant vous servir d’accote-pot,
Je n’ai d’autre choix que de nuancer votre propre propos…
Hier, petitement, aujourd’hui, à haute et intelligible voix,
Du bon usage, ne bafouez-vous pas ce que la loi prévoit ?

                                    CYBERE
Monsieur, vous aurais-je rendu grâce d’être venu,
Si ce n’étais pas pour satisfaire ce qui était convenu ?
Ce disant, contraint de vous dire plus qu’un simple bonjour,
J’avoue avoir souhaité que désagréable soit votre séjour.

                                   APOGENE
Puisque grande ouverte n’a jamais été votre porte,
Dites-moi à quoi sert cette réunion si rien elle n’apporte ?

                                    CYBERE
Si de mon engagement vous aviez décidé de faire bon usage,
Je ne serais pas obligé de vous redire ce que j’envisage.

                                    APOGENE
Convaincu qu’un initient n’est point homme de terrain,
Que ferais-je d’un précepteur qui à mes réformes fera frein ?
D’autant, qu’en matière d’égards je n’ai eu qu’insolence,
Que, vaniteuse et fielleuse fut votre accueillance,
Ne pouvant agir qu’avec un politique qui vraiment s’engage,
Que ferais-je d’un sans grade qui ne me donne aucun gage ?
                     
                                     CYBERE
Si vous ne comprenez pas qu’indécent est se donner en spectacle,
Je crains que vous n’alliez au-devant d’une retentissante débâcle…

                                    APOGENE
Le candidat que je suis qui, pour le bien de tous se voue,
Se gausse des filous qui vous louent et qui votent pour vous.
Si le peuple souhaitait que d’avantage on vous flatte,
Pensez-vous que je serais celui qui le plus l’on gâte ?

                                     CYBERE
Bien qu’à mon endroit vous êtes tout, sauf exemplaire,
Demain, fait président, je tâcherai de ne point vous déplaire…

                                    APOGENE
Vanité ! Qui donc vous peut croire et vous porter estime haute,
Quand à vous-même et à d’autres n’avouez aucune de vos fautes…
                                 
                                     CYBERE
Sacrebleu ! Homme de peu de foi et de grande arrogance,
Ou pensez-vous aller avec vos méprisantes manigances ?...
Me joignant à vous, vous élevant au rang de fier Drômois,
Aimable, ne serait-il pas de faire un ou deux pas vers moi ?
 
                                   APOGENE
Malgré vos dits et vos insanes fredaines, une chose est certaine,
Vous n’êtes qu’un laveur de pont qui jamais ne sera capitaine !
Que puis-je faire avec un Cybère qui ne m’apprécie guère,
Qui, inconscient et seulabre rêve de faire sa petite guéguerre ?!
Il ne suffit pas de faire le beau, rosette à la boutonnière,
Pour que, bille en tête, je me range sous votre bannière ?
N’étant en rien responsable de cet inique bras de fer,
Me joindre à vous ne serait-ce pas faire la pire des affaires ?

                    CYBERE visiblement excédé
C’est assez, de grâce, cessez ! Vous dépassez la mesure !
Je ne saurais tolérer plus avant pareilles démesures !
Enfin, par échange de plis croquis plans de routes joints,
Avec grand soin, n’ai-je point fais selon vos besoins ?
Ne voulant différer votre plaisir de revoir votre natal nid,
N’ai-je pas bu votre mépris et vos odieuses calomnies ?
Malgré votre ignoble perfidie et votre goût du proscrit,
Avec ironie, j’en conviens, ne vous ai-je pas écris,
Réécris, par au moins six ou sept plis cachetés et scellés
Qu’en longeant sentes escarpées et chemins bosselés,
Et, en suivant cet itinéraire qui, de moi, est connu,
Même un âne arriverait sans encombre à l’endroit convenu ?...

                                  APOGENE
Monsieur, à l’aveu de mon fol espoir de ne vous plus voir,
J’ajoute que grand serait mon plaisir de ne vous plus revoir…
Aussi, sachez que j’excuserais volontiers vos indigents forfaits,
Si, en moi, s’effaçait l’inné désir de ne vous revoir jamais !

                                   CYBERE
Député, pour qui vous prenez-vous pour me parler de la sorte,
Sinon un démagogue véreux qui de fausses nouvelles colporte.
Si, pour l’irréfléchi que vous êtes, la victoire est hors de portée,
C’est parce qu’un crétin assis, au pays, ne peut rien apporter.

                                  APOGENE
Il n’est de plus grand mensonge que celui que l’on fait à soi-même !

                                   GYBERE
Certes, mais, que penser et que dire de celui qui fuit les problèmes ?

                                  APOGENE
Monsieur, qui n’a mis les pieds dans des lieux de souffrance,
Ne peut comprendre mon désir de «redresser» la France…

                                  CYBERE
Vu que le pays à raison de se tenir debout, puisque bien éparti,
Que puis-je faire d’autre que fuir qui débite pareille ineptie ?
Je ne suis pas de ceux qui, à votre instar, voit notre pays bossu …
Monsieur, si la chose fut, les géologues s’en seraient aperçus…
J’ai bien peur que l’inique vésanie qui affecte votre vue,
Ne vous ait contraint à dire une énième bévue …
Député, à l’instar de vos pairs, sans même forcer le trait,
Avez-vous conscience d’avoir brossé votre propre portrait ?
Cela étant précisé, constatant la somme de nos désaccords,
Souhaitez-vous que nos rapports ne s’aggravent plus encore ?

                                APOGENE
J’avoue volontiers n’avoir nulle envie de parler d’allégeance…

                                 CYBERE
Dans ce cas, fréquentez-moi, vous saurez ce qu’est l’intelligence !                    

                                APOGENE
Vaniteux ! Pour une fois, essayez de raisonner avec pertinence !
Seriez-vous le seul candidat à méjuger l’état de nos finances,
À ignorer que notre grand argentier, droit sorti de Science Po,
Passe plus de temps à s’empiffrer qu’à faire rentrer l’impôt !
 
                                 CYBERE
Que puis-je répondre à un séide qui n’a plus goût à rien,
Qui, hormis son lieu d’attache, s’est défait de tous liens ?
Ce n’est point en énumérant tout ce qui nous oppose
Que vous résoudrez les problèmes qui se posent !
Choisissez ! Ou vous m’élevez au rang de gagnant,
Ou vous cohabitez chichement au contact des perdants !

                                 APOGENE
Que valent prédises et accusations d’un assimilé gascon,
Qui, même, pour sa propre région n’a rien fait de bon !…
Eugénia, je vous serais gré de vouloir bien raison gardée …
Et, convenir que je ne puis, sans réagir, me laisser brocarder

                         EUGENIA à Apogène
Oserez-vous rejoindre votre permanence sans accord satisfait ?

                               APOGENE
Dam, l’électeur doit de savoir ce que vaut un Cybère défait…
Aussi, ne pouvant laisser notre pays en de mauvaises mains,
Chère, vous n’imaginez pas ma joie de le battre demain…

       EUGENIA s’adressant à Cybère et Apogène
Messieurs, si vous en avez assez de vous traiter de benêt,
Je ne saurais trop vous conseiller de venir déjeuner…

            ANAEDE à Eugénia, en aparté,
Vu qu’il n’est de bon festoie sans l’ajout d’un grand vin,
Que Cybère sait que rien n’est sans breuvage divin,
Parlez-lui de ses fûts et de la Syrah de ses treilles
Qui, gorgée de soleil est la reine de ses dives bouteilles.
N’hésitez pas, il sait que l’offrir en guise de bienvenue,
Est un privilège qui n’est servi qu’aux têtes connues…

                 EUGENIA à haute voix
Mes amis, cédant à l’usage qui est de vous bien régaler,
De ce pas, je là cherche pour dîner et ravir nos palais.
Après, remplissant nos hanaps à hauteur qu’il se doit,
De grâce, ne m’indiquez votre soif à l’aide de votre doigt.
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